Tome IV
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ralement prouvées. Ainsi les membres de la Convention ne doivent pas perdre un moment. [Applaudi.)
Bourdon. — J'ai oublié de vous dire que la Convention nationale, qui est aujourd'hui jacobite (je ne sais combien cela durera) a arrêté qu'elle assisterait aux funérailles de Le Peletier, auquel elle a accordé les honneurs du Panthéon.
MoNESTiER. — Citoyens, de grands événements se sont succédé. 11 semblait que le patriotisme devait encore une victime à la tyrannie. Le Peletier a été cette victime, et sa mort sera utile à la chose publique. Je n'accuse point nos ennemis, je ne dis pas que tel ou tel, de tel département, ait influé sur la mort de Le Peletier; mais on a remarqué qu'il a fallu que la Montagne déployât toute sa force pour lui faire obtenir les honneurs qu'il mérite à si juste titre... Ce sont les appels nominaux qui ont fait connaître les vrais amis de la liberté. Thuriot, toujours ferme, toujours courageux, et quelquefois sublime, a rappelé ce grand événement. L'impression a été terrible, et nous avons tous remarqué que les statues étaient brisées. Barère n'a vu que le peuple, que la souveraineté du peuple blessée dans un de ses représentants. On cru assez pour la gloire de l'immortel Le Peletier en annonçant qu'il est mort martyr de la liberté; ces mots sont insignifiants, car Le Peletier n'est pas mort dans son lit, il n'est pas mort de fatigue, il a été assassiné. Il fallait conserver les expressions sacramentales dont il s'est servi en répondant aux inculpations de son assassin.
« En votant, a-t-il dit, pour la mort du tyran, j'ai obéi à ma conscience. »
Ces mots doivent être littéralement insérés dans l'adresse.
Le croiriez-vous, citoyens? Un républicain de ce matin, Lanjuinais, est monté à la tribune, et ce grand législateur est venu nous dire (|u'il fallait respecter les lois, et il nous a cité un décret (jui ordonne «pie les honneurs <lu Pantliéon ne seront rendus qui; dix ans après la mort. Robespierre a l'ait sentir la différence qu'il y a entre Mirabeau et Le Peletier . celte différence est celle qui existe entre le vice et la vertu. La Convention n'a pas invectivé aujourd'hui la Commune de Paris, elle s'est occupée des mesures de sûreté générale.
Nous invitons nos frères à nous communitjuer leurs idées sur cette importante matière, qui doit appeler toute notre attention.
Jkandon Saint-Andhé. — La Convention nationale a décrété aujourd'hui n(»n pas des hoimeurs à Le Peletier, ce citoyen est assez honoré par sa vertu, mais elle a rendu justice à un patriote qui a défendu la Cause de la liberté avec courage.
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L'oraleur a été interrompu par l'arrivée du frère de Le Peletier, qui est entré dans la salle au milieu des applaudissements.
Jcanbon Saint-André a continué l'oraison funèbre de Le Peletier.
« La lumière du jour, a-t-il dit, est moins pure que ne l'était le cœur de ce citoyen. La liberté n'a jamais eu de plus ardent, de plus incorruptible défenseur. Il faut que la Société, à l'exemple de la Convention, assiste aux obsèques de Le Peletier. Nous devons ce témoignage éclatant à celui qui, n'étant pas dans la classe du peuple, a su descendre jusqu'à elle pour s'élever à la hauteur des principes. Il faut arrêter de nommer une députation pour assister à cette cérémonie patriotique. {Plusieurs voix : Nous irons tous!)
«Je demande aussi que la Société rédige une adresse qui sera envoyée aux Sociétés affiliées et aux départements, et que dans cette adresse on donne à la cendre de Le Peletier les regrets qu'il mérite, et qu'on prouve à tous les citoyens que celui qui sait combattre, vaincre et mourir pour sa patrie, est assuré de l'immortalité. « \Applaudi.)
La Société arrête d'assister en corps aux obsèques de Le Peletier, et de rédiger une adresse aux Sociétés afTdiées pour manifester ses sentiments sur la glorieuse mémoire du citoyen dont elle pleure le trépas.
G... — Je iti'étais proposé de faire la même motion que le préopinant. Je demande, par amendement, que la Société députe deux de ses membres pour informer les Sociétés populaires séantes à Paris et les défenseurs de la patrie de la détermination que nous avons prise, et de les inviter à se réunir à nous pour rendre les derniers devoirs à un collègue que je pleure avec amertume. [Adopté.)
