‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 33 sur 187 · il · texte numérisé non relu

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avait iHé iiré-enié au Trilninal l'éviilutionnain' [lar son miclf Xdllin. rmiiliiyt- au nii'Mne triliuiial : ce Nûlliu o~l niaiatfnant en arrêtât iun.

Api''''-; nuclqiii'< débats, la pi-npd^itinn de Roliospicrre jeuin' r^i aiUi[4iN'.

Li' l'ili^iycn ("Hiuillard o>l admis. Les l'ittivcus Muulins, Luttin et Ouiii.-iull siiiit éi:alenieut adirii-.

/'il rliniji:-,} du dcparirt/ic/tt duJur'i fait looture d'uni' [u'ailiun 'lu'il 'Idit [M''''<rnter à la Convi'ntiun. et d.iM> laquelle il 'li'ih'nce !'• ii'présentanl du peuide Prnsi^ pour avnii- eoniniis des vex;diMn~ ( t de>

pi'l'-iM'Utinns.

|{eiBi:spiEHHi:. — Je ne pi^'ti.'nds pas prnnoneer aucune o[iiuii»n -ur cette aftaire, [uai'ce '|ue je ne la conuais pas assrz ; mai> ^:>^ <[iu \'w\\[ d'être dit donne lieu à des rtdlexions IVicheuses, que .]<■ ne ~aui'ais m'-'inpi'cher de vnu- communiquer.

L'U'S(pie j'ai pris à cette Irihune la parnle ciuitr'' ceux qui ciiri-rheiit a t'tiuillV'i' l.'s plainttjs de rinnocence et du iiatrioti-ni-i' "pja'irni'S. j^' m'attendais que l'nn al.ius'^rait de mes l'cclamatious. el ipie c-'iix qui les avaient rendues néC''ssaires clierclu.u'aii.'nt à les faire t'Uirnei' au profit de l'ur p'^rversité- : ceci s'appliqua nidijuiunent à la'ux ipji veulent sdi;lentit]''r à la (".'Uivcntion et la remplir de bnirs lin>|u'''s inqui'i'tudi.'S , [lour couspii'i^r impuni-ment contre idle. Ceux-là voudraient voir pro li;j;U''i' des dénonciati'm- hasardées Ciinfri.' les leprésentants du piMqdi.' exi'nqils de l'eiu'oclies. ou qui n'ont failli que par erreur, ['ijur d'jnner de la Ciiuisistance à leur sy^t'une de ti-rii'ur.

Jf -iiis l'iin d'imimtcr uni' intention parrdlle aux filnvriis qui vii'iuii'id. 'il' parler et «l-.' cr'.iii'i' que leui's plaintes s,uen| -ans f,,ndeni'-iit : j'ai mi'm'' lieu de pien-er que ces contre-révoluti'nniaii'es liyporriti> ont pu trom[iei' la reli,L;aiia du re[ii'ésentaut du peuple, et o[ipriini'i' l'/s Iji ms ciloyeiis. (".'est une injustice que le ti-ijuvei-niMuenl aura à ré'pai'er : mais je dis ipi'.' le citoyen J*ro<t ne poide j)a~ le cal'aetéiT d'un r'in-i>irateur et d'un chef de parti.

liien n'est plus l'aeile ipie de' l'iuidre 'pistice à des l'ilnyi'U- qiu ont d''- n''i'!aiiialiiuis à faire, sans ti'uuver des coupaMes dans les re|iré- -eiil;inl-. qui n'iiiit été' que' trompés. Il faut <aviiir dis|inL;U''r le- me- -ur'--- dii'li'i'- dans un moun'nt d'i/rrenr de (adh's qui oïd é'te rnt'ditées par une maliee profonde.

Loin de v'iuli lii' i'epou = ser par ees réilexions les pilainte'S des pati'i'de- op])iiini'-. j'ai voulu seuleuieid appi'Ier leui' attention -ur le? pré'c Mitions que li'ui' impo<.' quelquefois la mé'i'liancidi' de leurs ennemis. r;t'ux-ci voudraii'nt voir accuser \r< liomnies purs, ,ui didioncer

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sans mesure l'erreui* comme le crime même, pour accréditer par là ce principe affreux et tyrannique, inventé par les coupables, que dénoncer un représentant infidèle, c'est conspirer contre la représentation nationale.

