‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 123 sur 187 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

P. 2, lignes 0 à 9. A l'analyse que nous avons donnée du discours de Laclos du 1 1 juillet 1791, substituer le texte même de ce discours, que voici :

M. Laclos. — D'après la manière dont la question qui vous occupe a été traitée hier, vous devez vous douter que, na3ant à vous offrir que les mêmes résultats, je n'aurais pas pris la parole, si je n'y venais par des moyens différents. On a beaucoup parlé du roi dans cette question. Les Comités ont agité si on pouvait faire le procès du roi, si on le devait. On a traité à ce sujet l'inviolabilité du roi. Eh bien, messieurs, dans cette question je cherche partout le roi, et je ne trouve point de roi. Je demande à établir trois propositions :

1» Que, depuis le jour où les députés des bailliages se sont constitués en Assemblée nationale, il n'a pas dû exister de roi ; â» que, s'il a existé un roi, il a abdiqué par son mémoire du 21 juin; 3» que, s'il n'a pas abdiqué par son mémoire du 2i juin, il est déchu par sa déclalalion.

Le travail des Comités a été présenté sous ces deux points de vue : quidjwHs, quid utilius. Je ne me refuse point à suivre cette division. Il me semble étrange qu'on demande s'il serait utile de placer à la tête de toutes les forces de l'empire celui qui ne veut pas de la Constitution. Je ne conçois pas sous quel rapport on peut traiter la question de l'utilité. Les puissances étrangères ont aussi leurs conseils qui leur demandent quidjuris, quid utilius, avec cette différence que, dans le conseil des peuples, c'est le quid juris que l'on recherche, et que, dans le conseil des rois, quand ils ont trouvé le quid utilius, le quidjuris ne leur manque jamais. Je serai donc tenté de croire que, puisque les puissances étrangères ne nous ont point encore attaqués, c'est qu'elles ne l'ont point jugé utile; car, sitôt qu'elles le croiront utile, elles le feront, si elles en ont les moyens.

Je ne connais pas de nation en état de faire sur ses propres fonds la guerre à une nation qui peut la soutenir sur ses capitaux. Nous pouvons faire la guerre pendant trois ou quatre ans sur nos capitaux, grâce à la réunion des biens du clergé, et tout le monde sait que maintenant, dans la guerre, l'avantage est toujours à celui à qui il reste le dernier écu.

Jean-Jacques Rousseau nous a dit, dans son Contrat social, qu'en présence de l'assemblée du peuple, le prince n'existait point. Je ne concevrai jamais que l'on puisse nommer un magistrat à une magis-

trature qui n'existe point. Il était donc impossible d'avoir un roi avant que la royauté fût établie. Je vois donc que, depuis la première séance de l'Assemblée nationale, il n'a plus existé de magistrat pouvant se dire premier fonctionnaire public, et que les circonstances seules nous avaient porté à laisser pour agent de la royauté celui qui en était investi. Si l'on veut me nier cette proposition, je dirai qu'il a abdiqué par son mémoire du 21. Le roi dit qu'il a protesté contre tous les actes émanés de lui pendant sa captivité. S'il a protesté contre tous les actes émanés de lui, il a protesté contre ses actes d'acceptation. S'il n'a pas accepté, il n'est pas roi.

Quant à l'inviolabilité, il est clair qu'elle n'entre pas dans mon sujet. Je vois que, dans la déclaration du roi, il dit que c'est lui qui a donné des ordres à M. de Bouille. M. de Bouille vous a-t-il laissé ignorer ses projets ? Il vous a dit qu'il voulait retirer le roi à Montmédy, l'entourer de ses troupes, de sujets fidèles ù lui, et non à la Constitution. Il a donc voulu déclarer la guerre à la Constitution; il est donc déchu, s'il n'est pas démis par sa déclaration. Je crois donc la question beaucoup moins embarrassante qu'elle ne paraît, et que les Comités ne l'ont cru. Je me plais à les croire de très bonne foi ; mais, je le répète, ils ont cherché à prendre des mesures sur la personne du roi, et il n'y en a pas. Qui est-ce qui doit être roi? La Constitution nous le dit : c'est le Dauphin.

P. 35, ligne 31. Ces mois: présidence de M. Bouche, placés par le Journal des Jacobins en tète de la séance du 18 juillet 171)1, et qu'on retrouvera aussi en tète de celle du 20 juillet (p. 44], indiquent seulement que Bouche était encore président de droit de la Société. Mais il n'exerça pas alors cette présideiice, étant passé aux Feuillants.

P. 4o, ligne 18 à 21. A l'analyse du discours que Mcndouze fit aux Feuillants, le 20 juillet 1791, pour les engager à se réunir aux Jacobins, substituer ce discours môme :

Mendouze. — La Société n'examine pas si la démarche peut devenir infructueuse, et si un refus de votre part peut compromettre la dignité que vous lui avez imprimée. Elle obéit à des considérations plus puissantes. L'intérêt de la patrie, raffermissement de la Constitution, le désir de la parfaite union des citoyens, voilà les sentiments qui la conduisent vers vous. Elle ne voit, dans la scission fatale qui s'est opérée, qu'un triomphe complet pour nos ennemis et des maux incalculables pour nous. Elle en est profondément affligée; elle veut les prévenir. Si, pour y réussir, elle est disposée à tous les sacrifices, quels qu'ils puissent âtre, elle aime à penser qu'aucun de vous

n'osera se défendre de concourir par les mêmes moyens à remplir ce devoir tout à la fois si impérieux et si doux. On applaudit.)