FÉLIX Le Peletier. — Il est mort un homme qui faisait honneur à l'homme : le citoyen Le Peletier a succombé sous les poignards de la tyrannie. « Je meurs pour la liberté ! » ont été les dernières paroles d'un frère dont je partageais le patriotisme et les principes, et avec lequel je désirerais pouvoir être confondu. Mon vœu le plus ardent est de marcher sur ses glorieuses traces, à trouver les mêmes dangers. J'ambitionne les mêmes poignards, je le jure dans ce sanctuaire où l'on ne jure jamais en vain.
Le Président a répondu : « Citoyen, ton frère est immortel. Un peu plus tôt, un peu plus tard, console-toi, il ne pouvait mourir plus glorieusement, ni plus utilement pour sa patrie. Sa mort a détruit la tyrannie et la calomnie, qui sont inséparables. Si nous étions des
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rois, nous pleurerions ; nous sommes des républicains, et nous devons essuyer nos larmes, en songeant que sa mort contribue au salut de la chose publique. »
Félix Le Peletier a répliqué : « Citoyen président, vous êtes fidèle à l'amitié, même au delà du trépas, c'est pour mon àme la plus belle et la plus douce récompense. »
On arrête l'impression du discours et la réponse du président.
[Voici (d'après l'imprimé coté Lb 40/742) le texte officiel de ces deux discours, qui diffère sensiblement de celui que donne le Journal des Jacobins.]
- FÉLIX Le Peletier. — Il est mort un homme qui faisait honneur à l'homme. Le citoyen Louis-Michel Le Peletier a succombé sous les poignards des ennemis de la patrie. « Je meurs pour la liberté ! » furent ses dernières paroles. Qu'il est honorable, ce choix cruel qui vient d'enlever mon frère, mon ami! Quelle tâche la reconnaissance publique m'impose! La Convention lui a décerné les honneurs destinés aux grands hommes, et certes ils étaient mérités, s'ils sont la récompense des vertus et du patriotisme. II ne me reste qu'à enter ma destinée sur la sienne. Poissé-je mériter de faire confondre l'une avec l'autre, comme nos âmes le furent par les liens de l'estime et de l'amitié! J'ambitionne les mêmes poignards : je le jure par ce sanctuaire, où l'on ne jura jamais en vain.
Maure aîné, président. — Citoyen, ton frère était mortel: un peu plus tôt, un peu plus tard; mais console-toi, il ne pouvait mourir plus glorieusement et plus utilement pour sa patrie. Sa mort a contribué à l'anéantissement de la tyrannie, et il est le dernier dont le tyran a bu le sang: car les rois sont insatiables de celui des hommes.
Les patriotes, les Jacobins, les Parisiens, étaient des assas.-ins, des hommes de sang. Cependant Le Peletier était patriote, Jacobin et Parisien, et il a été assassiné! Son sang a été versé. Sa mort a détruit tout à la fois la tyrannie et la calomnie, compagnes inséparables pour le maliieur des hommes.
Sujets des rois, nous aurions pleuré : républicains, ne pensons qu'à sa gloire et à l'avantage qu'en a retiré la patrie.
Souviens- toi des hoinieur.s bien mérités accordés à ton frère; conduis-toi d'une manière digne de sa mémoire et d'un républicain.
On a fait la motion d'admettre Frlix Le Pcloticr sans f<»rnialité, mais Robespierre jeune a réclamé la stricte exécution du règlement.
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Sur cette observation, la Société a passé à l'ordre du jour, en accordant toutefois au candidat l'entrée provisoire des séances.
GoupiLLEAU. — Citoyens, je vais vous citer quelques détails relatifs à la fin tragique d'un de nos collègues. J'étais dans notre Société quand on apprit cette nouvelle. Je me rendis au Comité de sûreté générale. On m'invita à me rendre auprès de Le Peletier. Je le trouvai dans son lit, à onze heures environ du soir. Il prenait un breuvage; il me reconnut, il me serra la main et me dit : « Mon ami, j'expire; mais ma mort est honorable, je meurs pour la patrie. » Telles furent ses propres expressions. On m'observa qu'il y aurait du danger à le faire parler longtemps. Je me retirai, et quelque temps après il expira (à minuit). Citoyens, nous sommes environnés de poignards, et je ne vous dissimulerai pas que j'ai été attaqué en sortant du Comité.
DuFùURXY. — L'assassinat de Le Peletier n'était pas encore connu au Conseil exécutif à onze heures du soir; il n'en a été instruit que par la dépiitation des Am.is de la liberté et de l'égalité. Je vous apprends que le Comité de sûreté générale a été reformé par un décret rendu à l'appel nominal, et il est composé de douze membres sincèrement patriotes '. Quand ce Comité sera en activité, tous les ennemis du bien public seront anéantis. Citoyens, je voudrais qu'on élevât un monument pour consacrer, par des signes symboliques, la glorieuse journée qui a décidé le triomphe de la liberté.