Vous voyez entre quels écueils leur perfidie nous force à marcher ; mais nous éviterons le naufrage. La Convention est pure, en général ; elle est au-dessus de la crainte, comme du crime. Elle n'a rien de commun avec une poignée de conjurés. Pour moi, quoi qu'il puisse arriver, je déclare aux contre -révolutionnaires qui ne veulent chercher leur salut que dans la ruine de la patrie qu'en dépit de toutes les trames dirigées contre moi, je continuerai de démasquer les traîtres et de défendre les opprimés.

La dénonciation faite contre Prost est renvoyée au Comité de ^alut public.

Dumas prend la parole pour donner des éclaircissements sur les persécutions exercées contre les patriotes du département du Jura. Il instruit la Société qu'il y a dans Paris quatre scélérats qui sont les auteurs des arrestations les plus arbitraires. Quinze pères de famille, tous excellents sans-culottes, gémissent dans les prisons en vertu de fausses dénonciations. 11 annonce qu'il y a un système d'oppression qui a écrasé les patriotes et les a plongés dans les cachots, oîi ils ont été chargés de fer de la pesanteur de dix-huit livres. Les intrigants qui aujourd'hui mettent ce système à exécution étaient autrefois les amis des contre-révolutionnaires ; ils ont pris des arrêtés portant défense d'arrêter des individus que la Convention avait mis hors la loi. — Après quelques observations, Dumas nomme les quatre individus qu'il dénonce ; ils ont trouvé le moyen d'obtenir des emplois auprès du Comité de sûreté générale. L'un est le nommé Loschet, secrétaire de ce Comité, intrigant, ambitieux, fourbe. Il est allé à Lons-le-Saunier, où il a proposé l'élargissement de plusieurs fédéralistes incarcérés^ et il a cherché à atténuer les dénonciations portées contre eux.

Le second est Génisset, chef de bureau, hypocrite, adroit, parent d'hommes mis hors la loi, et dénoncé pour s'être transporté à Lonsle-Saunier, et y avoir incarcéré les huit meilleurs patriotes, dissout le Comité de surveillance et menacé la Société populaire du même sort.

Le troisième est Josbin, aristocrate de première création, et qui se serait cru déshonoré que de ne pas être reconnu pour tel ; cet homme était d'une insolence extrême dans le temps du fédéralisme.

Le quatrième est Degiii ; il est dénoncé comme un déserteur, et pour avoir montré la plus grande impudence dans le temps du fédéralisme.

Dumas déclare que ces quatre individus sont le foyer d'oppression des patriotes du Jura ; ce sont eux qui ont fait incarcérer les quinze pères de famille qui sont à Paris. Trois de ces malheureux ayant été traduits au Tribunal révolutionnaire, l'accusateur public fît assigner le maire et le secrétaire-général de la Commune, pour déposer sur les faits publics et notoires. Quand on a su qu'ils étaient arrivés, on les a dénoncés comme des hébertistes. Les quatre employés au Comité de sûreté générale ont surpris un arrêté qui ordonnait que les trois accusés ne seraient pas traduits au Tribunal jusqu'à nouvel ordre. L'orateur déclare qu'ils voulaient avoir le temps d'inventer de nouvelles manœuvres pour perdre ces trois malheureux.

Leurs lâches dénonciateurs craignaient que la vérité ne vint à percer, et que les dénoncés ne parvinssent à faire reconnaître leur innocence. Ces citoyens ne sont accusés que d'avoir fait des dénonciations très justes; on a fait entendre des aristocrates et des parents d'émigrés pour les perdre.

1^ Dumas termine en demandant que les commissaires soient nommés pour inviter le Comité de salut public à s'occuper de la situation du Jura et des patriotes de Dôle, et à rendre à ces derniers la tranquillité. {Adopté.)

Le scrutin donne à la Société pour président Éiie Lacoste, député.

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDENCE d'ElIE LACOSTE

L'épouse du citoyen Nollin, détenu, écrit à la Société pour lui demander des défenseurs officieux en faveur de son mari, qu'elle prétend innocent.

