SÉANCE DU MERCREDI 10 OCTOBRE, LAN I" DE LA RÉPUBLIQUE
PRÉSIDENCE DE PETION
La lecture du procès-verbal donne lieu à quelques débats : on se plaint de ce que le secrétaire-rédacteur n'a point fait mention de la
1. Textuel. Saiiterre veut dire que la garde d'honneur de rAsscuiblée législative lui semblait destinée à rivaliser avec la garde de Louis XVI.
2. Ou trouvera un extrait de ce discours de Guffroy dans le n« 284 du Journal des Jacobins,
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lettre adressée h Biizot par le citoyen Bijisset, membre de la Convention, et dans laquelle ce dernier lui fait connaître les dangers du projet de force armée, et l'invite, ainsi que tous les patriotes, à se réunir dans le sein de la Société.
On demande une nouvelle lecture de la lettre de Buisset; ce membre en fait lecture lui-mrme, et la Société en arrête l'impression et l'envoi '.
[La Société de Lisieux demande l'envoi de l'arrêté par lequel Claude Fauchât a été rayé des Jacobins. — Chabot, qui préside par intérim, donne lecture d'une lettre de sottises qu'il a reçue. — On constate que lirissol n'est point venu se justifier devant la Société, comme il l'avait promis. Après un vif débat, sa radiation est arrêtée à la presque unanimité. — Plusieurs conventionnels viennent se faire inscrire, et on les applaudit. — Scrutin pour l'élection du bureau ; président, Danton; vice-président, La Faye; secrétaires, Bentabole, Le Peletier, Simonin, Le Fort. — Discours de Billaud-Varentic' et de Laveaux sur la garde départementale qu'il est question de donner à la Convention. — Séance levée à dix heures et demie.]
SÉANXli: DL" VENUHKDl 12 UCTUHIU:, LAN 1" IJL LA MKlTlILKjl bJ
PRESIDENCE I>E KANTON
On l'ait lecture du procès-verbal.
CoLLOT. — Il vous importe, citoyens, que la délibéralion (|ue vous avez prise h la dernière séance, sur la radiation d'un de vos membres, soit motivée d'après les principes de raison, de sagesse et de ju'^tice qui vous ont dirigés ; cela est d'aulant plus important (jue déjà on travaille les esprits en tout sens pour faire croire à nos frères des départements que cette délibération est née d'un ressentiment parlicidicr. L.'i Société, et, jo dirai plus, Ions ceux (jiii nul eu pari à la
\. Socu'fé fhs Amis ilr lu lihrrtr ri dr rr(jillilv, .scillilc iiu.r .hiriiliiits. à l'uris. (yopie d'une lettre érriie au citoyen Ituzot, député à la Convention nationale, par le citoyen BftissKT, membre de la SoriétiC lue. rorrii/ée et imprimée par son ordre, fi ses séances des 9 eMO du présent tnois d'octobre, l'an I"" de la l{épul>lit/ue, pour être envoyée à ses Sociétés affiliées, sur la motion duilit citoyen liuzot à fin d'une rjarde ù fournir par chaque département à la Ctmvention nationale. - Iinji. ilii l'atriote f'ranrnis. s. fi., in-8 rie 1 pa<:os. — Hibl. nat., Ll) W)/7I';.
2. On Irniivfin un r\lrnil de ce discoiiis fl.iiis Ir n" '2^n Hii .loinnul des Jacobins,
fl2ocT. 1792] S0C11^:TÉ DES JACOBINS 377
discussion, doivent désirer que le procès-verbal motive les raisons très légitimes qui vous ont déterminés. Je déclare, quant à moi, que mon opinion est née de ma conscience, de ma conviction ; j'aurais uiûné contre mon frère, comme j'ai fait contre Brissot. L'attention que j'ai eue d'écarter de la discussion de petites et viles accusations a prouvé que mon langage n'était celui d'aucune passion. Toutes les opinions réunies ont donné un caractère irréprochable à votre délibération; je demande donc que la rédaction que je vais vous proposer, rédaction qui met en évidence la pure vérité des faits, soit mise aux voix '.
