‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 58 sur 131 · SÉANCE DU DIMANCHE 30 SEPTEMBRE, L'AN I"DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU DIMANCHE 30 SEPTEMBRE, L'AN I"DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE PETIOiN

En l'absence du secrétaire chargé de la rédaction du procès-verbal, Le Fort lit l'extrait de la correspondance. Après cette lecture, un

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volontaire (rOrléans fait une dénonciation contre un curé de cette ville. La Société nomme deux commissaires pour examiner les faits contenus dans les pièces que ce citoyen produit à l'appui de cette dénonciation.

OsNVALD. — Citoyens, je vais faire part à la Société d'un fait arrivé depuis quelques jours à Londres,

Plusieurs patriotes anglais, voyant que les Français manquaient d'armes, avaient résolu de leur en envoyer de la fabrique de Birmingham et de ShefTicld. Pour cet effet, ils faisaient insérer dans les journaux une invitation à tous ceux qui favoriseraient la cause de la liberté en France contre l'infâme conspiration des brigands couronnés de se réunir le 12 septembre, à deux heures, chez M. Maxwell, à Portland-Square. Ce M. Maxwell est un patriote de bonne foi, mais dont le courage, comme Févénement l'a prouvé, n'était pas égal à la tâche qu'il avait entreprise. Le 12 septembre, de bonne heure, il arriva chez M. Maxwell un nommé Glover, colonel, bas valet de la cour, le même qui poursuivait à Paris, il y a quelques années, un procès contre la duchesse de Kingston, fameuse tribade de Marie- Antoinette.

Cet homme-là s'adresse à Maxwell de par le roi, son auguste maître : « Vous avez, lui dit-il, indiqué un rassemblement chez vous pour donner des armes à ces infâmes régicides, les Jacobins; mais je vous avertis que, si vous osez tenir ce rassemblement, on vous bn^ilera tout vif dans votre maison, et encore, si vous ne décampez pas à l'instant même, je vais vous couper le nez et les oreilles. » Maxwell n'attendit pas l'effet de ces menaces, car effectivement il s'asseiuldait autour de sa maison une foule de gens soudoyés pour renouveler la scène de Birmingham; enfin Maxwell s'enfuit. A l'heure indiiiuée, les patriotes arrivent; mais quel fut leur étonnement (juand, an lieu d'èti'C accueilli- par leur Irèr».', ils i-enconlrèrent ce chevalier du jxiignard à la tète d(! s»;s mouchards, (jui les ont accablés dinjures et de menaces! Il est bon de remanjucr que ces mouchards sont pour la plupart des prêtres réfractaires et des ci-ilevant nobles éiniurés ipii infectent aujourd'lui' l'Angleterre, eomuie jadis les sauterelles dévastaient et empoisonnaient ri']gypte.

Ci'pendaid les [latrioles se s(»ut réunis ailleins. Ils ont l'ail une souscrijjlion assez considi'iable qui s'aeeroil Ions lesjours. I/allaii-e est mainleiianl entre le-; mains de- llornc 'l'ooke, un vrai Jacidiiu, dont la contenance ne peut être ébraidée par les menaces de la cour ni amollie par les douceurs de la liste civile.

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A Manchester aussi, nos frères ont commencé une souscription qui grossit tous les jours, malgré racharnement de l'aristocratie.

J'ai cru qu'il était important de vous communiquer ces détails qui déconcertent l'esprit de la cour de Londres et qui prouvent en même temps combien il est impossible de réunir les deux nations jusqu'à ce qu'une révolution anglicane ait rendu à nos frères les droits de l'homme.

Français, vous avez chassé de chez vous le monstre royauté; mais, tandis que cette bête féroce se couche dans le champ de vos voisins, pouvez-vous vivre sans alarmes ? Pourriez-vous croire que le roi d'Angleterre n'est pas d'intelligence avec l'électeur de Hanovre ? Pourriez-vous croire que celui qui a machiné l'esclavage de Hollande, que celui qui, pour asservir les Américains, a fait périr impitoyablement tant de milliers de ses fidèles sujets, comme il a l'impudence d'appeler nos frères les Anglais, pourriez-vous croire, dis-je, que cet homme, tyran et sanguinaire, peut voir d'un bon œil la révolution de la France qui va écraser partout les rois et renverser la royauté ?

