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pose de prier les députés qui sont membres de la Société de faire jiasscr les envois sous leur contre-seing. Après un débat, la Société passe à Tunanimilé à l'ordre du jour sur celle proposition. — Débat soir les moyens de diminuer la clierlé des subsistances. — Lettre de Marat, « qui annonce que sa maison est entourée par un grand nombre de dragons de la liberté qui dcmandciit sa léle; il prie la Société do le mellrc sous la sauvegarde de la section en laquelle il liabitc ". — Communications diverses. — La séance a été levée à neuf heures.]
SÉANCE DL' DIMANCIIK i NOVEMBRE, L'AN I" DE LA RÉPUBLIQUE
J'UliSIDENCK DE JEANBfiN SAINT-ANDRK
[Lecture de la correspondance et du « procès-verbal de la première séance tenue par la Société de Mayencc, le 23 octobre, dans la plus belle salle du palais do l'Klecleur ». — La Société arrête d'augmenter de dix le nombre des membres du Comité de correspondance. — Admission de candidats '. — Un membre voudrait qu'aucun député ne prît part à la rédaction d'un journal. |
Basihi:. — On a pai-li', dans votre r(»ii'i>|i(tiiilance, de fairo une bii contre les dévastateurs des forêts : il existe à Paris un brifiandauipolitique qu'il est Dien jilus i)ressant de détruire. On a eoniliiné un système de diffamation contre les Parisiens : il importe d'éclairer !(■< départements à cet égard. Le Comité de surveillance a élé chargé de faire un rapixtrt sur la situation de Paris; je m'en suis occupé, je vais d(jnner à la Société lecture de mou travail. Ils ne sdut plus, ces temps uiallieureu.x. où la forme auéaiitis-.iil Ir Iniid. (ui la Irlhe luait rrs|)ril. où la véi'ité succomltait sous un déluge de mois : la liherlé a vu fuir devani elle la méprisable liorile des praticiens... D'un ixMivent dum venir tant de calnnuiies contre les amis de la Uev(diili(in?... On sr raj)pelle ces jours d'une tr(jmpcuse espérance où Brissol et quelques autres, après avoir concpiis le royaume, lirenl appeler des Jacobins au mini>lére. Pi.'udant la courte durée de ce renne, ils élnignèrenl Ions l(;s palrinles doiM's d'une grande ("uergie ; ils leur i»rel'érèrenl ouvertement des êtres nuls dont ils pouvaient se llatler de disposer à leur- i:n''; loutes les places imi>ortantes devinrent le partage d'une
I. i,c .Iniiiiutl tics Janihius ne dnnili' |i.is liMirs noms.
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luule d'hommes nouveaux; bientôt il?; formèrent, avec ce qu'il y avait lie vil dans les Sociétés patriotiques, une coalition redoutable. Il était possible que ces dépositaires peu délicats de la chose publique son- 1,'eassent à s'y perpétuer en prolongeant le sommeil du peuple.
La guerre fournit une ample matière à des débats malheureux dans la Société. Dumouriez montra plus de caractère qu'on ne lui avait cru d'abord; il voyait avec peine certains législateurs intluencer trop fortement le pouvoir exécutif; son opinion divisa le ministère, qui s'écroula; on obtint une déclaration solennelle en faveur de Roland, Clavière et Servan. Là se termine cette comédie de révolution à la cour : la machine du gouvernement sort des mains d'une |)ortion des patriotes et passe entre celles de la secte feuillantine.
Il est remarquable qu'à cette époque les débats acquirent de la chaleur; on sentit le besoin d'une révolution, on provoqua le réveil du peuple, et la journée du 10 août vint rendre à la nation tous ses droits. Mais bientôt les divisions renaissent, et l'on s'attaque avec acharnement pendant les derniers jours de la législature... L'assemblée électorale de Paris semble proscrire Brissot et plusieurs autres, même Condorcet : car, de part et d'autre, les passions exagèrent tout... Cependant les griefs sur lesquels se fondent les partisans de la coalition ne sont pas de nature à frapper tous les esprits : forts de leur conscience, des hommes bien intentionnés se refusent à tout moyen de tactique, ils s'abandonnent à la marche simple de la rai- !«on ; et cette noblesse de vertu cède l'empire aux intrigants : déjà ceux-ci ont mis la Répubhque en péril; ils sont une plaie profonde de l'Etat. Voyons comme ils sont parvenus à leur but.