« Plusieurs opinants ont reproduit les reproches faits à l'un des membres de la Société (J.-P. Brissot) dans plusieurs séances précédentes, et celui surtout d'avoir fait imprimer dans le numéro du Patriote français du M septembre, où il recommandait Real et Bonneville pour députés à la Convention, qu'il adressait cette recommandation aux assemblées électorales de quatre-vingt-deux départements seulement, l'assemblée électorale de Paris n'étant composée que d'intrigants;
« D'avoir, dans plusieurs autres numéros, suivi un plan de diffamation réfléchie contre la Commune de Paris, établie à l'époque du 10 août, laquelle est reconnue par la Société pour avoir rendu de grands services à la chose publique;
« D'avoir poussé la calomnie à tel point que, dans le numéro du tl septembre, il a insinué que la Commune de Paris commençait à devenir meilleure, parce qu'elle était purgée de plusieurs membres nommés commissaires pour aller dans les départements, ou nommés députés à la Convention nationale, membres qu'il désigne particulièrement dans le même paragraphe sous le titre de scélérats;
« D'avoir, dans un autre numéro du 23 septembre, assuré que, dans la Convention nationale, alors à peine assemblée, il existait un parti composé de désorganisateurs.
« On a rappelé l'invitation faite à J.-P. Brissot par la Société de venir s'expliquer sur tous ces reproches, ainsi que la réponse de J.-P. Brissot à cette invitation, qu'il appelait un mandat d'amener auquel il répondrait lorsque ses occupations pourraient le lui permettre.
« La discussion ayant été prolongée et fermée, après que tous ceux qui ont voulu justifier Brissot ont été invités à prendre la parole, qu'on leur a conservée rigoureusement;
1. Les paragraphes entre guillemets qui suivent forim'nt le texte de la rédaction proposée par CoUot d'Herbois.
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« La Société, considérant que les reproches faits à J.-P. Brissot sont notoires par lexistence des numéros de son journal; que, par cette notoriété, il est évident qu'il a professé ouvertement des principes contraires à l'estime que la Société conserve pour l'assemblée électorale et la Commune de Paris, établie à l'époque du 10 août; que ces principes sont outrageants pour la totalité du département de Paris, dont les électeurs, la municipalité et les députés à la Convention, sont les mandataires; qu'un de ces reproches est d'autant plus grave qu'il porte sur un fait qui pourrait détruire la confiance due à la Convention à peine réunie, en désignant comme désorganisateurs une partie des citoyens députés choisis par les départements; que tous les articles du journal ci-dessus cités ont contribué fortement à établir la funeste prévention qui s'est manifestée dans le sein de la Convention contre le département de Paris ;
« Considérant que la piomesse, faite par Brissot, de répondre aux reproches ci -dessus est annoncée d'une manière peu conforme aux principes d'égalité et de fraternité, sans lesquels il ne peut y avoir ni force ni union dans aucune Société; que le silence qu'il a gardé depuis celte promesse fortifie les reproches qui lui ont été adressés :
« La Société, bien éclairée sur tous les faits, a délibéré que le nom de J.-P. Brissot serait rayé de la liste des membres de la Société. »
La rédaction proposée est mise aux voix et adoptée.
CoLLOT, — Je sais que celui que vous avez rayé veut intéresser à sa cause beaucoup de journalistes, ses collègues, qui malheureusement n'ont que trop de docilité pour lui , car ceux qui ont la meilleure réputation semblent l'avoir pris pour leur chef de lile; ils sont maîtres assurément et de leurs opinions et de leurs écrits, et je m'opposerais le premier à ce qu'on portât la uioiuilre atteinte à ce droit sacré. Mais il en est plusieurs (jui sont memi)res de cette Société, et en cette qualité nous pouvons leur demander, au moins, l'imparliaMté. Je demande donc que ceux-là de nos frères soient invités, dans le cas où Brissot les inviterait à insérer dans leurs journaux quelques réclamations contre votre délibération , à ne les inséicr qu'en inséiant aussi l'extrait de votre procès-verbal.
