‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 73 sur 131 · SÉANCE DU MERCREDI 24 OCTOBRE 1792 E'AN V' DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU MERCREDI 24 OCTOBRE 1792 E'AN V' DE LA RÉPUBLIQUE

La leclure du procès-verbal suggèrj au citoyen Boisset des réflexions sur l'arrêté portant qu'il sera fait un appel nominal des membres de la Société, et que les absents seront notés pour être rayés

\. Le nom de Saint-Just est ici imprimé par erreur Sinjeii, ce qui semble indiquer que les contemporains n'en prononçaient pas les deux dernières lettres. Le Journal ajoute : '< Dans les prochains numéros, nous ferons connaître ce discours, qui a valu à l'auteur des applaudissements moins vifs que mérités. » Le discours de Saint-Just fut imprimé à part, sous ce titre : Scciélé des amis de la Itberlé et de l'éçialité. séunle aux ci-devant Jacobins Sainl-IIonoré, à Paris. — Discours sur la proposition d'entourer la Convention nationale d'une yarde année prise dans le$ 83 départements, prononcé, en substance, à la tribune de la Société, le lundi 22 octobre 1192, «/j /"■ de la République françu'isc, par le citoyen hovii-hixis Saint-Just, député à la Convention nationale. — Imp. Potier de Lille, s. d., iu-8 de 1i pages.. — BibL nat., Lb 40/719.

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à la troisième absence : il nliserve qu'il va une suile ^le violence tlan> cette mesure, dont il demande la révocation. — La Société prononce le rapport de cet arrêté.

[Lettres cl communications diverses. — Discours de Hobcspierre sur lo (trojct de garde départementale '.]

Deschamps. — Voici un fait ipii intéresse la ville de Paris. Jai été voir nos frères de Marseille : vnus n'avez i>as d'idée du dénuement où ils sont; on ne leur donne pas même de paille pour se coucher; la laction profite de cela pour vous calomnier: il n'y a donc pas de Jacobins ici, peuvent dire ces Marseillais; si nos frères de Paris venaient chez nous, nous nous priverions de tout pour ne leur laisser manijuer de rien. Je prie mes frères de s'inscrire pour donner des matelas aux citoyens de Marseille: quant à moi, j'offre de leur porter le mien. [Applaitdi.)

Un membre {\\i ({ue la st-ction de .Marseillt- a rempli une souscription pour loger cent Marseillais.

Un antre dit que Marat e>t allé, ce matin, à la caserne, et qu'il a fait entendre aux Marseillais qu'il fallait un chef pour sauver la Ré- (Kiblique.

DuFOLRNV. — Voici le quiprocjuc»; on vous rapporte le projios prèle a Marat, et non le propos tenu i)ar Marat : déjà l'on assure que li's Marseillais ont reproché à leurs chefs d'avoir fait répandre ce bruil et qu'ils les ont menacés de les destituer.

Bentauole. — .Vujourd'hui Marat a été l'dltjet d'un 1res grand tumulte à la Convention. Je consiilère Marat comme un homme qui est extrêmement /.élè' pour le bien du peuple, qui est très ardent, doni l'esprit se porte aisément à l'exagération; cet homme, quaml il parle, n'est pas le maître des expressions (ju'il emploie, et se laisse cnipi>rler par sou enthousiasme pour la patrie. Il a clé dé-ncmcé aujourd'hui ])0ur la secoufle fois, et .celte dénonciation est relative ;ui hataillou de Marseille. Après une di<cus<ion sur des leproches lails au ministre Holaud d'enqtloyer de< hommes suspects d'iiielvi-me. <ui a rappelé'

t. Il y a un (.'xtrait ihi discours (U- Hubcspicrrc dans le \i\\\\\(-io i\\\ Journal ries j'ai-iMns du l'i novcnibro suivant. Il a l'iè iniprinu- ù pari sous ce titre : Sociélr des funis de la liberté et de l'egalitr. snuite aii.r Jacobins, â Paris. — Disenurs dr Maximm.ikn IUuikspierhe sur l'inslilutinu d'une nouvelle r/arde pour la Convention nal'i'iuale, prononcé à ta Société dans Itt séance du 2i octobre 1192, t'an /" de la Uépul>li>/ur. — liiip. l'.-.l. iMipl.iin. s. il., in-8 de l". pa<,'<'s. - IJild. n.il.. Lb 'i(t/720.

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la proposition de loi contre les provocateurs au meurtre. Barbaroux a appuyé cette proposition en disant que des agitateurs voulaient égarer les citoyens, qu'ils employaient les voies d'une apparente amitié, qu'ils donnaient même des déjeuners, et que Marat avait fait usage de ces moyens pour semer la zizanie entre les Marseillais et les Parisiens. A l'appui de cette assertion, Barbaroux a tiré de sa poche une déclaration signée par des ofTiciers du bataillon Marseillais , et portant que Marat s'était transporté à la caserne, y avait tenu des propos séditieux, et qu'en faisant remarquer aux Marseillais le dénuement auquel on les abandonnait, il avait observé que la cavalerie, nù se trouvaient un grand nombre de mauvais citoyens, était superbement entretenue. Marat a répondu qu'on transformait en crime imaginaire une action innocente; qu'ayant eu une conversation avec des Marseillais, il leur avait dit: « Faites-moi l'amitié de venir déjeuner avec moi » ; que les Marseillais l'avaient invité à venir à la caserne; qu'il s'y était rendu; qu'il avait trouvé ces citoyens sans matelas, sans paille, manquant du nécessaire, et qu'à la vérité il n'avait pu s'empêcher d'observer que la cavalerie soldée, formée à Paris, était bien mieux soignée. La Convention a décrété que cette dénonciation serait jointe à la première, pour en faire le rapport. Vous voyez, citoyens, qu'on a le projet de perdre Marat, et que cet homme est en butte à la colère des intrigants : qu'on examine bien, l'on verra <(ue tout ceci n'est qu'une affaire d'animosité.

Sur la motion de Mendouze, la Société invite les membres de la municipalité qui se trouvent dans son sein à se rendre à la maison commune pour faire la motion de fournir des lits aux Marseillais. — La Société nomme ensuite une députation pour aller voir les citoyens de Marseille et s'informer de leurs besoins.

Robespierre jeune. — On veut, à quelque prix (jue ce soit, se défaire des patriotes; le premier qu'on se propose de sacrifier, c'est l'intrépide Marat : et il y a deux sortes de moyens pour cela, les moyens légaux et les moyens d'assassinat. On a employé les premiers, c'est le renvoi au Comité de législation; mais la Convention peut-elle, sans porter atteinte à la souveraineté nationale, décréter ses membres d'accusation? Et, en supposant l'afïirmative, le décret d'accusation ne pourrait être exécuté avant d'avoir été jugé jjar la nation entière. Les moyens d'assassinat existent aussi : la déclaration des officiers du bataillon de Marseille porte que Marat a accusé la cavalerie d'être composée en grande partie d'escrocs, de ci-devant gardes du corps et de cochers de l'aristocratie, et ce ([u'il y a de |)lus'

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