‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 124 sur 187 · Nous avons donné cet arrêté t. IV, p · texte numérisé non relu

Nous avons donné cet arrêté t. IV, p

qui se trouvent au bas d'un arrêté de la Société, en date du 17 de ce mois.

« Il s'est cru permis de traiter de faux matériel cet usagée de son nom, et de qualifier de faussaires insolents ceux qui se le sont permis.

« Il déclare en même temps qu'il n'est président d'aucune autre Société que la Société des Amis.de la Constitution, séante aux Feuillants, dont MM. Salle et Anthoine se trouvent secrétaires.

« Nous devons mettre le public à portée d'apprécier la justesse, la véracité et surtout la modération des reproches de M. Bouche. Nous ne nous en permettrons aucun contre lui , dans le moment où nous sommes disposés à faire les plus grands sacrifices pour réunir la Société divisée; nous ne dirons que le fait justificatif, sans aucune restriction.

« M. Bouche a été élu, le 1''' juillet, président de la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins ; MM. Salle et Anthoine ont été élus secrétaires à la même époque.

« M. Bouche présida le mercredi 13; le vendredi 15, il ne vint point à la Société. M. Anthoine prit le fauteuil. Le dimanche 17, MM. Salle, Bouche et Anthoine étant absents, un autre secrétaire les remplaça.

« L'usage de la Société est de mettre au bas de ses arrêtés le nom du président et des secrétaires du mois. Cet usage a été invariablement observé jusqu'ici. (11 est d'ailleurs consacré par un arrêté de la Société, pris sous la présidence de M. Voidel.)

« Nous étions avertis, il est vrai, qu'une partie des députés de l'Assemblée nationale s'étaient réunis aux Feuillants et voulaient y former une autre Société des Amis de la Constitution ; mais nous ne l'étions point que MM. Bouche, Salle et Anthoine eussent transféré l'exercice de leurs fonctions aux Feuillants. S'ils avaient cru devoir à des frères et à des amis, qu'ils abandonnaient, assez d'égards pour les prévenir de leur retraite, assurément la Société n'eût pas fait l'inconséquence d'employer leurs noms au bas de son arrêté, et elle regrette très sincèrement cette méprise, qui méritait d'autant moins une sortie aussi vive de la part de M. Bouche, qu'il ne tenait qu'à lui de la prévenir, en signifiant sa translation à la nouvelle Société des Feuillants.

« Un fait qui vient encore à l'appui de cette explication est que le 17 au matin, date de l'arrêté, M. Bouche a envoyé au trésorier de la Société (M. Desfieux) 200 cartes signées de lui pour le renouvellement du trimestre.

« L.-V. DuFOURNY, président par intérim ; Régnier, neveu, L. Parociiel, secrétaires. »

1*. yo, ligne 17. Au lieu de : « Le secrétaire craint qu'on n'interrompe la correspondance » ; lire : « Le secrétaire craint qu'on n'intercepte la correspondance.

P. 71, lignes 14 à 16. Le paragraphe : « M. Anthoine donne des explications, etc. » ; aurait dû être imprimé en petits caractères. C'est la suite de l'analyse qui le précède immédiatement.

P. 102, note 1. Voici le texte de l'adresse dont cette note ne donne que le titre :

Adresse de la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins DE Paris, aux Sociétés affiliées

Paris, 27 août 1791, l'an 3« de la Liberté.

Frères et amis,

Nous devions aux intérêts de la patrie, et aux vœux de toutes les Sociétés affiliées, de tenter de nouveaux efforts pour faire cesser enfin un schisme si funeste à la chose publique ; nous devons aux témoignages d'attachement que nous avons reçus de vous, frères et amis, le compte fidèle des démarches ultérieures que nous avons faites pour la réunion.

Le 14 de ce mois, nous avons pris un arrêté portant que tous les membres de l'Assemblée nationale précédemment inscrits sur les registres de la Société pourraient rentrer dans son sein sans aucune formalité. Cet arrêté a été suivi d'une lettre d'invitation que nous avons adressée à chacun d'eux en particulier.

Le succès de cette mesure partielle, qui, dans les différentes séances qui l'ont suivie, nous a ramené un grand nombre de députés, nous a encouragés à faire encore une tentative auprès de la Société des Feuillants en général.

Le 22 de ce mois, nous lui avons envoyé une nouvelle députation composée de douze membres ; ils étaient porteurs de l'invitation et de l'arrêté ci-joint.