Cette proposition, mise aux voix, est au^si ailoplée.
TnuMior. — Les observations do Collot me rapi)ellent une bcllt; idée dont je lis [lart, il y a quel(|ues jours, à la Convention, et (jui m'a valu des calomnies. Une insurrection à Lorient, pour une prétendue
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exportation d'armes, en fut l'occasion. Je proposai de suspendre l'instruction de tous les procès criminels relatifs aux mouvements populaires qui ont eu lieu depuis le 10 août, parce que je craignais que de bons patriotes ne fussent victimes d'un zèle peut-être exagéré. Eh bien, Condorcet a imaginé de dire dans son journal que j'avais osé proposer une amnistie pour les crimes commis le 10 août, et il a eu l'indécence d'ajouter que la Convention avait décrété ma proposition. Real s'est rendu ici l'écho de la calomnie, et a dit à la Société que j'avais oublié ce qui s'était passé à la dernière révolution. Cette marche me parait claire aujourd'hui, et je vois que Real est l'homme de Brissot et de Condorcet... Condorcet, qui me connaît bien, n'est pas assez ignorant pour ne pas savoir qu'il est impossible que j'aie fait une pareille proposition, et qu'il est absurde de la faire décréter par la Convention. Mais voici le calcul. La faction a dit : puisque Thuriot veut s'éloigner de nous, il faut le perdre chez les Jacobins... Hier, obligé de me transporter au tribunal criminel pour le vol du gardemeuble, j'y trouvai Real et je lui fis des reproches : il me répondit qu'il n'avait pas lu la Chronique. « Eh bien, lui dis-je, vous êtes donc à Brissot et à Condorcet. Vous m'avez vu aux électeurs, à l'Assemblée législative : si vous aviez eu occasion de douter de mon patriotisme, il fallait d'abord vous adresser à moi... » J'ai rencontré Condorcet dans les corridors de la Convention, et, comme je lui témoignais du mécontentement: «J'ai signé l'article, m'a-t-il dit, mais ce n'est pas moi qui l'ai fait... » Citoyens, gardez-vous de vous le dissimuler, on tentera tout pour empêcher les membres de la Convention de venir dans votre sein. Quant à moi, je n'ai jamais varié, et je ne varierai jamais. Puisque Real a l'impudence de ne pas se rétracter, je prendrai des mesures pour repousser efficacement l'imposture. Je demande que la Société examine la conduite de Real.
Legendre. — Je dis, par motion d'ordre, que vous devez peu vous occuper des personnes, et beaucoup des choses. Pourquoi la Société a-t-elle été formée? Pour préparer les discussions du Corps législatif. Le règlement porte qu'à telle heure nous passerons à l'ordre du jour. Un règlement est en petit ce qu'est la loi; or, la loi est d(/spote pour tous les citoyens : le règlement doit être despote ici. Ne nous occupons pas de chasser un tel et un tel, mais discutons les grands intérêts de l'État, et contentons-nous de faire de temps en temps des scrutins épuratoires : c'est le vrai moyen d'être utile et d'établir le calme.
CoLLOT, — Si l'on veut avoir le calme, il faut chasser d'ici ceux qui troublent ; tu as fait là une mauvaise motion, Legendre!
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Deux enf'anls apportent un j)ortert.niille qu'ils ont trouvé dans le jardin des Tuileries, et qui contient un brevet de lieutenant et un congé pour cinq jours: La Faye. président, embrasse ces enfants; la Société arrête que leurs noms seront inscrits au procès-verbal et que le portefeuille sera déposé au Comité de correspondance.
[Un citoyen de Landau communique un bulletin de l'armée de Kellermann, en date du 8 octobre.]
