Voir plus liant, p
hommes de bien se rallient, que des représentants purs se détachent de ces cinq ou six êtres turbulents, et que, dés ce jour, ils décrivent la ligne de démarcation entre eux et les méchants.
Je passe à un fait important et qui coïncide parfaitement avec les trames de nos ennemis. Depuis longtemps l'on dégarnit Paris de ses hommes, de ses armes et de ses munitions ; jhonore l'établissement de la plaine des Sablons, quoique je n'en conçoive pas trop les motifs ; car il paraît extraordinaire que l'on veuille former trois mille élèves, pour défendre une République qui a besoin de douze cent mille combattants. Je crois que les jeunes gens venus de toutes les parliesdela République se rendront dignes des soins que l'on prendra pour eux et des grands exemples que leur donnent tous les jours les héros qui combattent et meurent pour la patrie.
Mais pourquoi envoie-t-on à trois mille jeunes gens une grande quantité de pièces de canon de gros calibre? Pourquoi est-il parti, il y a huit jours, des canonniers de Paris, de ces bons et intrépides défenseurs de la patrie, qui n'ont jamais calculé les dangers, et qui n'ont vu que le bien de leur pays?
Sijas interrompt, en annonçant que demain il en partira encore quatre mille.
« Par quelle singularité, continue Voraleur, se fait-il que chaque jour, on se dispose à en faire partir de nouveaux ? Paris est la place forte, la citadelle commune que les ennemis du peuple cherchent à conquérir; les patriotes doivent être sensiblement affectés de voir qu'on la dégarnisse ainsi de tout ce qui peut la défendre. Ce n'est pas que j'aie conçu aucune alarme; je sais que Paris, qui a si souvent bien mérité de la patrie, ne doit pas craindre un mouvement ; mais les précautions sont fdles de la prudence ; il faut que Paris soit toujours sur un pied imposant, et qu'à ce seul nom tous les tyrans tremblent.
« On assure que c'est par le fait d'un commissaire de l'organisation et du mouvement des armées, qui trompe le gouvernement, que ces choses se passent ; je demande que le Comité de salut public en soit averti à l'instant par la députation que vous avez déjà nommée ; c'est là où tous les bons citoyens doivent aller déposer leurs inquiétudes ; le Comité s'empressera de les calmer. Mais que les Jacobins n'oublient pas, de leur coté, qu'ils sont aussi les sentinelles de la liberté. Veillons, citoyens, veillons, car nos ennemis ne dorment jamais ; sauvons la vertu , que l'on veut étouffer, si nous voulons sauver la patrie.
Le Bas instruit la Société que l'esprit public est excellent dans
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l'école de Mars, et que les jeunes gens ne professent que des sentiments de courage et de vertu.
Un membre fait part que, tout ce matin, chez le commissaire des mouvements des armées de terre, il a eu dans ses mains la liste des canonniers qui doivent partir de Paris. II dénonce aussi d'autres faits à la charge de ce commissaire, nommé Pile.
CoM/Aon demande que la députation qui doit aller au Comité de salut public et à la Convention soit chargée de dénoncer ce commissaire '. [Adopté.)
Dumas prend la parole pour faire connaître le nommé Magenlhies. Il annonce que cet homme importune depuis longtemps la Convention et les Jacobins par ses pétitions, qui ont pour but de réclamer 6 ou 8 millions qui lui sont dus, à ce qu'il prétend, par le conspirateur Magon La Balue *, dont la tête est tombée sous le glaive de la loi. Il déclare que, si Magenthies a fourni cette somme au conspirateur La Balue, il est complice des crimes de cet agent des émigrés ; que si, au contraire, il ne l'a pas fournie, il doit être puni comme un voleur public qui cherche à ravir les fonds de la nation. 11 conclut ensuite que Magenthies doit avoir de mauvaises intentions en faisant la pétition qu'il a distribuée^ et qui contient les principes les plus pernicieux *.
lientabole déclare que cet homme a fatigué les Assemblées constituante, législative et conventionnelle de ses réclamations, dans lesquelles on n'a jamais aperça que la plus grande injustice ; il demande que l'on s'empresse de l'arrêter.