A peine échappé des petites maisons, où il aurait dû rester pour toujours, ce roi fou voulait lancer les foudres de la guerre et faire couler le sang de deux peuples frères. L'opposition obstinée des démocrates anglais a jusqu'ici empêché ce malheur.

Cependant on cherche à égarer l'opinion publique sur tout ce qui regarde la France, et par là à préparer la nation anglaise à seconder les vues sanguinaires de ce tigre royal. A cet effet, on fait servir non seulement les mensonges des émigrés, mais encore l'incivisme et l'aristocratie des agents de la nation française. Je veux indiquer le consul français à Londres, M. Thellusson. Cet homme-là se plaît à calomnier de la manière la plus atroce la Révolution française. Il répand avec affectation les nouvelles les plus affligeantes et les augures les plus sinistres. Il a plusieurs fois repoussé les propositions des négociants anglais qui voulaient fournir des armes à la France, en leur disant qu'il se garderait bien d'envoyer des armes à des bourreaux tels que les Français. Il est très lié avec tout ce qu'il y a de plus traître parmi les émigrés à Londres. Il est souvent admis à des conférences secrètes chez M. Pitt, le ministre.

D'après ces considérations, je sollicite aujourd'hui avec instance l'envoi de cette adresse fraternelle à la nation britannique que vous avez arrêtée il y a quelque temps.

BouRSAULT. — ■ Le préopinant vient de vous dénoncer le consul Thellusson ; j'appuie de mon témoignage les faits qu'il vous a annoncés; j'y ajouterai encore que cet homme est peut-être le plus

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grand ennemi que la Révolution française ait en Angleterre, où les services qu'il rend cnmme consul au commerce de France sont absolument nuls. Mais, à cet égard, il partage ses torts avec tous ses collègues. Les nombreux voyages que j'ai faits dans ce qu'on appelle les principales cours de l'Europe m'ont mis à portée déjuger que, partout où le Français faisait une très longue résidence, il s'j' dénaturalisait pour ainsi dire et perdait ce caractère vraiment français qui nous a fait embrasser avec ardeur le culte de la liberté.

Tous les ambassadeurs, les envoyés, les chargés d'affaires, les consuls commis par l'ancien régime, naturalisés dans la terre de l'esclavage, ne peuvent goûter ni apprécier les fruits d'une terre qui s'est purgée du venin de la royauté; je saisis donc cette occasion pour demander qu'ils soient tous rappelés.

Saim-Huruge. — S'il ne faut qu'un témoin pour faire rappeler Thellusson, je vous assurerai, moi, que c'est le plus grand aristocrate, le plus plat coquin, le plus... [Rire universel.)

Laugier. — 11 serait sans doute fort utile que les Jacobins pussent faire rappeler tous les consuls; mais cet objet, extrêmement important sous plus d'un aspect, ne doit pas nous faire perdre de vue la proposition très importante aussi que nous a faite Oswald, celle de faire une adresse qui, en exposant la vérité des événements de la révolution du 10 août, dispose les Anglais à nous aimer, c'est-à-dire à nous connaître.

MoENNE. — Xi l'un ni l'autre de ces objets ne doivent se perdre de vue, et, sans éloigner la proposition de l'adresse, que je crois très importante et que j'appuie de toutes mes forces, je demande que les personnes qui viennent d'alléguer des faits très graves contre Thellusson signent leur dénonciation, afin qu'on puisse ensuite présenter ces faits au ministre des affaires étrangères, qui ne voudrait pas, sans doute, confier les intérêts de la France à des mains qui ne seraient i)as sûres.

I)ei'Ki:iu;t. — S'il est une circonstance dans la(pi('lli' nous devions éclairer nos frères les Anglais, c'est sans contrctlit dans ce moment de crise où les papiers vendus à la liste civile de cette cour égarent l'opinion publique, jusqu'à imprimer que l'on mange au Palais-Royal des petits f»àtés faits avec de la chair des Suisses.

