SUR LES ÉLECTIONS PROCHAINES
[22 août '1792.1
Frères et Amis,
Les trahisons de Louis XYI et de tous ses agents avaient conduit la patrie à deux doigts de sa perte. Si le peuple de Paris, uni de sentiment et d'intérêt avec les fédérés des quatre-ving-deux départements, ne s'était levé tout entier pour résister à l'oppression, c'en était fait de la liberté, c'en était fait de nos représentants, de ceux qui, depuis onze mois, luttent contre le parti formidable de nos tyans : nos plus ardents défenseurs, les meilleurs citoyens de Paris et de toutes les parties de l'empire, étaient sur la liste de proscription trouvée par les commissaires de l'Assemblée nationale et de la Commune de Paris dans les papiers de la cour, avec toutes les preuves du complot qui devait éclater en même temps dans tous les principaux points de la France.
Après avoir fait justice des chefs de la conspiration, en suspendant les uns de leurs fonctions et en livrant les autres au glaive des lois, l'Assemblée a renoncé à la prétention de nous donner un gouvernement qui pût réparer les crimes de celui que la toute-puissance du peuple vient de paralyser. Elle nous invite à nommer de nouveaux députés, chargés de donner une constitution qui ne contraste plus avec les principes de liberté et d'égalité qui doivent faire le bonheur de tous.
De notre choix dépend le succès de notre cause... L'Assemblée a détruit le mur de séparation que nos constituants avaient élevé entre les citoyens; elle a supprimé, sans indemnité, tous les droits féodaux, excepté ceux qui seront prouvés, par le titre primitif, être le prix de la concession du fonds ^. Il est peu de ci-devant seigneurs qui puissent faire cette preuve. Elle a fait justice des rois et des prêtres,