Un membre fait part que le dénoncé a présenté plus de 50 pétitions in-folio à l'Assemblée constituante. Il disait que le gouvernement autrichien lui avait enlevé 6 à 8 millions, et que c'était au gouvernement français à l'indemniser. Ensuite il prétendit que c'était Magon La Balue qui avait touché cette somme qu'il réclamait. Il eut avec ce dernier des contestations qui ne laissaient aucune preuve en faveur de Magenthies. Le même membre annonce ensuite que ce Magenlhies disait qu'il n'avait pas le sol; et cependant il a fait imprimer pour plus de 100,000 livres de pétitions.
Un député de la Société populaire de Boulogne-sur-Mer vient se plaindre de ce que cette commune est regardée comme un second
\. Cette pétition fut présentée à la Convention au nom de la Société des Jacobins, le 7 thermidor. Nous la donnons à la suite de cette séance.
•2. Voir plus haut, t. II, p. 347.
3. Magenthies demandait à la Convention que le blasphème fût puni de mort. — Cf. F.-A. Aulard, Le culte de la Raison, p. 361.
Coblenlz. Il proteste que, quoiqu'elle ait eu clans son sein tous les genres d'aristocratie, elle n'est composée que de patriotes purs, tous disposés à faire les plus grands sacrifices. Il annonce que sa Société a arrêté quelle enverrait une députation pour rendre hommage au patriotisme du représentant du peuple Joseph Le Bon.
Quelques doutes s'étant élevés sur le patriotisme de la commune de Boulogne, Deschamps, nouvellement arrivé de ce pays, fait part que les aristocrates y sont tous renfermés, et que les autorités constituées ne sont plus composées que de sans-culottes.
Une citoyenne de la section des Gravilliers présente cinq pères de famille, qui viennent d'obtenir la liberté qu'ils n'avaient perdue que par une intrigue. Elle déclare que Léonard Bourdon et plusieurs autres individus sont la cause de cette persécution, qui a son principe dans une Société sectionnaire, dite du Vert-Bois. Elle donne des éloges à la conduite de Javogues, qui a mis tout son zèle à procurer la liberté à ces malheureux, et à la justice du Comité de sûreté générale, qui a reconnu l'innocence. Elle demande des défenseurs officieux pour faire sortir un grand nombre de pères de famille qui sont encore en prison.
Léonard Bourdon déclare qu'il n'a pas voulu se mêler de l'affaire des citoyens dont on vient de parler, parce qu'il ne la connaissait pas. Quant à la Société du Vert-Bois., il prétend qu'elle n'est pas sectionnaire, et qu'elle est composée de patriotes purs, qui se sépareront, si les Jacobins le désirent.
Javogues se plaint de ce que l'on voit accoler les bons patriotes aux aristocrates ; c'est ainsi que, dans ,1a section des Gravilliers, on a regardé comme partisans de Jacques Roux les meilleurs sansculottes ; il annonce que l'on exerce dans les départements les persécutions les plus cruelles, et que 20,000 patriotes sont incarcérés, sous prétexte qu'ils sont hébertisles ; il annonce aussi que, dans la seule commune du district de Villefranche, qui n'a jamais participé au fédéralisme, 300 patriotes sont en fuite. Après avoir fait observer qu'il faut nécessairement détruire le règne des fripons, il demande des défenseurs officieux pour la citoyenne qui a parlé.
Dumas présente des observations sur le système d'indulgence employé par nos ennemis, et qui tend à opprimer les patriotes, pendant que d'un autre côté on cherche à procurer l'impunité aux conspirateurs ; il termine en appuyant la demande en [sic) défenseurs officieux.
, Après quelques débats, pendant lesquels la Société du Vert-Bois est dénoncée pour avoir été dirigée par Hébert et ses partisans, les Tome VI. 16
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défenseurs officieux sont accordés aux citoyens réclamants de la seclion des Gravilliers, ainsi qu'à deux citoyennes de la section des Lombards, qui réclament également la liberté de leurs maris.
Séance levée.