Robespierre aîné s'oppose à ce que les défenseurs soient accordés et, sans vouloir juger Nollin, il ne voit dans la demande que l'on

1. Le compte rendu de cette séance est identique dans le Moniteur et dans le Journal de la Montagne.

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fait à la Société qu'un piège dont elle doit savoir se garantir, en passant à l'ordre du jour sur cet objet. — L'ordre du jour est adopté.

Un citoyen de Tours se plaint, au nom des patriotes de ce département, des persécutions dont ils sont victimes, et demande aussi des défenseurs.

Un autre citoyen de la même commune appuie la demande ; il déclare que la calomnie, l'oppression et l'incarcération des patriotes y sont à l'ordre du jour. Il dénonce le nommé Sénar, envoyé par le Comité de sûreté générale, et actuellement encore agent national de Tours, pour être le persécuteur de l'innocence et de la vertu ; il assure que cet homme a commis plus de vingt crimes contre le peuple, et qu'il a dit, en montrant le signe sacré de la liberté, que c'était le signal de carnage.

CouTHON. — Les préopinants vous dénoncent des persécutions exercées contre des patriotes connus depuis 1789 ; ils vous demandent ensuite des défenseurs officieux; j'appuie de tout mon pouvoir cette proposition, mais je me crois obligé de vous en faire une autre. Ces citoyens ont ajouté que l'auteur de ces persécutions était un nommé Sénar, agent national de la commune de Tours. S'il est vrai que ce fonctionnaire public ait opprimé le patriotisme, il doit être sévèrement puni. Je demande donc que la dénonciation soit portée au gouvernement. Il existe bien évidemment un système affreux de tuer la liberté par le crime. La Convention a écrasé la faction des Hébertistes, dont ce système était l'ouvrage. Les scélérats ont beau se masquer, ils sont connus, et point de doute dès Iofs qu'ils ne subissent le juste sort qu'ils méritent; car il faut qu'il ne reste aucune trace de faction et de crime en quelque lieu que ce soit.

Quand je dis qu'il faut poursuivre les fripons selon la volonté du peuple, quelque part qu'ils se trouvent, qu'on ne me fasse pas dire, comme on l'a déjà fait, que c'est la représentation nationale que je veux entamer. Personne plus que nous ne respecte et n'honore la Convention. Nous sommes tous disposés à verser mille fois notre sang pour elle. Nous honorons par dessus tout la justice et la vertu; et je déclare pour mon compte qu'il n'est aucune puissance humaine qui puisse m'imposer silence toutes les fois que je verrai la justice et la vertu outragées.

Citoyens, défiez-vous de ce système, qui tend à déshonorer le peuple français. Songez que, si nous faisions un pas rétrograde sur le décret consolant qui met la probité et la justice à l'ordre du jour, les scélérats mettraient à profit ce moment d'oubli pour perdre à l'instant la liberté.

J'ai un avis à donner aux bons citoyens : que chacun d'eux surveille, poursuive, dénonce et traduise devant le magistrat les conspirateurs, les traîtres, les fripons, sous quelque masque imposteur qu'ils se cachent. C'est un devoir sacré que tout bon citoyen doit s'empresser de remplir.

C'est avec cette surveillance, citoyens, que nous parviendrons à exterminer tous nos ennemis et à consolider la République.

Robespierre jeune. — Les réclamations que vous venez d'entendre ne sont que la plus petite partie des maux qui affligent les patriotes. Il existe un système universel d'oppression ; ce système domine surtout dans les départements qui ont eu la vertu de résister aux crimes des fédéralistes, et ils sont plus tourmentés que ceux qui ont été le foyer de la contre-révolution. Je m'interroge moi-même, et je juge de la situation des patriotes. J'éprouve qu'il faut du courage pour dire la vérité : donc il y a oppression. Tout est confondu par la calomnie. On espère faire suspecter tous les amis de la liberté; on a l'impudence de dire, dans le département du Pas-de-Calais, qui méritait d'être plus tranquille, que je suis en arrestation comme modéré. Eh bien ! oui, je suis modéré, si l'on entend par ce mot un citoyen qui ne se contente pas de la proclamation des principes de la morale et de la justice, mais qui veut leur application, si l'on entend un homme qui sauve l'innocence opprimée aux dépens de sa réputation. Oui, je suis modéré en ce sens ; je l'étais encore, lorsque j'ai déclaré que le gouvernement révolutionnaire devait être comme la foudre, qu'il devait en un instant écraser tous les conspirateurs, mais qu'il fallait prendre garde que cette institution terrible ne devînt un instrument de contre-révolution par la malveillance qui voudrait en abuser, et qui en abuserait au point que tous les citoyens s'en croiraient menacés; extrémité cruelle, qui ne manquerait pas de réduire au silence tous les amis de la liberté qui voudraient dévoiler les mouvements et les crintes des conjurés.