Le nombre des émigrés est immense à Londres, la liiudo des prêtres réfractaires s'est n'-unic .i eux et contribue, p.ir l'air de persécutés qu'ils affectent, à égarer encoi-e res[)rit public sur b' compte de la Hèviilnlion. Heureusement que, toujours pi'êtros romains, ils affectent lii'jà mi nir de supéiiorilé sur ceux du pays et dédaignent

les protestants. C'est donc le moment de mettre à exécution le projet d'adresse proposée par Oswald.

BoissET. — Il est honteux pour la France libre de confier ses intérêts à des hommes gangrenés de tous les préjugés de l'aristocratie et de la royauté; j'appuie donc la proposition faite de demander le rappel de tous les consuls, envoyés et ambassadeurs dans les cours étrangères.

Taschereau. — Pour vous donner une idée du civisme de Thellusson et vous prouver jusqu'où va son attacbement pour la nation française, il suffira, je crois, de vous apprendre que, dans la dernière guerre, il avait deux corsaires armés en course à son profit contre les Français.

Oswald. — Les témoins des faits que j'ai avancés sont Thomas Paine et Frost.

Bourdon. — J'approuve en tout le désir que manifeste la Société de voir les intérêts de la France confiés â des mains pures dans le pays étranger. Néanmoins, la proposition de demander purement et simplement le rappel de tous nos agents des différentes cours de l'Europe me parait être d'une trop grande importance pour être adoptée sans un mûr examen. Vous savez tous que, lorsqu'une puissance rappelle ses ambassadeurs d'une cour étrangère, ce rappel équivaut à une déclaration de guerre; or, ce n'est pas là. notre intention. Je demanderais donc qu'au lieu d'insister sur le rappel de tous ces agents on proposât seulement au pouvoir exécutif d'agir à leur égard comme la Convention nationale en a agi à l'égard des administrations intérieures dont elle a ordonné le renouvellement.

BouRSAULT, — En entrant dans les vues du préopinant pour le fond de la question, je proposerais notamment d'éviter les mauvais choix que seront toujours exposés à faire les ministres, entourés sans cesse de solliciteurs intrigants, en remettant la nomination de ces agents au corps législatif.

Bourdon. — Gardons-nous, citoyens, d'adopter cette mesure, d'abord parce que ce serait employer un temps précieux à la Convention nationale que de la forcer à s'occuper de toutes ces nominations ; en en second lieu, parce qu'en l'adoptant vous soulageriez les ministres du fardeau de la responsabilité, sans le reporter sur qui que ce soit, car une Assemblée qui nomme à la pluralité des suffrages ne peut pas être responsable.

Jeanbon Sainï-André. — 11 est important, citoyens, de distinguer dans ces agents politiques deux classes particulières : les agents purement politiques et les agents du commerce.

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Il faut faire des vœux iioui- que, la politique des cours n'existant plus, l'intérêt des nations étant partout le même, nous soyons bientôt débarrassés entièrement des premiers, qui souvent ne servent qu'à nous tromper; mais, jusqu'à ce que nous en soyons parvenus à ce point de perfection, il est essentiel de changer ceux qui sont t-mployés maintenant, et le soin de ce changement ne peut être confié qu'aux ministres, parce que, comme l'a très judicieusement observé le préopinant, le pouvoir exécutif seul peut être responsable.

Quant aux consuls, pour peu qu'on ait vu de près à quoi se bornent les prétendus services qu'ils rendent au commerce, on sera bientôt convaincu <pie l'agiotage, le sdin d'avancer leur fortune particulière par un courtage et une protection qu'ils font payer bien cher aux commerçants, sont leurs principales occupations, si même elles ne sont pas les seules. Il est étonnant que, dans le siècle de lumières où nous sommes parvenus, le gouvernement tienne encore à des agents aussi inutiles que dangereux : je demande donc qu'on s'occupe du rapitel de ceux-ci.