Desfieux a fait mention d'une lettre à lui adressée, dans laquelle on assure que Ferrière a diné avec Rutlège, où [sic) il a appris que le Confesseur de Louis Capet avait été donné par Brissot.
Un membre a dit qu'il était de garde au château le jour où le confesseur a été appelé, et qu'il peut attester que ce confesseur a été désigné H Louis Xyi par Malesherbes, qui a même indiqué son adresse et son numéro pour qu'on l'envoyât chercher.
Un fédéré. — Citoyen, il s'en faut bien que la mort du tyran ait anéanti tous ses partisans. Je vais vous proposer des mesures importantes. Vous savez que Roland a infecté l'esprit public, qu'il vise à la dictature en feignant de crier contre la tyrannie, qu'il accable les patriotes de calomnies, etc. Qu'a fait de plus Louis Capet? Nous devons nous réunir, nous rallier. Il faut que nous jurions que, si un député patriote venait à recevoir une égralignure, nous exercerions une
1. Les douze membres élus par la Convention, dans sa séance du 21 janvier 1193, pour former le Comité de sûreté générale, étaient Basire, Lauiarque, Chabot, Legendre (de Paris), Bernard (de Saintes), Rovére, lluauips, Maribon-Montaut, Tallien, Ingrand, Jean de Brj- et Duheiu.
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juste vengeance contre les membres qui ont voté la guerre civile en proposant l'appel au peuple. Murmures d'improhation.)
Un membre a demandé la censure, {Bruit.)
Le Président observe à l'orateur que son zèle l'avait entraîné audelà des bornes, et que sa proposition était indigne de la Société et de lui-même, et qu'elle calomniait les républicains.
Un militaire. — Citoyen président, lescanonniers de la section de la Halle au Blé sont ici présents; je vous déclare en leur nom que nous détestons la faction de Brissot et de Roland, et que nous ferons la guerre à ces coquins-là. (Applaudi.)
C... — La tète du tyran est tombée, ce n'est pas tout: il faut encore assurer la République par des mesures sages et sévères. J'ai six enfants, je les ai tous consacrés à la défense de la patrie; deux qui sont de retour m'ont appris que les troupes manquaient de tout. Je ne veux dénoncer personne. {On crie : Vous avez tort, parlez!) Nos volontaires du bataillon de Paris ne sont pas au nombre de vingt dans l'armée de Dumouriez; ils demandent des vêtements, on leur refuse, et ils partent. Ensuite ils ne veulent plus repartir; l'armée s'aflaiblit, se dissout.
Un militaire a demandé la parole pour démentir ces faits. « J'ai reçu, a-t-il dit, une lettre d'un aristocrate outré, et cet homme est mon frère. Je lui déclare la guerre, je veux qu'il soit patriote ou qu'il meure. Mon frère m'écrit de Macstricht que, s'il se présentait seulement quatre mille Français, il se renriraient maîtres de la ville. Savezvous quels sont ceux qui désertent? Ce sont les coquins qui étaient cachés dans le château, ce sont les pétitionnaires, et ces coquins ont
calomnié l'armée. Nous nous f des aristocrates. Je déclare «jue,
si nous voulons renforcer l'armée, je partirai, nous partirons tous, et l'ennemi sera terrassé. Les Liégeois, mes compatriotes, s'arment, et je vous déclare qu'ils se battent bien. »
Un militaire a appuyé la }»roposilion du ju'éopinant. >< Je suis, a-t-il
dit, un vieux soldat, f ; nous ne nous démentirons jamais, nous
ferons respecter la République; nous mourrons, sacredieu, pour la liberté. «
Sur le rapport du Comité iraduiinislralion, on a arrêté une collecte pour une citoyenni; diargi'-t; dt; ciini cnrants.
Un militairv. — Cit<tyens, je vous invite à survi-iller le dehors et le dedans, et à déjouer les manœuvres des malveillants. Dans ma dernière campagne, je me suis trouvé dans une société composée de
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quatre-vingt-dix Hollandais. Nous avons parlé de la situation des affaires politiques de France, et j'ai vu avec le plus grand plaisir que les Hollandais sont favorablement disposés pour nous. Après avoir quitté la Hollande pour me rendre à Paris par l'Angleterre, je me suis embarqué avec trente émigrés, qui m'ont dit qu'ils portaient chacun deux pistolets pour tuer les Jacobins. Comme on se doutait que j'étais jacobin, on parlait de me jeter à l'eau.