Une révolution est toujours une chose hideuse dans ses détails; c'est dans son ensemble et dans ses conséquences pour la génération ([u'un homme d'f^tat doit l'envisager, et, s'il se trouve atï'ecté parla vue de quelques souffrances particulières, il est bien dédommagé par le spectacle du bien général; ce n'est pas dans ces grandes crises (|u'«)ii peut trouver l'harmonie et le bon ordre. Les intrigants voient .pic la révolution s'est faite à Paris, qu'elle est principalement l'ouvi-age de leurs adversaires : ils ont besoin de terrasser des hommes connus; ils ont à se venger de Paris, qui a su les apprécier; ils veulent s'éloigner pour affirmer leur domination et réaliser leurs idées de fortune. Ainsi cette révolution est devenue une mine féconde de calomnies ciintre les hommes de génie (pu en ont tracé le plan, et contre le i)eu[)le ([ui a eu l'énergie de l'opérer.
Nos perfides tacticiens, très exercés au grand art de mener les assemblées nombreuses, excitent, intéressent les amours-propres et
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font clore la iliscu^sion à leur i;ré; les questions se succèdent avec une rapidité telle qu'on n'a pas le temps de les considérer. Ce qui aggrave encore le malheur de notre situation politique, c'est que plusieurs députés méridionaux, dont le voni pour le gouveruenieut l'édOralif est mal déguisé, appuient le système de diflauiation conliv Paris, pour inspirer de se séparer de cette grande coninnine; cesl par des secousses violentes (ju'ils prétendent nous forcer la maiu el faire prévaloir leur opinion. De là cette foule de décrets dan.uereux et liberticides portés dans l'enthousiasme, et qu'on est réduit à di'qtlorer après.
Quel est le but de cette terreur qu'on donne des Parisiens? Des députés des départements auraient pu, sans m'élonner, jeter ce cri d'alarme; mais, de la part de Brissot, celte frayeur décèle de la mauvaise foi et des inteutions criminelles. La contenance paisible de ci'tli' grande cité dément chaque jour les caltunnies des factieux.
Le 10 août, le salut public exige l'anéantissement de la royaiili' : tous les dangers disparaissent devant les intérêts pressants île la patrie. Le 2 septeuibre, le bruit se répand qu'on égorge les prisonniers, et l'on se demande si les hommes qui ont attiré sur la patrie tant de Iléaux méritent qu'on s'expose pour les défendre; si, pour sauver de tels hommes, il faut arracher la vie à des citoyens, el s'il serait prudent de laisser vivre des hommes dont les complots peuvent èlre d'autant plus dangereux qu'en même temps l'ennemi s'avance. Ou délibère, et le meurtre se consomme. Peu de jours après (ui publie des proscriptions contre des législateurs; les sections sont averties, les patrouilles redoublent, et les assassins n'osent plus se luoutrer. Dauces peintures amères de la jouruée du 2 septembre, pourcpiui ui' parle-t-on pas de la sublime délivrance de Jouneau, notre collègue, de cet instant où, pour nous le ramener, If peu|»le se précipita dau> la salle en criant: « Vive rAssemi)léo ii;ilinn;ilr ! » Ces uiaïqncs mutuelles de confiance entre le peuple et ses repré<t>utauls seraientelles perdues pour l'histoire?
Je révélerai cpielque jour des faits iiii|iorlauls doul la |inlilicilé serait iiinlilr et im'iiir dangeieiise anioiirdliui ; je dois ni'aïuiioius vous faire part d'un trait lra|>iiaut. et qui caractérise celte jonruc'c du '1 septcndire : quelqiu.'s domesHipies de M""" de Landialle prennent le costume de sans-culottes, s'arnu'ut de piipies, vont au\ priions de la l'^orce, et, I;i . ils é;,'orgent ])lii^ienrs piisonnieis avec atrocil»', atin (rac(|néi'ir du ciédil auprès des assassins, en i)rotiler poui- sauver leur maîtresse; mais tant de crimes dcvitument iiuitiles: M™" de Lauiballe tombe en des mains cnicllev ri péril d'une manière (pie ma
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plume se refuse d'écrire. Il est probable que les domestiques de plusieurs autres prisonniers ont fait comme ceux de M""" de Lamballe; il est probable aussi que le massacre de Versailles a été exécuté par des domestiques de la reine qu'on a vus à la tête de l'attroupement. Ces faits dévoilent aux hommes judicieux le secret de tant de brigandages qu'on attribue à des Parisiens, et auxquels les Parisiens ont mis un terme. Les citoyens de Paris s'exercent maintenant à la patience, ils se livrent paisiblement à leurs travaux tandis que leurs rues retentissent de cris séditieux que profèrent des bouches étrangères: l'avenir éclairera tant de mystères...