Ces commissaires nous ont rapporté qu'il leur avait été répondu que l'on discuterait nos propositions sans désemparer, et qu'on nous instruirait, dans la même soirée, par une députation, du parti qui serait pris.

Impatients de recevoir cette réponse, nous avons prolongé notre séance beaucoup plus tard qu'à l'ordinaire, et nous ne nous sommes séparés qu'après avoir été instruits que la Société des Feuillants s'était séparée elle-même.

Nous n'avons point encore reçu, frères et amis, de réponse offi-

cielle ; mais nous avons appris, et par les journaux et par plusieurs députés rentrés parmi nous le lendemain, que, malgré leurs réclamations, la discussion sur nos propositions avait été ajournée à quinzaine, c'est-à-dire à la nouvelle législature, et dans quel moment encore ! Dans le moment où la patrie en danger appelle les efforts réunis de ses enfants.

Frères et amis, nous nous interdirons toutes rétlexions sur l'incivisme de cet ajournement ; c'est à vous à juger et à prononcer.

Nous sommes, etc.

Signé : Petion, président ; Royer, évèque ; Gorroller; RÉGNIER, neveu ; Dufourxy, Mendolze, Sergent, secrétaires.

P. S. — Les circonstances ayant changé, vous pouvez nous adresser vos lettres, comme ci-devant, à la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins-Saint-Honoré , à Paris ; elles nous parviendront exactement.

Copie de la lettre et de l'arrêté envoyés a la Société des Feuillants par la Société des Jacobins, le 22 août 1791.

Frères et amis,

La patrie est en danger; le salut public nous rappelle au sein de la Société-mère ; toutes les Sociétés du royaume vous y invitent, et vos frères vous attendent.

Voici l'arrêté que la Société a pris pour accélérer cette réunion :

« Les députés à l'Assemblée nationale et membres des Jacobins, et maintenant séants aux Feuillants, sont invités à rentrer au sein de la Société-mère; ils n'auront besoin, pour y être admis, d'autre titre que celui de membre de la Société.

« Quant aux membres des Jacobins, non députés à l'Assemblée nationale, et maintenant séants aux Feuillants, ils seront réadmis après s'être conformés, comme tous les membres de la Société l'ont fait, à l'arrêté pris par elle le 25 juillet dernier, qui assujettit tous les membres qui désirent continuer d'en faire partie à en signer la déclaration et à se soumettre à un scrutin épuratoire. »

P. 171, à la fin de la séance du 7 octobre, ajouter que la Jîécolution française, revue historU/ue, a donné (t. I, p. W) les notes que Camille Desmoulins, secrétaire, avait prises pour la rédaction du procès-verbal de cette séance. Ces notes, qu'on va lire, sont précédées de ravortissemcnt suivant : " Tout ce qui touche à l'iiistoirc de la Révolution a une réelle importance ; il n'est si petit document qui ne doive èlre recueilli avec soin. Mais quand, au lieu de quelques lignes, nous sommes en présence d'un texte d'une étendue

iclativeniont considérable; quand ce texte est inédit; (jnand il oiïre cet intérêt d'émaner d'un liommc (jui a, il le dit lui-iuème, écrit son nom en grandes lettres dans riiistoire nationale; quand enfin il concerne un club puissant comme celui des Jacobins, l'amateur qui le possède dans sa collection doit Je i)ul)lier, et ne pas le garder pour lui seul. Je profite donc de rhosjjilalilé qui m'est gracieusement olVertc, mais pour céder la place à Camille Desmoulins. Le célèbre écrivain jjicard fut, en elTet, secrétaire des Jacobins, et en cette qualité il a pris des notes pour rédiger les procès-verbaux des séances. C'est un fragment de ces notes que je m'empresse de mettre sous les yeux du lecteur. Inutile de dire qu'elles sont prises, à la hâte, ])eu lisibles et pleines de ratures. A de nombreuses reprises, Camille Desmoulins a ell'acé d'un trait les mots qu'il venait d'écrire et donné à sa pensée une forme nouvelle. Chaque fois que le changement a quelque importance, je l'indique en rétablissant dans un renvoi au bas de la page le texte primitif. Les personnages mis en scène par Camille Desmoulins : Dusault, Rcederer, Philidor (l'auteur d'Ernelinde), Thuriot, et autres républicains célèbres, sont trop connus pour «|u'il soit nécessaire de rai)peler leur rôle dans l'histoire de la Révolution. Quant à leur attitude dans la séance du 7 octobre 1791, elle est nettement définie dans les pages qui suivent. — Ceorges Lecoq. »

PrOCÈS-VERB.\L de la séance du 7 OCTOBRE 1791.

