Voir plus haut, p
2. Il s'agit du décret du 17 août 1792, relatif à la suppression sans inderanift^ des droits fixes ci-devant fûodaux et casuels.
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des émigrés et de leurs nobles correspondants, de l'aristocratie bourgeoise et financière, en un mot de tous nos ennemis. Elle a établi le règne de l'égalité en appelant, sans distinction, le peuple à l'exercice de sa souveraineté '. C'est à nous à le soutenir; et nous le pouvons, en éloignant des assemblées électorales tous ceux qui ont protégé, même indirectement, la cour et le sacerdoce, les émigrés et leurs adhérents. Notre choix ne doit pas être difficile : les patriotes font la majorité de la nation. Ils peuvent donc, s'ils savent se réunir, faire des choix favorables à leurs intérêts. Les électeurs étant payés à trois livres par jour et à vingt sols par lieue pour leur voyage, il n'est plus nécessaire d'être riche bourgeois, prêtre, ou ci-devant noble, pour accepter cette noble mission; et, si la majorité des électeurs est au niveau de la révolution du 10 août 1792, nos nouveaux députés ne tarderont pas à la consolider et à sauver le peuple par une constitution conforme à la déclaration des droits et à l'intérêt du plus grand nombre.
Ceux de nos représentants qui ont été fidèles au peuple vous sont désignés par l'opinion, et vous en avez la liste dans ceux qui ont voté pour le décret d'accusation contre La Fayette. Le tableau comparatif que nous vous envoyons finira de vous faire connaître et vos amis et vos ennemis. Parmi vos constituants, vous avez les Petion, les Robespierre, les Buzot, les Anthoine, les Corroller, les Grégoire, les Le Peletier, les Dubois de Grancé, le bon père Gérard, et quelques autres fidèles défenseurs des droits du peuple, en petit nombre, il est vrai, mais, sous ce rapport, plus dignes d'obtenir nos suffrages. Ceuxlà ont fait leurs preuves. La cour des Tuileries, les nobles et les prêtres, ni les cours étrangères, ne tenteront pas leur probité. Ceux qui ont déjà résisté à toutes les menaces, à toutes les promesses, ceux qui ont appelé sur leurs têtes toutes les vengeances de la cour et des intrigants, tant dans la législature actuelle que dans l'Assemblée constituante, doivent obtenir votre confiance avant ceux de leurs frères qui, professant les mêmes principes, ne connaissent pas toutes les intrigues qui vont les circonvenir, s'ils sont abandonnés à leur propre vertu.
■Frères ot amis, si les deux cent vingt-quatre représentants du peuple qui viennent de s'exposer au for des assassins et à la vengeance des Tuileries obtiennent vos suffrages, avec les (jiuirante
1. Par 3on décret du 21 août 111)2, l'Assemblée législative éfablil véritableuient le siiirrage universel à deux degiés, ptiisquellc supprima Icxceplion qu'elle avait d'abord formulée, par son décret du 11, contie les domestiques. — Voir la Révolttlion franraisf, t. XXI 1, p, lOi.
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incorruptibles de l'Assemblée constituante, la patrie est sauvée : ils forceront le reste de la représentation nationale à monter dans le chemin de l'honneur; mais, si la Convention n'est composée que de nouveaux députés, quelque vertueux qu'ils puissent être, il est possible que nous ne trouvions notre salut que dans notre courage et dans une nouvelle insurrection. En attendant, citoyens, soyons toujours debout et armés pour la défense de nos droits, si jamais nos mandataires les oublient.