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374 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [9 oct. J792]
dans son sein au moins trente commissaires, seulement pour leur faire quitter la place, et ensuite les emprisonner : voilà tout le système... Je demande quelle confiance on peut avoir en un homme qui, étant nommé à la Convention, a accepté, puis a refusé, et qui voulait se faire prier par la Convention pour ensuite quitter glorieusement le ministère; c'est là Roland, c'est lui, c'est cet homme dont tout le monde connaît les grands talents, que vous avez tous vu ici, qui a été membre du Comité de correspondance, qui vous a présidés deux fois. [Applaudissements.)
Un citoyen développe les dangers de l'établissement d'une force armée autour de la Convention, et invite tous les patriotes à se réunir fraternellement dans le sein de la Société.
On fait une collecte pour l'habillement d'un bataillon de volontaires en garnison à Péronne; ce l)aluillon manque de tout, même de chemises.
La femme du citoyen Lavergne, commandant de Longwy, fait demander à être admise; on lui accorde l'entrée de la séance; elle entre accompagnée de son père, qui fait lecture d'un mémoire tendant à justifier le commandant de Longwy. (Voyez la Correspondance.)
La Faye, président. — Citoyenne, la nation jugera Lavergne; en attendant, les Jacobins lui doivent la vérité : il eût terminé sa carrière, s'il eût aimé l'honneur de son pays. Si Thionville et Lille eussent été commandées par des Lavergne. la République française ne serait déjà plus.
Santerre. — Un défenseur de la patrie peut être lromi»é : Thionville a failli être prise par trahison; suspendons notre jugement, le temps nous en (Hra davantage.
La citoyenne Lavergne, — Vous dites, Président, qu'il restait une ressource à mon mari, celle de terminer sa vie : il l'aurait terminée, sa vie, s'il n'eût espéré la vendre chèrement ailleurs '.
La Société passe à l'ordi'tî du jour.
Un citoyen parle contre le projt.'t de la fnrcc armée, cl contre ce «pi'oii appi'lli' la faction Brissot.
Santerre. — f.is préopinants n'ont pas développé le vrai principe de la question; lorsque nous aurons |)rouvé l'inutilité de cette garde, nous aurons tout fait. On a des frayeurs aristocratiques; on craint des
1. Le licuttii.iiil-crdoiifl L.-K. I-.ivi'r),'iic-(:liain|ilaurifr p| s.i fiinnic fiirml coiidamn(''S à iiiorl par le tribunal révoliiliouiiairc, W II gt^iniiial an II.
assassinats; on ne veut pas voir l'utilité de la journée du 2 septembre. Si Dumouriez n'eût arrêté les ennemis, tous les coquins de Paris se seraient réunis aux signataires pour les recevoir. La tuerie était donc nécessaire. Quand la Convention nationale voudra, je répondrai de sa sûreté avec deux religieuses : une à chaque porte; quand on a établi une garde d'honneur à l'Assemblée, c'est moi qui la demandai : je voulais rivaliser la garde d'honneur de ce cochon '. Le 10 août, le peuple indigné voulait exterminer celui qui avait donné ordre de faire feu sur les citoyens; le coquin le savait bien, puisqu'il s'était réfugié dans le bureau où l'on fait les journaux; eh bien, Ton n'est pas seulement entré dans les corridors de l'Assemblée. Ainsi, le peuple, qui n'a pas violé l'asile d'un drôle comme ça, ne violera jamais la loi. On n'a presque pas besoin de force dans l'intérieur : un sacristain ferait l'office de commandant général... {Applaudissemenls.)
Des gendarmes du département de Rhône-et-Loire viennent se plaindre de leurs officiers, et demandent des défenseurs. Le Président invite le citoyen Moras à se charger de cette affaire. Moras refuse, parce qu'il doit partir, à la fin de la semaine, pour les frontières. « Vous avez encore quelques jours pour faire une bonne action », dit le Président. Moras accepte.
Guffroy annonce qu'on a découvert un riche présent destiné par Louis XVI à l'empereur des Turcs ; ce présent, consistant en vingtquatre écuelles d'or et plusieurs armes artistement travaillées, est sur le point d'être envoyé à sa destination : Guffroy voudrait qu'on l'arrêtât ^
La séance a été levée à dix heures.