Je provoque donc en cet instant le courage de tout républicain prêt à affronter la mort pour sa patrie ; qu'on sache que ce n'est pas en sauvant un individu qu'on l'a sauvée, c'est en coupant le mal jusque dans sa racine, et en frappant jusqu'aux autorités qui abuseraient' de leur pouvoir pour écraser le peuple qu'elles doivent défendre.

CouTUON. — J'invite mes collègues à présenter leurs réflexions à la Convention nationale. Elle est pure, elle ne se laissera point subjuguer par quatre ou cinq scélérats. Qant à moi, je déclare qu'ils ne me subjugueront pas. Quand ils disaient que Robespierre était usé, ils

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disaient que j'étais paralysé. Ils savaient pourtant bien que ce n'était pas mon cœur qui était paralysé ; jusqu'à ce que le poignard l'atteigne dans mon corps débile, il ne sera pas une minute sans se mettre en ébullition contre les scélérats et les traîtres.

Goulhon termine en réitérant les motions qu'il a faites dès l'ouverture de la séance; elles sont adoptées.

Un citoyen se plaint de ce que dans le district de Libreval (Cher)* les patriotes sont persécutés, traînés dans la boue et incarcérés. Les bons citoyens qui avaient des places sont forcés de les céder à des hommes qui ont fait passer de l'argent aux émigrés. Un ci-devant garde du tyran, rentré en France avec la cocarde noire, y a fait le service de la gendarmerie en habit de garde-du-corps. L'opinant demande des commissaires pour l'accompagner au Comité de sûreté générale. Adopté.

Sijas se plaint de ce que Pile, commissaire des mouvements de l'armée de terre, continue de fouler aux pieds les décrets de la Convention. Il a exigé qu'un prêtre insermenté, chassé des bureaux de la guerre, fût remis en place. Il cache toutes ses opérations à ses adjoints, et il autorise, contre le vœu du Comité de salut public, un chef nommé Louvet, aristocrate décidé, à signer les pièces que les adjoints seuls devraient signer. Pile vient tout récemment encore d'autoriser les généraux à réintégrer, de concert avec les représentants du peuple près les armées, les officiers généraux qui ont été suspendus. L'opinant démontre tous les dangers qui peuvent résulter de cette mesure ; ils sont d'autant plus réels que les représentants du peuple auprès des armées sont exposés à être trompés par des intrigants de toutes les espèces. Sijas termine par demander que les citoyens se tiennent en garde contre l'établissement du gouvernement militaire, moyen trop souvent employé pour perdre la liberté.

PRÉSIDENCE d'ÉLIE LACOSTE

La correspondance, dont nous avons inséré les morceaux les plus

1. C'était le nom révolutionnaire de la ville de Saint-Amand (Cher).

2. Nous donnons cette séance d'après le Journal de la\Montagne.

intéressants dans nos derniers numéros, à l'article Esprit public ', offrait quelques lettres dont le contenu devait faire douter de la vérité. Robespierre l'a fait sentir, et il a demandé que la Société in- . vitàt le lecteur à mettre plus de choix dans les passages qu'il lui communiquera désormais, et qu'elle ne permît plus qu'on occupât ses moments les plus intéressants par des lectures fastidieuses et souvent contraire à l'esprit public. — Ces observations sont accueillies.

