‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 60 sur 131 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

'Soi SOCIÉTK I)i:S JAr.OniNS [1"oct. 1792]

ajoute à celte proposition celle *le renouveler également le bureau, en conservant toutefois la faculté de nommer, soit dans les Comités, soit au bureau, ceux des membres qui y occupent des places, si on le juge convenable.

L'une et l'autre proposition sont arrêtées; le scrutin pour ces divers objets aura lieu à la prochaine séance.

TiiLiuoT. — Dans les moments d'orage et dans un temps où les <Iéputés patriotes de l'Assemblée législative ne pouvaient pas douter qu'il n'y eût dans la législature un parti aristocratique considérable; dans ce même moment où les séances du soir de l'Assemblée nationale privaient ces députés des moyens de se rassembler ici aux heures où la Société tenait ses séances, ces députés patriotes ont cru qu'il était de l'intérêt public de se réunir pour se renforcer contre les aristoc;"ates, et ce motif seul a donné lieu à cette espèce d'association, connue sous le nom de la Héunion, contre laquelle on a cherché à élever des nuages que je dissiperais facilement s'ils n'étaient pas déjà levés dans vos esprits; mais je me contenterai de vous assurer que cette Réunion, par les mesures auxquels elle a donné lieu, a évité de très granils malheurs à la nation française. Je demande donc que la Société déclare d'une mani«''re précise que, |tar l'nnèlé quelle a [tris d'exclure de son sein tout députi!' ipii tiendrait à unr Société dtnit les séances ne seraient pas publiques, elle n'a i»as entendu rejeter du nombre de ses membres ceux des députés (|ui oui assisté à cette Réunion.

Si, contre mon attente, le but de votre arrêté eût été celui-là, vous eussiez commis une grande injustice et vous éloigneriez d'ici plus de deux cents meml)res éclairés, (pii sont capables de faire le plus grand bien à la Société et à tout l'empire; je prie dituc le prc'sidtMil de faire droit à ma motion et de la meltic aux voix.

[Après im (lèl)al auquel prennent pari CoUol dllerhois. Le Roi (d'Mcnron), Tlittriot, UlUaud-V avenue c: Cliahol, la Société, reconnaissant (|n'cllc n'a rn- Icndu donner aucun cnVl rélroaclif à son arrêté, le conlirnio de nouveau cl passe à l'ordre du jour.]

f.aii'/lrr (il un projt't d'adrc-sf ,ni\ An::l.iis, de la ii'dacliou de la- (jMclIt; il avait èl('; chargé dans la diMMiiérc séance, (le projet, iVeipieninient applaudi, donne lieu à de nond)reuse« observations, dont le résultat est riiiijoneliou de /{i/hiiii/ :\\\\ Iroj-; eiunuiissaires rt'dacleiirs poiii- |.it''Menter à la pr(»(haiue séanci* iiiui nouvelle réilaclion dans hupielle on aura eu égard aux diverses observations faites sur celle-ci.

[1"0CT. 1792J SOCIÉTI' DES JACOBLNS 3o5

[Collol d'Herhois demande la peine de mort contre les émigrés. — A Hutte voudrait qu'on distinguât entre eux, et que les peines a. leur intliger fussent proportionnées à leur culpabilité.]

GiR.'^ULT. — La conduite atroce des émigrés nécessite des mesures rigoureuses contre eux, c'est un combat à mort. Une loi du Code pénal punit de mort tous les Français qui seront pris les armes à la main contre leur patrie : il n'y a donc pas de nouvelle loi à faire contre eux; il n'est besoin que de faire exécuter promptement et strictement celle qui existe, et ordonner qu'elle sera mise à exécution à la tète des armées.