La Société des Jacobins, intimement convaincue de trouver en vous ces heureuses dispusitions, nous charge de vous inviter à vous rendr? à la salle de ses séances, qui ne peut et ne doit jamais cesser d"ètre la vôtre. Vous y trouverez des frères et des amis, qui n'ont pas oublié qu'une partie des fondateurs de leur Société est parmi vous, et que des droits incontestables les rappellent dans son sein. Avant votre séparation, ils avaient décidé la réforme de leur régime; ils persistent dans leur projet, et vous attendent pour y travailler avec eux. Pour y parvenir avec ellicacité. voici ce qu'ils proposent :

1° La Société des Feuillants sera invitée à venir reprendre aux Jacobins le lieu de ses séances.

2° Immédiatement après son arrivée, il sera nommé trente commissaires, dont quinze seront pris dans les députés à l'Assemblée nationale, et quinze dans ceux qui ne le sont pas.

3** Les quinze commissaires de l'Assemblée nationale seront choisis par les memiires de la Société qui ne sont pas députés, et les quinze commissaires qui ne doivent pas être pris parmi les députés seront choisis par ces derniers, à moins qu'il ne soit préféré par vous que chacun nomme de son coté.

\° Cette nomination faite, il sera domié pouvoir à ces trente commissaires de former prèliminairenient un principe de Société avec les citoyens qu'ils en croiront les plus dignes, en leur écrivant à chacun une lettre pour la prochaine séance, et ce sera dans cette séance que seraient discutés les moyens de cette nouvelle présentation. Pour cet effet, toutes les entrées, à commencer du jour le plus prochain, seront supprimées, et tous ceux qui ont renouvelé leur carte pour le trimestre courant, et qui ne seraient ni rappelés ni admis, auront le droit de leprendre le prix de leur souscription, et le trésorier sera autori-é à le leur rendre.

ri'> Ce< trente commissaires formeront le nouveau Comité de présentation, et seront chargés de faire un nouveau règlement. [Applaudissetnenls réitérés.)

Le plus pnjfund silence a été ob>ervé pendant ci,tte lecture. M. (ioupil, qui présidait cette Société, a ra|)[>elé dans sa réponse l'origine et le but de cette Société; il a |)arlé de la distance qui l'éloignait aujourd'hui de celte scnirce i)ure, et a fini par diie que, la Société n'étant pa^^ assez nombreuse en ce nKunent poiu" délibérer sur un objet aus-i important, elle* prendrait en considération, dans la pro-

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chaîne ?éancc, la demande qui lui en était faite, et lerait parvenir sa réponse à la Société séante aux Jacobins.

P. 47, lignes i',i h iH. Ajouter ceci :

Bouche avait envoyé, le 21 juillet l"9i, au Moniteur, une lettre ainsi conçue :

« Au rédacteur.

« Il vient, Monsieur, de me tomber sous la main un imprimé intitulé : Société des Amis delà Constitution de Paris, séante aux Jacobins, rue Saint-Honoré, Pains, il juillet 1791, commençant par ces mots : Frères et amis, et finissant par ceux-ci : Autorisés par la loi. Cet imprimé, qui ne contient qu'une page, au haut de laquelle est un lleuron, dans le centre duquel on lit ces mots : Vivre libre ou mourir, et à l'entour duquel est cette inscription : Société des Amis de la Constitution, est terminé ainsi : Signé: Bouche, président '.

« Je déclare que je n'ai point assisté à cette prétendue déclaration ou lettre du 17 juillet, ni à aucune subséquente; que je n'ai rien signé de pareil ; que ma signature, apposée comme caution au bas de cet imprimé, est un faux des plus révoltants, dont je poursuivrai les auteurs, si je puis les connaître ; que j'ai l'honneur d'être président de la Société des* Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, rue Sainte-Honoré, et que je ne le suis d'aucune autre. Les vrais amis de de la Constitution ne sont point des faussaires. Ceux qui ont écrit ou fait imprimer mon nom au bas de celte prétendue déclaration ou lettre sont des faussaires insolents, qu'on doit signaler comme de véritables ennemis de la Constitution.

« Je vous prie, Monsieur, d'insérer dans votre journal, le désaveu de cet imprimé, dans la partie qui me concerne, afin que toutes les Sociétés des Amis de la Constitution du royaume et les bons citoyens sachent qu'on cherche à les surprendre pour les égarer.

« Bouche, membre de l'Assemblée nationale et président de la Société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillants.

« l*aris, 21 juillet. »

Le Moniteur et d'autres journaux publièrent cette réponse :

« Monsieur,

« M. Bouche a fait insérer dans votre feuille une réclamation très amère, à l'occasion de son nom et de celui de MM. Salle et Anthoine,

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