CouTEON. — Personne ne doute que, dans les circonstances où nous sommes, les malveillants ne s'agitent en tous sens, et ne répandent des bruits alarmants pour décourager les hommes vertueux et les diviser. Robespierre vous a dénoncé ce qui s'est passé aujourd'hui dans les tribunes de la Convention * ; il aurait pu ajouter ce qui s'est passé hier. Le résultat de cette manœuvre est que les malveillants en accusent les Jacobins et les patriotes énergiques qui ont le courage d'attaquer en face tous les intrigants et de faire prévaloir sur tout les principes ; mais cette manœuvre n'est pas la seule qui soit employée par les traîtres. On a répandu le bruit qu'il régnait une division funeste dans la Convention, dans les Comités de salut public et de sûreté générale ; le but de ces bruits effrayants était d'opérer un mouvement dont nos ennemis auraient profité pour renverser le patriotisme ; mais le peuple est en garde contre toutes les insinuations des scélérats. S'il y a eu des divisions entre les personnes, il n'y en a jamais eu sur les principes ; et je dois dire que la Convention dans sa très grande majorité est d'une pureté exemplaire. Je dis la même chose des Comités de salut public et de sûreté générale ; il y existe des hommes vertueux et énergiques, disposés à faire les plus grands sacrifices pour la patrie.

Le Comité de sûreté générale n'est peut-être pas exempt de reproches ; je n'inculpe pas les membres, ils ont des intentions pures ; mais je dirai que ce Comité a été entouré de scélérats ; des actes arbitraires exécutés en son nom ont porté l'épouvante dans les cœurs patriotes. Je l'ai dit au Comité lui-même ; il. a senti la vérité, et les membres à qui j'ai parlé ont paru disposés à scruter leurs agents, et à faire justice des coupables. A la dernière séance vous avez vu à votre tribune des patriotes opprimés dénoncer l'immoralité et la scélératesse d'un nommé Sénar, agent national de la commune de

1. C'est le rédacteur du Journal de la Montagne, T. Rousseau, qui parle ainsi.

2. Il ny a, on l'a vu. rien de semblable dans l'analyse du discours de Robespierre telle que T. Rousseau vient de la donner.

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Tour?, et agent du Comité de sûreté générale * ; il n'est pas d'infamie que cet homme atroce n'ait commise ; mais des circonstances heu- , reuses sont arrivées, on a dessillé les yeux des citoyens, les opprimés ont obtenu des défenseurs olFicieux, le Comité de sûreté générale a retiré les pouvoirs qui lui avaient été surpris, et a fait mettre Sénar en état d'arrestation. De son côté, le Comité de salut public, à, qui la Convention nationale a confié l'exercice du gouvernement, a destitué le fonctionnaire prévaricateur et l'a remplacé pa.r un citoyen digne par sa pureté, son civisme, de la confiance du peuple.

Soyons-en garde, citoyens ; les agents de Pitl veillent sans cesse autour de nous ; ils veulent nous diviser pour nous perdre; ils espèrent qu'en brisant le faisceau qui unit les républicains, il leur sera facile de nous vaincre ; un jour de discorde dans l'intérieur de la République leur vaut mieux qu'une victoire. Je le dis à regret, mais c'est la vérité, vous avez jusque dans votre sein des agents de cette faction infernale de l'étranger; il en existe jusque dans le sein de la Convention nationale. Heureusement qu'ils y sont en bien petit nombre, très petit nombre, et que la vertu et l'énergie de la Convention nationale peuvent écraser à volonté les cinq ou six petites figures humaines, dont les mains sont pleines des richesses de la République, et dégoûtantes du sang des innocents qu'ils [sic) ont immolés. Et qu'ils ne prennent pas occasion, ces hommes infâmes, de ce que je dis ici, pour répéter que c'est à la Convention nationale que nous en voulons. Moi, proposer une mesure contre la représentation nationale! moi, qui sacrifierais dix mille vies pour elle, parce que je suis convaincu que, le jour où la représentation nationale serait avilie ou dissoute, serait le jour de la contre-révolution! Mais je ne puis supporter l'injustice et l'immoralité, parce que je veux de cœur la République et la morale, qui me présentent des bases solides pour l'ordre républicain. Si l'on souffre que le système d'Hébert se renouvelle, et que le crime vienne jamais à régner, il n'y a plus de République. Je le répète, avec le courage d'un homme qui ne craint ni l'opinion de ses contemporains, ni le jugement de la postérité, parce qu'il n'a, et qu'il n'aura jamais de reproches à se faire envers son pays : il y a ici et dans la Convention quelques hommes impurs qui cherchent à corrompre la morale publique, et à élever un trône au crime sur le tombeau des mœurs et de la vertu. Je ne propose ici aucune mesure particulière contre les ennemis les plus vils, mais les pliis dangereux de la liberté publique; je demande seulement que les

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