Gaston. — J"ai le malheur d'avoir un frère émigré à la frontière; mais il me reste encore une espérance, c'est que ce n'est pas comme traître qu'il a quitté la France, et j'espère qu'il a voulu faire rentrer dans leur devoir des officiers qui fuyaient, et qui vraisemblablement l'auront poignardé. Le silence absolu qu'il a gardé depuis cette époque me donne cet espoir; mais, s'il était trompé, loin de m'opposera la loi proposée par Collot, je l'appuierais de toutes mes forces et je demanderais que la peine de mort fût également prononcée contre ceux qui, sans être sur le territoire de puissances en guerre contre nous, auront abandonné leurs postes.

Brutus, tu me regardes : eh bien ! je jure sur ton image de porter ton courage à la tribune de la Convention, et, s'il en est besoin, d'appeler et de prononcer le supplice d'un frère que j'aime encore assez pour oser espérer qu'il est mort digne de l'estime de ses concitoyens. [Applaudi.)

[Lecture d'une lettre de Brivcs. — La séance est levée à dix heures.]

SÉANCE DU MERCREDI 3 OCTOBRE 1792, L'AN l'' DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE PETION

[La Société engage les citoyens de Paris à loger les volontaires qui passent par cette ville, comme ils ont logé les fédérés. — Gaston et Merlin donnent des nouvelles des armées. — Desfieux se plaint que la Commune de Paris ail décidé que la prochaine élection du maire de Paris aura lieu au scrutin secret.

'Soi SOCIÉTl^ l»i:S JAColil.NS [3 OCT. 1792;

— Clialwt s'élève contre le maintien d'un maire unique ;i la lêlc de la municipalité d'une ville aussi peuplée que Paris. L'n long déhal s'engage à ce sujet. Quelques Jacobins proposent, comme candidats à la mairie, Antonclle et Lulier.

— On arrête l'envoi aux Sociétés populaires d'Angleterre de l'adresse présentée de nouveau par Laugicr '.]

CIRCLLAIHi: DE LA SOCIÉTÉ DF-S JACOBINS DE PARIS

AUX SOnh'l'^S l'ATIilnTKjUKS d'aNC.LETERHE, It'KCOSSli KT DIKLAMiK

[3 octobre 1702.1

Anglais, nos amis et nos fri^:res,

Un dénouement inévitable vient d'élever la France à la hauteur des plus augustes destinées. Le despotisme est à jamais écrasé; le peuple français a repris tous ses droits; nous sommes libres enfin, nous n'avons plus de roi.

Les circonstances (pii ont opéré cette grande révidnliim <»nl t'ié atrocement dénaturées; les récils mensongers des journaux vendus à votre gouvernement ont pu vous tromper. Nous méprisons les tyrans, mais nous chérissons les peuples; nous estimons surtout nos frères d'Angleterre, nous leur devons la vérité : (pi'ils l'apprennent par nous.

Puisse l'exemple que nous venons de donner au numde i^orter dans les âmes généreuses des Mers Anglais res|)oir d'un liberté dégagée des vices des cours, et telle enlin (pie leur cœur a droit d'y aspirer!

Vous savez, frères et amis, par quel soudain elTort le peuple français sortit de l'abrutissement d'une tyrannie maintenue par la force des baïonnettes pendant (piatorze siècles. Prêt à succomber sous le ]>oi(is rie si's cliaines, il s'en indigna, et parvint à les liri<(>r. Mais, j)ar un fatal aveuglement, le premier usa^o (pi'il Ml di^ sa liberté fut iTi-n crtnMf-r la garde'à son plus mortel eniuMui; un rep(Milii' apparent . îles (l('Miio[i-lralioii< pcriidcs en iniposèrciil à ce piMipIc trop bun et ti'op généreux, l't bientôt il lui puni d'avoii- cru aux serments d'un roi.

Chargé dis bienfaits d'une nation cpi'il avait outragée, b' traître Louis le dernier tourna contre elli' tous les moyens ipi'elle lui avait coudés pour sa gloire i-l pour sa di'l'i n^c.

L'Assemblée ualioiialr l'.ii-.iil-cjji' luii' lui solliciléi' par Ir vomi et

Page 1