Un grenadier du 99° régiment d'infanterie a été admis à se présenter au Comité d'administration pour solliciter une collecte.
Hassenfratz. — Les préopinants vous ont parlé de la Hollande, de l'Angleterre : je vais vous entretenir des moyens de repousser l'ennemi et de conserver la liberté que nous avons eu le bonheur de conquérir. La tète du tyran est tombée, et nous devons nous attendre à avoir toute l'Europe sur les bras, si nous ne nous levons tous à la fois. Déjà la Hollande, l'Angleterre et l'Espagne, s'apprêtent à nous faire la guerre. Nous avons commis deux grandes fautes : la première, c'est de n'avoir pas cerné, poursuivi les Prussiens ; la seconde est de nous être arrêtés sur les bords de la Meuse, tandis que nous devions marcher droit à Goblentz. On vous a parlé de faire une invasion en Hollande ; en ce cas il ne faut pas perdre un moment, car le passage n'est sûr que pendant le temps des pluies; autrement, nous aurions à craindre les inondations.
Le premier plan de campagne consiste à porter une partie de nos forces au delà du Rhin, pour mettre en stagnation les puissances voisines.
Le second est de marcher en Hollande, et d'y arriver assez à propos pour mettre un embargo sur la flotte de la république.
En iAiivant ces plans, en plaçant soixante mille hommes pour empêcher toute invasion, nous aurons encore quatre cent mille hommes à opposer aux forces coalisées de l'Europe. Ne nous inquiétons pas de nos colonies. Nous sommes inattaquables, nous sommes invincibles, si nous ne nous amusons pas à vouloir conserver des îles que déchirent les guerres civiles, et que les Anglais ne songent pas à attaquer.
La conquête de la Hollande est très facile ; nous pouvons nous emparer des ports de la Hollande et de ceux de l'Espagne, que nous mettrons ainsi en stagnation. Alors nos flottes, qui sont commandées par de bons officiers, résisteront facilement aux efforts de l'Angleterre, et sortiront victorieuses. Ainsi, si nous nous déterminons à user de nos moyens offensifs, nous irons en Angleterre; l'Espagne n'est pas si difficile qu'on le pense. Si, au contraire, nous prenons le parti
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de nous renfermer dans nos limites et de borner notre sollicitude à nous garantir fie toute attaque extérieure, nous resterons chez nous , et nous braverons dans nos foyers la coalition des despotes. Dans 1 un et l'autre cas, aucune puissance ne peut nous dicter des lois. Il faut choisir entre l'inactivité, qui ne nous offre d'autre avantage que celui de la sûreté, et l'activité continuelle, qui nous présente des victoires assurées et la perspective d'un renouvellement perpétuel di' gloire et de prospérité.
C... — Je vais répondre aux deux interpellations qu'on m'a faites. Depuis le 10 août, on a transporté à Saint-Denis une grande quantité de souliers; il est vrai que dans plusieurs de ces souliers il y a du carton. Quant au second fait, je déclare qu'il est certain que le ministre Servan a passé un marché avec d'Espagnac, sous le nom de Masson, pour fournir des voitures à l'armée, dont le dépôt est à Saint- Denis. Quand ces voitures partiront trop tard, on en fera la dénonciation. Au surplus, les voitures vides appartiennent à une compagnie particulière.
Desfieux. — Si on se servait des voitures vides, d'Espagnac, qui a un traité, demanderait avec raison une indemnité.
Un militaire a dénoncé que d'Espagnac correspondait tous les jours avec les émigrés, et qu'il avait vu un émigré sortir de chez lui ; il a ajouté qu'il ferait arrêter cet émigré, qui est un mouchard du comte d'Artois et du prince de Condé.
Le Directeur des Messageries du Mans envoie une pétition sur les subsistances, à laquelle il joint un morceau de pain pour échantillon.
— Renvoyé au Comité.
Un citoyen a déposé 80 livres pour les militaires blessés le 10 août.
— Mention honorable.
C... — Le jour où le despotisme royal expire ne nous dégage pas de toutes entraves. Louis Capet était mort moralement dès le 10 août. Depuis ce moment la tyrannie s'est réfugiée dans le cabinet de Uoland : c'est lui(jiii a voulu allumer la guerre civile et nous faire égorger par nos frères des départements.