Legros demande que la dénégation faite par Thuriot ;oit envoyée aux quatre-vingt-trois départements : Thuriot observe qu'il invitera les journalistes à la rendre publique,
Théodore (Jiot demande que la Société ranime, par sa correspondance, le petit nombre de patriotes qui s'assemblent à Melun, et qui se trouvent écrasés par une Société qu'il dit gangrenée; il se plaint à cet égard du Comité de correspondance. Le Président observe que le Comité s'occupe de l'objet dont il s'agit.
CouTiiON. — Citoyens, jamais les véritables amis du bonbeur et de la souveraineté du peuple n'ont eu plus besoin de se rallier. Il ne faut pas se le dissimuler, il existe à la Convention deux partis, et croyezen un vieux, quoique jeune républicain, H y a un parti de gens à principes exagérés, dont les moyens faibles tendent à l'anarcbie; il y en a un autre de gens fins, subtils, intrigants, et surtout extrêmement ambitieux; ils veulent la République, ceux-ci: ils la veulent, parce que l'opinion publique s'est expliquée; mais ils veulent l'aristocratie, ils veulent se perpétuer dans leur influence, avoir à leur disposition les places, les emplois, surtout les trésors de la Républicjue, et déjà n'en avons-nous pas des milliers de preuves. Voyez les places, elles coulent toutes de cette faction; voyez la composition du Comité de constitution, c'est là surtout ce qui m'a dessillé les yeux. C'est sur cette faction, qui ne veut la liberté que pour elle, qu'il faut tomber à bras raccourcis. Pour cela, citoyens, il faut (jue les bommes véritablement purs, probes, en forment la résolution biin ferme, et qu'ils se réunissent, où? ici, pour en concerter les moyens. Je dis qu'il faut nous réunir ici, et nous le devons par tous les motifs : c'est ici que s'est préparée la Révolution; c'est ici qu'elle s'est faite; c'est ici que se sont préparés tous les grands événeiuciils; .lacobins et députés ne sont qu'un, et celui qui s'éloignt.' d'ici est un faux frère, ;"i tpii la patrie doit sa malédiction... La prennère mesure à prendre, (■.(•si d'arrêter le piujcl (le la prétendue garde de sûreté de la Convention natio-
nale, projet que la Commission n'a proposé que pour bonnes raisons. Dans les premiers moments, je l'ai adopté moi-même, ce projet, parce que je pensais qu'il amènerait un lien de fraternité de plus entre les départements, et qu'il tendrait à consacrer le principe de Tunité de la République. Mais la composition du Comité de constitution m'a ouvert les yeux : je ne vois plus dans ce projet que le dessein de former un noyau de forces. A la vérité, on ne demande à présent que quatre mille cinq cents hommes; mais on peut égarer le peuple, amener quelques troubles, et disposer la Convention à augmenter cette force de dix, douze, quinze et trente mille hommes; alors la faction aurait des moyens pour arrêter ou intluencer toutes les délibérations qu'elle jugerait à propos; la souveraineté du peuple serait annulée, et l'on verrait naître l'aristocratie des magistrats... Je demande, par grâce, à mes collègues à la Convention de se réunir ici, de se concerter pour combattre la faction; je ne crains rien pour moi. je crains tout pour la patrie : il faut qu'on nous débarrasse de ces intrigants qui font le malheur de la République. (Applaudissements.)
C... — Je prie le citoyen Couthon de recueillir ses idées, de les rédiger et déposer sur le bureau; je demande que la Société les fasse imprimer et les envoie dans tous les départements. Couthon est un homme respectable : il sera le guide du patriotisme; son nom attirera tous les députés patriotes dans la Société.
C... — Barbaroux, qui parait lié à la faction Brissot, a composé un discours dans lequel il doit demander à la Convention que la force armée soit de vingt-quatre mille hommes. J'ai entendu des députés dire qu'il ne fallait pas précipiter la discussion, parce que l'opinion semblait se révolter, mais qu'il fallait préparer les esprits, et que, dans l'intervalle, arrivaient des gardes nationaux dont la présence rendrait plus facile l'exécution du projet.