Un volonlaire. — J'arrive de Metz, et je dois vous dire (jue la question que vous traitez est absolument inutile, car dans six jours vous n'aurez plus d'ennemis en France. La position de leurs armées et celle des nôtres est telle qu'ils ne peuvent tenir six jours dans cet état et qu'ils ne peuvent s'échapper que par grâce. S'ils se retirent, alors nous entrons en Allemagne, dans le Brabant, dans la Savoie, et nos armées sont les seuls ambassadeurs que nous enverrons. Je demande donc qu'il ne soit pas question d'envoyer des ambassadeurs d'ici à quelques jours, et d'attendre des événements (pii iloivent sous peu changer entièrement les mesures à prendre.

.\u milieu du mouvement (pie produit dans l'Assemldée l'annonce de ce volontaire, on reproduit la motion déjà faite de nommer des commissaires pour rédiger l'adresse au peuple anglais.

Cette motion, appuyée et mise aux voix, est adoptée à riinanimité.

On adopte également l'ajournement de la (juestion du rappel des consuls, envoyés et autres agents politiques.

Un secrétaire fait lecture du procès-verbal de la dcrnère séance.

La Société Jiomuie deux conimissaiif- pour recevoir li's dépositions d'un soldat invalide, qui témoigne l'impuétude (pi'il partage avec ses camarades en voyant partir tous les jours de l'hôtel des voitures de munitions sans être accompagnées d'aucune escorte. On arrête que ces commissaires jiortcront relie dêposiliou aux aul(»rités chargées de reméilier à cet abus.

Un secrétaire dépose sur le bureau un libelle contre la Société, que Claude Fauchet a fait imprimer et distribuer à la porte de la Convention nationale; il demande à en faire lecture pour mettre à nu, dit-il, la turpitude de ce prêtre. La Société, vouant au mépris le plus profond la calomnie et les calomniateurs, passe à Tordre du jour sur cette demande.

Un membre, revenant sur la proposition faite dans la dernière séance relativement à la Société de Nancy, et rappelant le fait qui y avait donné lieu, dit que la brûlure des registres avait effectivement été faite non par la Société, mais par un de ses membres, à qui la nouvelle de l'approche des ennemis avait entièrement dérangé la cervelle, et contre lequel la Société avait prononcé la peine d'expulsion à raison de ce fait.

C... — Jamais la correspondance des Jacobins n'eut un objet d'utilité plus générale à remplir que dans le moment actuel, et j'entends dire, depuis plus d'un mois, que ce Comité n'existe plus, que tous les membres en sont dispersés, les uns employés à des commissions extraordinaires, les autres à la Commune, plusieurs à la Convention. Je propose que, séance tenante, on s'occupe d'un scrutin pour la nomination de trente nouveaux membres pour former à neuf ce Comité.

Real, président. — J'appuie de tout mon pouvoir la motion faite de donner une nouvelle vigueur à la correspondance de cette Société qui a fait tant de bien à la liberté française, mais en même temps je ne puis m'empêcher de témoigner et mon étonnement et mon regret, dans le moment de crise où est la chose publique, de voir cette salle presque déserte; de voir que, dans le moment où l'intérêt je ne dis pas seulement de la liberté française, mais de celle de toute l'Europe, tient peut-être à l'existence de cette Société, on aperçoive des places vides dans cette salle, tandis qu'il y a quelques mois, lorsqu'il s'agissait de querelles, d'intérêts particuliers, à peine pouvait-elle suffire pour contenir les membres qui s'y rendaient en foule. On dit que les commissions particuUères, les assemblées de sections remplissent tous les moments des patriotes. Certes, je suis bien éloigné de les détourner de se rendre dans les assemblées de leurs sections, mais ces assemblées ne commencent jamais qu'à huit heures; venons ici à cinq, nourrissons-nous du patriotisme et des principes qui se développent dans le sein de cette Société, et ensuite allons répandre dans les sections les lumières que nous aurons puisées ici. C'est là le vrai moyen de servir la patrie de tous nos moyens, de toutes nos forces.