Nous avons les moyens les plus puissants de venger la ville di* Paris du système de calomnie employé par les intrigants. 11 faut que les sections de Paris se coalisent avec les défenseurs de la République; il faut que chaque fédéré déclare à la section dans l'arrondissement de laquelle il demeure quels sont les écrits que Roland leur a envoyés. On tiendra lui registre de ces envois, qui manifesteront ses prévaiications et sullirnul pour le démasquer. Actuellcmcnl , il
fait comme La Fayette, il paie d'audace; il a tapissé les murs de Paris d'une lettre où respire la calomnie jointe à l'impudence. J'ai fait plusieurs dénonciations au Comité de sûreté, une notamment était appuyée du témoignage de huit persones; eh bien, toutes ces dénonciations ont été enterrées dans le Comité, qui a ménagé Roland , ou qui peut-être veut faire une collection de toutes les pièces qui peuvent mettre en évidence les crimes de ce ministre corrupteur de l'esprit public.
Desfieux a annoncé qu'il connaissait un citoyen qui devait dénoncer Roland, et que bientôt ce ministre serait en état d'accusation; il a .invité au surplus tous ceux qui auraient des preuves écrites contre lui à les envoyer à Collot d'Herbois, qui en fait une collection.
Un citoyen a lu un arrêté de la section des Tuileries, qui a pour objet d'accorder une escorte aux députés patriotes pour les garantir de tout outrage.
Un membre a observé que, si on accordait des gardes du corps aux patriotes, il n'y aurait pas de raison pour en refuser aux non-patriotes.
La Société passe à l'ordre du jour, malgré les observations d'un membre qui votait des remerciements pour cette section.
La section de la Butte des Moulins a député quatre de ses membres. L'orateur a dit : « La section qui nous envoie vers vous vous considère comme un rocher contre lequel viennent se briser les flots d'une mer agitée par la tempête. Elle contemple avec admiration votre courage et votre énergie. Elle nous charge de vous présenter l'hommage qu'elle rend à la sagesse qui a dirigé vos délibérations depuis la Révolution, et l'arrêté qu'elle a pris d'adhérer à vos principes et de vous demander l'affiliation. »
Le Président. — Citoyen, tu nous a remis les règlements et la liste des membres; tu es parfaitement en règle; ton patriotisme est cher à nos cœurs.
L'affiliation est mise aux voix et adoptée unanimement. Un membre a invité tous les citoyens à s'opposer à la lecture du testament de mort de Louis Capet. « Ce testament fanatique, a-t-il dit, pourrait faire quelque impression sur les esprits faibles et superstitieux. »
La séance a été levée à dix heures.
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CXLYII
EXTRAIT DU PROCÈS - VERBAL DE LA SÉANCE DES JACOBINS DL 21 .lANVIKR 17!t3, LAN IL DE LA RÉPUBLIQUE '
Le Président a ouvert la séance à Theure ordinaire.
Plusieurs membres, en rendant compte de la séance de la Convention, annoncent : 1° qu'elle a décrété la suppression du Comité de lurmation de l'esprit public, établi par Roland, avec injonction à ce ministre de rendre compte des sommes qu'il a employées pour cet. objet; 2° que le Comité de sûreté générale allait être renouvelé; 3° qu'elle avait décrété les honneurs du Panthéon pour Michel Le Peletier, assassiné pour avoir voté la mort du tyran. « L'ordre du jour, disent-ils, n'était pas seulement de calomnier la ville de Paris, et la Convention a fait comme les Assemblées précédentes : elle s'est montrée grande dans les moments périlleux. »
Le frère de Michel Le Peletier est admis à la séance. Ce citoyen rend compte des derniers moments de son frère, dont les derniers soupirs furent pour la liberté. Il ambitionne la même mort et jure de marcher sur ses traces. La Société arrête l'impression de son discours, avec la réponse du président-.
IHusirars membres rcnilciil à Michel Le Peletier le juste tribut dû à ses vertus et à son patriotisme. Sur leurs propositions, la Société arrête à l'unanimité : 1" qu'elle assistera tout entière à sa pompe funèbre; 2° qu'elle invitera les quarante-huit sections et les Sociétés populaires à imiter son exemple ; 3° qu'il sera rédigé une adresse qui instruira les Sociétés de la République et les armées de ce triste événement, et du caractère vi-aiment iépid>licain de ce rei)résentant du 1mu|iIl'. — liobi'sinerre et Collai d'IIerbois sont nommés rédacteurs '.
lOlle arrête en outre f|ue les dernières paroles de Michel Le Peletier seront insérées dans son procès-verbal.
Pour extrait conforme ù l'oriijinal :
T. Rousseau, secrétaire du Comité d'administration.