Basire annonce qu'il donnera bientôt la suite de l'ouvrage dont il vient de lire une partie; la Société le couvre d'applaudissements. Est arrêté : 1° que le discours prononcé par Basire sera imprimé ' et envoyé aux Sociétés afTiIiées; 2" qu'elle invite Basire à continuer ses observations sur des objets qui intéressent aussi éminemment la chose publique.
On demande que le discours soit distribué aux citoyens des tribunes.
BoissEL. — Les tribunes sont tout Paris; or les tribunes nous entendent ici, et cela suffit; la distribution proposée entraînerait une dépense trop forte.
Un autre citoyen propose de vendre le discours aux membres de la Société et de le distribuer gratis aux tribunes.
Après quelques débats, la Société arrête que le discours de Basire sera distribué aux membres de la Société, aux députés à la Convention et aux citoyens des tribunes.
Bei\tai30le. — Je fais part à la Société d'un fait qui n'est pas indifférent; il est établi sur des preuves, et ces preuves sont des dépositions qui existent au Comité de surveillance. L'événement que je vous annonce prouve qu'il existe dans cette ville une coalition dont les chefs doivent être de grands personnages et dont le but est de diviser les citoyens pour allumer la guerre civile. Hier, au boulevard du Temple, devant un café, des dragons de la liberté, au nombre de
1. Société des amis de la liberté el de l'ér/alité, séante au.v ri-devaut Jacobins Saint-Honorê, à Paris. — Discours de Claude Basire, vice-président du Comité de surveillance à la Convention nationale, sur l'état actuel de notre situation politique au centre des affaires. Pronière partie, lue à la Société dans sa séance du 4 novembre 1792, l'an l'r de la République. — Imp. L. Potier do Lille, s. d., in-8 de 23 pages. — Bibl. nat., Lb 40/72o.
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six cenU environ. ti>us à cheval, le sabre nu à la main et i»réeé(iéM de trompettes, faisaient retentir les airs d'une chanson dont voici !•* refrain; je ne le chanterai pas. je le prononcerai; le voici : « A la guillotine, Marat, Danton, Robespierre! » Ils r«^pétaient ce refrain à plusieurs reprises et ils criaient ensuite : >• Vive la Nation ! vive-Koland î point de procès au roi...» Je vous demande, citoyens, si, quand on voit de pareilles choses, on peut disconvenir quil n'y ait des projets sinistres. Le fait que je vous dénonce est bien avéré: un membre de' cette assemblée a failli avoir la tète tranchée parce qu'il voulait engager les dragons à rentrer dans l'ordre. Vous savez ([ue cette semaine doit être employée à la justification de Robespierre et à la discussion sur le mode de jugement de Louis XVL Je dois dire au>si que l'on a attesté que parmi ces dragons de la liberté se trouvent dt-s fédérés.
Un dragon de la Hbrrtc monte a la tri I •une :
'( Je vais vous révéler im autre fait, a-t-il dit. Nous avions résolu de faire expulser du corps les officiers qui nous paraissaient suspects, parce que nous voulons être purs Jacobins. Hier nous avons été en députation à cet effet chez le général Santerre : il nous a répondu qu'il n'avait pas envie de faire une armée de capucins, cl que ceux que nous dénoncions comme des suppôts de jeux se battraient mieux que les autres. Quant à ceux que nous accusions d'aristocratie, le général Santerre n'a pas répondu direclement, il nous a dit qu'il fallait , obéir aux chefs. « Mais, lui avons-nous objecté, si nous avions le comte " d'Artois à notre tète, il faudrait donc aussi lui obéir? » Le général s'est tiré de là en disant qu'il ne voulait L'iitciKlre aucune plainic cnnlrt' les officiers; fpu'.dès (pi'on avait passé sous l'élondard, on devait une obéissance aveugle et l'on ne pouvait plus invoquer la iléclaration des droits de l'homme. C'est à vous, nos braves frères, à nous aider dans celte circonstance; c'est à vous à nous tirer du précipice; voyez, si nous pouvons vivre sous de tels hommes, avec des hommes qui sont soudoyés pour crier : A la lanterne, les patriotes!