Admission de MM. Dusault (Jiivénal) et Philidor (Ernelinde).

Lecture du procès-verbal de la séance du 5.

Lecture des extraits de la correspondance, qui annonce de tous côtés l'émigration du ban et de l'arrière-ban, depuis que feu l'Assemblée nationale a couronné ses ti^avaux, pour raffermissement de la Constitution, par le décret qui a laissé à tous les mécontents la liberté d'aller rejoindre l'armée des conjurés contre la Constitution, et depuis qu'elle a purgé tous nos grands chemins infestés de municipaux, en défendant à ceux-ci de demander des passeports, même à la baronne de Goltz.

La Société de Cette écrit que, du seul département de l'Hérault, il est parti près de deux mille officiers déserteurs, qui ont pris la route de Paris, à tout le moins, pour grossir de leur opinion, autour de la nouvelle législature, le bourdonnement de l'opinion publique.

C^n député est monté ensuite à la tribune; il a exprimé de nouveau le vœu que ses .collègues réunis aux Jacobins se concertent pour déjouer, a-t-il dit, le parti ministériel déjà fortement prononcé dans ^a nouvelle législature, et qui est tellement sûr de sa majorité qu'il s'en targuait hautement. 11 a rappelé le mot indiscret, échappé à un député de Paris, M. Hérault de Séchelles, à la séance du G : « Nous l'emporterons, la partie est trop bien liée. » Il a dénoncé que celte pa rtie avait été si bien liée, la nuit du 3 au 4, dans une maison qui

paraît avoir un mur mitoyeu entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Il a parlé d'une méprise de plusieurs de ses collègues qui, le prenant pour un Feuillant, lui avaient dit tous, en d'autres termes, la même chose que M. Hérault : « Nous sommes les plus nombreux, nous serons les plus forts. »

Il a ajouté, pour montrer la coalition, que tout le monde avait pu remarquer, dans les dernières séances, les chuchotements, les gestes, les signaux et maintes évolutions des tacticiens de la défunte Assemblée. Il n'a pas craint, en courageux représentant du peuple, de nommer les sieurs Chapelier, Dandré, Barnave, Beaumetz, qui ne se tenaient point pour morts et, de leurs tribunes qu'ils ne désemparaient point, faisaient encore le sergent de bataille.

M. Thuriot de la liosière, après avoir certifié la vérité de tous ces faits, enchérissant sur l'idée du préopinant, demande l'impression de la liste de tous les députés jacobins et l'envoi aux Sociétés afTiUées. «Il manque ici, dit-il, beaucoup de nos collègues qui, portés à la législature par la recommandation et presque sur la présentation des Sociétés affiliées, ne devraient point sitôt jeter l'orange après l'avoir sucée'. »

Cette mesure de rigueur a été combattue par .M. Droussault {sic), qui a dit avoir connaissance que beaucoup des honorables membres n'étaient en demeure de se rendre aux Jacobins que parce qu'ils arrivaient d'hier ou même n'étaient pas encore arrivés. Il a conclu à l'ajournement.

-V. Radecco (sic) a également combattu le compelle intrare proposé par -V. Thuriot, contraire aux principes de la Société qui a coutume de faire du scrutin épuratoiro dans son sein, et non du recrutement à la porte des Feuillants. Si la presse pense donner de bons matelots, cette presse de Jacobins donnerait de forts mauvais membres à la Société. D'ailleurs il va l'exemple immortel du 17 juillet, où, quoiqu'il restât si peu de députés aux Jacobins, les Sociétés affiliées n'en déclarèrent pas moins que les patriotes devaient être là où étaient restés Petion et Robespierre.

M. liœdet'er, en appuyant l'ajournement, qui a été arrêté, a dit qu'il existait un complot ' d'avilir l'Assemblée nationale, qu'on avait pu le voir par maint écrit ^ multiplié dans l'esprit de la diffamer d'avance ; que les rues étaient tapissées d'affiches où on la dénonçait au peuple comme trop mêlée de républicains, de factieux ; que, selon tous ces

1. Vnriante : Devraient t'tre plus fidèle.s à la Société-mère.

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