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Pourquoi le nombre des membres de la Convention nationale esl-il si petit dans cette assemblée, qui devrait les réunir tous? On parle d'une réunion de députés qui s'assemblent pour se concerter ailleurs que sous les yeux du peuple ; je ne crains pas de le leur dire, ces rassemblement nuisent à la chose publique : car, lorsqu'on veut véritablement le bien du peuple, qu'on s'en dit les amis, c'est sous ses yeux que l'on concerte les moyens de lui être utile. J'ent;age donc ceux des députés qui m'entendent à inculquer ces principes dans l'esprit de leurs collègues, et à leur faire sentir combien l'intérêt général exige qu'ils se réunissent tous ici pour discuter les principes sur lesquels ils doivent poser les bases du bonheur public et les moyens d'appliquer ces principes.

Bourdon. — Je suis loin d'approuver la réunion de députés ailleurs que dans cette enceinte; mais, de quelque importance que je croie au salut public de les y voir très assidus, comme rien ne m'empêchera jamais de dire la vérité, et toute la vérité, je dois dire à la Société que beaucoup de députés en ont été éloignés par le désordre qu'ils ont vu régner dans les premières séances auxquelles ils ont assisté, désordre qui est dû à l'esprit dominateur de certains sociétaires, bons patriotes, mais peu éclairés, qui veulent (]uc leur avis, ot rien que leur avis, soit écoulé ici; esprit dominateur qui est encore fortifié par quelques habitués, des tribunes particulières surtout. J'engage donc tous les citoyens qui m'entendent à s'habituer à trouver bon qu'on ne soit pas toujours de leur avis, et à permettre i\u'on leur en présente quelquefois de difTérents du leur. Après cela, j'espère que tous mes collègues, sentant tous la nécessité indispensable de se tenir serrés les uns contre les autres, se rendront ici avec assiduité et avec zèle.

Galon. — Je crois pouvoir lever ti»us les nuages (|ui paraissent s'élever contre la Société intitulée la Ilcunion, en annonçant (ju'elle vient de prendre l'arrêté de se i-èiinir tout enlièro aux Jacohins t-t de ne former qu'une seule masse avec eux. [Aiiphnnlissn/icnfs universels.;

Laur/lrr annonce que la section de la Fontaine de (irenelle a pris l'arrêté de ne tenir ses séances que trois fois la semaine, les jours où les Jacobins ne tiennent pas les leurs. Il engage les citoyens ipii l'entendent à (aire égaleiucnl adoplrr crllc mcsuiv dans leurs scellons respectives.

On arrête, sur la prop(»sition de IJounlmi, (jue la nominalion du Comité de correspondance serfe ren)ise ai)rès la rentrée des mcnibres

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lie /a Réunion dans le sein de la Sociélé, afin d'être à même de choisir dans l'iiniversalilé des membres de la Sociélé.

Un étranger est admis à lire à la tribune une lettre qu'il dit être •écrite par un volontaire du camp de Chàlons. Le ton pusillanime de •cet écrit en fait soupçonner l'authenticité.

Les applaudissements subits et universels donnés par les volontaires présents à la séance à un passage dans lequel cet écrivain se plaint qu'on ménage les troupes de ligne et qu'on envoie toujours au feu les habits bleus prouvent combien des sentiments aussi faibles sont loin d'être partagés par des véritables Français républicains.

Cette lecture donne à Chabot l'occasion de proposer, comme motion d'ordre, de ne permettre à la tribune la lecture d'aucunes lettres particulières, à moins qu'elles n'aient été communiquées au président, parce que des lettres particulières peuvent être dictées par une exagération de patriotisme ou de pusillanimité.

Après une légère discussion, l'ordre du jour est demandé et arrêté sur cette motion.

Chabot, passant à l'ordre du jour, traite la première des propositions qu'il avait soumises à la discussion : le gouvernement sera-t-il -simple ou composé, c'est-à-dire l'action du pouvoir exécutif passcrat-elle aux municipalités sans administrations intermédiaires? L'opinant se décide pour l'affirmative, fondée sur les principes qu'il a é.ablis dans ses opinions précédentes.

La séance a été levée à dix heures.

Octobre 1792

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