(;. — .l'ai ,'.(('. h'uioin, près le ralai--RoyaI, de celle pronieuade scandaleuse des di-agons; il faut demander (|ue les coupables soient pimis. Pourquoi serions-nous aballus'.'Nous tie sommes pa< moins de taille aujourd'hui (|ue le 10 août.
C... — I^a section de Ron-Conseil a rendu (-(jmpte à Santerre des mouvements qui a.Liilaient le corps des dragons. Santerre nous a re- Itondu que de grands joueurs pouvaient faire d'excellents srddat-, el qu'il ne jtotivail dt-lniii-e un corps poiu' des fail< itailieulieis. Il r:iiil fine toutes ces b'gion- dont l*aris est inondt' dispaiai-senl rnliu.
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qu'elles aillent aux frontières : là, elles serviront la patrie; là, si ce sont des traîtres, ils seront surveillés. Je demande que le générai Santerre soit tenu de s'expliquer sur ce fait.
C..., dragon. — Hier, Santerre nous dit quil accepterait plut(>t la démission de tout le corps que celle des quatre lieutenant-colonels, que nous demandions.
Robespierre jeune. — On pourrait citer encore plusieurs faits qui tendraient à abattre le courage des amis de la liberté. Vous êtes forts par l'opinion publique de Paris, mais vous êtes faibles par l'opinion publique des départements. Vous connaissez tous.la dénonciation de Louvet contre Maximilien Robespierre; l'Assemblée n'en avait pas décrété l'envoi : eb bien, le ministre Roland, profitant d'un décret qui lui permet de répandre les bons ouvrages aux frais de l'Etat, a fait tirer quinze mille exemplaires de cet ouvrage. D'après ce fait, vous voyez dans quelle position critique se trouvent les patriotes : à Pari> on leur oppose des baïonnettes, et on les combat dans les départements par des libelles.
Calon. — Le compte de Roland a été tiré à cinquante mille exemplaires.
Le citoyen Bricoteau, maire de Verneuil-sur-Serre, se plaint, au nom de sa commune, de ce que le ministre de l'intérieur refuse de lui envoyer plusieurs lois. « Ce vieillard injuste, dit-il, doit faire son devoir, il est payé pour cela. »
G... — Ce matin, à la Convention, Delacroix me disait qu'il aurait beaucoup mieux valu qu'on eût égorgé Louis XVI le 10 août, parce qu'on ne pourrait le juger sans exciter une insurrection. Vous voyez, citoyens : les intrigants craignent que Louis XVI, poussé à de certaines •extrémités, ne dise certaines cboses qui pourraient les inquiéter; ceux qui menacent d'une insurrection, si l'on fait le procès de Louis XVK sont ceux qui ont intérêt à ne pas laisser faire ce procès.
C... — On vous annonce que les sections doivent demander l'éloignement des troupes qui sont à Paris. Le général Berruyer, dont je suis aide de camp, a reçu ordre de faire partir onze bataillons, savoir : neuf de Paris et deux de Meaux ; les neuf de Paris doiveul partir demain.
MoNESTiER. — Nous avous ici plus de trente mille liommes, et l'on nous annonce qu'il en partira demain environ neuf mille; et qu'est-ce qu'un si petit nombre devant un si grand? Mettons-nous en mouvement pour forcer le ministre à les faire partir tous.