C... — ■ A la Convention, je me suis placé, par curiosité, dans le côté où siègent ceux qui ne pensent pas comme nous; je leur ai entendu dire qu'ils étaient fâchés de ne s'être pas débarrassés de nous, qu'ils appellent désorganisateurs.
BiLLAUD. — On distribuait gratis au l'alais-Royai le projet de décret sur la force armée.
Thuriot explique les efïnrts qu"il a faits au Comité des six pour cou;battre le projet; il observe que les trois membres adjoints à ce Comité pour départager les suffrages ont été choisis dans la dépulation du département où a été nommé Brissot ' ; il dit ensuite : « J'appuie.
1. L'allégation de Thuriot était in xacte. Des trois menjljros adjoints par la
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citoyens, la proposition d"imprimer l'explication franche, vraiment jacobine et répiiblicaine-du patriote Couthon; mais je demande qu'on lui donne le temps de se recueillir, parce que, quand on attaque le crime, il faut avoir le temps de prendre ses armes et de le poignarder... Nous nous sommes ralliés en 89; nous nous sommes ralliés en 90; nous nous sommes ralliés au 10 août; nous nous rallierons encore quand il le faudra. »
Tous les membres se lèvent, ils agitent en l'air leurs chapeaux, et adhèrent par acclamation au v(pu de ralliement exprimé par Thuriot.
C... — Des troupes sont déjà en marche pour venir ici : vous verre/, au premier jour deux mille hommes du département des Bouchesdu-Rhône.
C... — Ce malin, à la Convention, comme Buzot disait qu'il était nécessaire de faire venir une force armée des départements, et que tous les départements réclamaient cette mesure, je me suis levé en m'écriant : « Je ne suis pas de cet avis. » Alors des membres se sont assez peu respectés pour s'élancer vers moi, me mettre le poing sous la figure, et me dire< « Quelle place aurez-vous dans la dictature? Tous êtes un factieux, vous êtes venrlu à la Commune de Paris. »
Mazuel, fédéré de V Hérault. — On vient d'écrii'e h un de mes camarades qu'on tirait au sort à Bordeaux pour f<u-iner la garde de la Convention nationale.
Anthoine. — Ce qu'a dit le citoyen Couthon est gravé dans le cœur de tous les membres de la Convention qui sont ici, et j'espère qu'aucun ne le désavouera. Eu arrivant à Paris, nous avons cru que tous les partis avaient disparu devant l'intérêt du peuple; mais la composition, artisti'menl imaginée , du Comité de constilulion nous a ouvert les yeux ;i tous : nous y voyons Condorcet surmonté par Brissot, Brissot porter Guadet, et celui-ci Vergniaud, etc. '. La faction l'a emporté, et elle se plaint qu'on l'attaque; mais on natlaquc pas la cabale de Couthon, d'Anthoine, de Sainl-Fargeau : c'est qu'on ne cabale
Coiiveuliun, 11' (j oclnl)rc IT.t^, à la Comiuission îles six, aucun iir faisait partie de la iléputation d'Eurc-ct-Loir : c'était Garran-Coulon (du Loiret), lleubell (du llaut-Rhiu) et Rouyer (de l'Hérault'. — Happcions que la Cominissioii des six, cliargéc rrexaruincr le projet de garde drpartcnicntalc et décrétée en principe le 24 septembre, avait été composée, le 27, de Buzot (de l'Eure), Lesagc (d'Eureet-Loir), Delacroix (dEure-et-Loir;, Manuel (de Paris), Thuriot (ilc la Marne) et Mathieu (de l'Oise).