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Saint-Jlst. — Citoyens, je ne sais quel coup se préitare, mais tout remue, tout s'agite dans Paris. Paris regorge de soldats, et cest au moment où il s'agit de juger le ci-devant roi, où Ton veut perdre Hobe-pieri-e, qu'on appelle tant d'hommes armés. Cependant la Uépublique na plus à ciaindre des ennemis extérieurs. Nos soldats sont traînés au péril sans nécessité; on trafique ilu sang des Français dans des rivages étrangers; on veut nous faire admirer exclusivement des ministres, des généraux, des foudres de guerre ;rinnuence des ministres est si grande que, dès qu'ils paraissent dans l'Assemblée, une voix perçante convertit en motion ce qu'ils n'ont pas dit encore. La cause de tous nos malheurs est dans notre situation politique; quand les gouvernements sont dissous, ils se remplissent de frii^ons, comme les cadavres de vers rongeurs. On propose des décrets d'accusation contre les représentants du peuple; encore un moment, et l'on proposera de juger le peuple, cl Barbaroux donnera des conclusions contre le souverain... Quel gouvernement que celui cpii plante l'arbre do la liberté sur l'cchafaud et met la faux de la moi't entre les mains de la loi!... Je demande que le développement du système d'oppression soit toujours à l'ordre du jour; j'invite les membres de cette Société cl les Sociétés afTdiées à dénoncer tous les traîtres, afin que tout l'empire exerce sa vigilance, et que toutes les trames soient facilement découvertes. [Applaudhaemenls.)
Billaud-Varennk. — On a demandé, à la Convention, pourquoi les patriotes voulaient faire sortir de Paris les fédérés du 10 août; mais les mêmes hommes qui font cette demande ont-ils oiddié «pi'à cette tribune ils ont traité ces fédérés de scélérats? C'est qu'alors il< venaient pour détruire la tyrannie, et qu'aujourd'hui on les dispose à mourir pour détruire la liberté. Les calomnies contre la députation de Paris tiennent au système du salut de Louis XVI; on veut fermer la bouche à ceux (pii peuvent dévoiler les traitri-s el faire connaître ceux (pu, le 10 août, se levèrent respectut-iiscmenl (piand le ci-devant roi entra dans la salle. Quoi! en ce moment plusieurs représentants sont obligés de chercher leur salut dans la fuite, et nc^us craindrions encore! Non! nous allons parler. Aujourd'hui nous avons déjà parlé; demain nous parlerons; mercredi nous enverrons Louis XVI à l'échafau<l. F>a vie n'est rien cjnand «m peut la sacrifier pour la patrie... Di'ja la niajorilé de la Conviiiliou s"e-l l'.iugee ihi ((Mr-deln Montagne, et la Montagne fera \\n effort cpu ('crasei-a les reptiles i|ui ranq>ent à ses picfls. Il ne faut pas s'eflraycr : le peuple est là; a-t-on oubli»' les grau i - j(uu'nées où il s'est montré avec tant de vigueur?. ..Cepemlanl j'invile mes concitoyens;! rr)userver une allilnde ralnie el iuipo^anle.
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c'est le moyen d'anéantir les factieux; qu'ils laissent à notre énergie le soin de les démasquer. [Applaudi.)
Aprrs quelques débats, la Société arrête que les questions concernant la sûreté publique et le jugement de Louis XVI seront toujours placées à l'ordre du jour.
Un citoyen propose un moyen de réunion, qu'il dit ne ressembler en rien au baiser Lamourette.
Jiobcspierre ^eune s'oppose à toute idée de réunion; il voit dans la Convention, d'un côté des contre -révolutionnaires décidés et des hommes qui veulent la révolution pour leur profit, de l'autre des patriotes divisés d'opinions et presque de principes. « Au milieu de ces partis, ajoute-t-il, l'innocence succombera; et peut-être veut-on par là opérer un mouvement dans Paris. Eh bien, citoyens de Paris, soyez calmes, laissez sacrifier Maximilien Robespierre. [A'on! non! s"écrient des citoyens des tribunes.) La perte d'un homme n'entraînera pas la perte de la liberté. »
Legendre assure que Robespierre sera justifié; il compare à une goutte d'huile qui nage sur une masse d'eau sans la troubler la promenade des dragons au milieu des citoyens de Paris s'occupant paisiblement de leurs travaux ordinaires.
On fait une collecte pour un citoyen malheureux.
On nomme trois commissaires pour prendre lecture et faire rapport d'un mémoire de Musquinet de la Pagne.
La séance a été levée à dix heures.