1. Le Comité de constitution, l'talili par décrut du 29 septemlire 1T.I2, était composé lie neuf membres : Sieyès, Thomas l'aine, Urissof, Petion, Vergniaud, Harère, Danton, Condorcet, Gcusouné.
pas pour l'intérêt de la patrie, c'est qu'on ne cabale que pour de l'argent. Nous n'avons rien gagné en abolissant la royauté; nous n'avons aboli qu'un vain nom. Venise, Gènes, Genève sont aussi des républiques, mais ce n'est pas contre de pareils gouvernements que nous voulons échanger la monarchie. Je demande que tous les membres de la Convention ici présents signent le discours de Gouthon et qu'ils aillent s'inscrire au bureau. ( Vifs applaudissements .)
Un grand nombre de membres de la Convention courent au bureau et s'inscrivent au milieu des plus vifs applaudissements.
La Société arrête que l'opinion de Couthon sera imprimée avec la liste des signataires. — Couthon promet d'apporter dimanche la rédaction des idées qu'il venait de présenter.
C... — Je demande que l'un des secrétaires aille présenter une plume, de l'encre, et la liste des signataires à Dusaulx, qui, peut-être, ne peut pas quitter sa place.
Dusaulx. — Je suis interpellé de déclarer pourquoi je n'ai pas été au bureau. Si j'étais seul, ce serait de ma part une singularité, mais il y en a beaucoup d'autres; c'est donc une affection particulière d'un collègue qui craint que je ne sois pas aussi patriote que lui, et, sous ce rapport, je n'ai qu'à le remercier de sa tendre sollicitude. J'ai entendu le discours d'un homme que j'aime et que je respecte; ce discours est descendu dans mon cœur, et très profondément; mais, depuis trente ans, je suis habitué à méditer; depuis trente ans je prouve mon patriotisme par des ouvrages traduits en beaucoup de langues; j'avais aussi médité la Révolution. Couthon, je vous respecte, je ne vous crains point : oui, quand je vous aurai lu, je vous méditerai et j'exercerai mon jugement.
Chabot. — Je dois relever une erreur d'Anthoine : il a cru Condorcet du parti Brissot; Condorcet n'en est plus : il paraît avoir connu les intrigants de la petite faction, il a vu qu'il ne pourrait pas jouer un rôle parmi ces intrigaillons. — Pour prouver son assertion, Chabot fait lecture d'un article de la Chronique dans lequel Condorcet fait quelques reproches aux ennemis de la Commune de Paris.
Marat. — Une faction criminelle s'est manifestée au sein de la Convention nationale : elle paraît l'influencer aujourd'hui comme elle menait auparavant le corps législatif. Il y a quinze mois que je la poursuis. Elle a des projets désastreux, puisqu'elle appelle à son appui une garde prétorienne. On veut entraînerja Commune hors des bornes de la loi, afin d'avoir un prétexte pour quitter Paris. Citoyens, soyez calmes, c'est l'ami du peuple qui vous rappelle à la sagesse, à
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la mesure. Hier encore, je lui arrachai son secret, à celle faction; ]o (lisais : « Vous ignorez ou vous feignez d'ignorer les motifs de nos réclamations; c'est que nous ne voulons pas de République fédérative. » A ces mots, la consternation s'est peinte sur leurs visages. Croyezmoi, citoyens, la faction court à sa perte; elle donnera dans des mesures violentes. Soyez modérés; elle sera démasquée sous peu de jours. (Vifs applaudissements.)
Robert, Pelet et Jeanbon Saint-André ' iii-ononcciit des discours dans lesquels ils développent les dangers d'une force armée qui serait appelée des déparlements pour garder la Convention ^
Une députation de la section Poissonnière vient faire part d'un airêté pris le 10 de ce mois par cette section, et dans lequel, après avoir posé en principe que le peuple, dans ses assemblées partielles, a le droit de discuter les lois faites et à faire, on prend la résolution d'envoyer aux quatre-vingt-trois déparlcmonts une adresse pour les engager à s'opposer à la formation d'une garde conventionnelle, et l'on déclare qu'une telle formation serait un crime de lèse-nation, digne de mort. [Applaudissements.)
s^:A^XE dl: dimancui-: 14 ucinHiii:, lan i"
DE LA RÉPLBLIQUK
rnKSirtKNci: m: uanton
[La Faye, vicc-présidcnl, occupe le fauteuil. — On (ioiino Ic^cluro à la Société d'une circulaire du Comité de correspondance à toutes les Sociétés aftiliécs : elle a pour objet do motiver l'exclusion de Hrissot et d'exposer les événements qui ont eu lieu dans la capitale dejuiis le 10 août. Suit fexlrail de cette |)ièce '.J
1. Société (tes Amis île l/i lihrrir. cl de l'c<i(iHlc, scnii/c nu r ci-f/cra»! .Idcnhiiix Saini-Honovc, (ï Paris. O/iinion sur le projet (l'une ijardc wililaire pour faire te service mipri's de lu Convention nationale, par .Ikaniion Saint-André, député du dcparlemeni du [j>l. — linp. !.. P(ili«.r, d.- Lill.\ \V.)-2, inS do K; pn-jes. — Hild. liât., U> 40/71fi.
2. Dans la niéiiie st'-ance, Collol li'llorbtiis parla aussi s\ir lo nuMm- siijrt. du trouvera sos pamlns à la lin du n" 2S;{ du .tournai tics .laruliins.
3. Nnus n>' (IniuKins pas cet f\liail, pan-c ipi'nii Iroiivi'ia plus lias, p. M''», le texte (Itliiiilif ilc la rirculaiie.
[liocT. I792J SOCIÉTÉ DES JACODINS 385
Chabot. — Quoique Brissot soit Fauteur du discours du pédant Buzot sur la division du corps législatif en deux sections, quoiqu'on puisse reprocher à Brissot beaucoup d'autres attentats, j'opine pour que la Société s'en tienne au tableau fidèle qu'on vient de lui présenter. Cependant, pour être juste, je demande qu'on raye l'article du Club de la Béunion ' ; plusieurs patriotes, avec moi, se sont réunis dans ce Club pour tirer des explications de Brissot; et il était peut-être nécessaire alors d'opposer la masse des Brissotins et des patriotes du côté droit aux bas côtés et au marais de la législature 2. Je demande le retranchement de cet article, qui semble inculper les membres de la Montagne du corps législatif.
Bentabole relève deux expressions inconvenantes dans la circulaire : championner quelqu'un, et ce n'est pas français; le respectable Couthon, et cette épithète semble blesser l'égalité.
Thuriol trouve l'adresse infiniment longue, et manquant de pureté dans le style : il demande qu'on laisse au rédacteur vingt-quatre heures pour donner à son ouvrage le degré de perfection, et qu'on lui adjoigne même des commissaires.
Chabot pense que des commissaires gêneraient le rédacteur. « Si l'adresse est longue, ajoute-t-il, c'est qu'il y a beaucoup de choses à dire contre Brissot; les faits essentiels ne sont pas même rapportés. »
BoissET. — L'adresse n'est pas seulement contre Brissot : elle contient des détails intéressants sur la dernière révolution. Il faut se hâter de publier que le peuple de France, représenté par les fédérés des quatre-vingt-trois départements, a été forcé de s'emparer de tous les pouvoirs; que, dans l'impuissance du corps législatif, il s'est sauvé lui-même aux journées du 10 août et du 2 septembre, et que c'est à ces fédérés, à ces patriotes, que la Convention, sollicitée par les Brissotins et les Girondins, veut faire le procès.
C... — Pourquoi retarder l'envoi de cette circulaire? Nos ennemis ne perdent pas un instant. Si l'adresse prouve bien que la faction brissotine contrarie les intérêts du peuple, il faut l'expédier sur-lechamp.
La Société arrête que les citoyens Collot et Chabot s'adjoindront à
1. Ce passage du projet de circulaire était ainsi conçu : « Il se forma un club, appelé de la Réunion, qui tenait et qui tient peut-être encore ses séances à huisclos. Ce club se prêta aux événements du 20 juin, que les Jacobins n'approuvaient pas, parce qu'ils ne les considéraient que comme mesure partielle. »