PRÉSIDENCE D'ÉLIE LACOSTE
Les heureux effets du changement opéré dans la Société depuis la chute du tyran et de ses odieux, complices se sont fait remarquer à la dernière séance et à celle de ce jour. Jamais un calme plus imposant, jamais l'allitufle fière d'un peuple souverain et législateur ne s'est déployée avec plus de majesté dans aucune assemblée de républicains. La séance du 11. comme on l'a très bien observé, fut moins une séance de discussions et de débats qu'une réunion d'amis et de frères qui se rassemblaient pour se féliciter mutuellement d'être échappés au plus imminent de tous les dangers, et à l'esclavage mille fois plus affreux que la mort. La sagesse des arrêtés pris dans la séance du jour annonce hautement qu'enfin la liberté des opinions règne parmi nous, que la vérité peut impunément se faire entendre, et qu'il n'existe plus aucune différence entre celui qui propose la loi €t la discute, et celui qui la porte et la sanctionne.
Cette séance est ouverte par Léonard Bourdon, qui prend le premier la parole pour faire observer que la tactique des conjurés était de couvrir d'affronts, d'abreuver du fiel de la calomnie les patriotes purs qu'ils voulaient sacrifier, et surtout de les dépouiller de tous les moyens qu'ils avaient pour faire triompher leur innocence ; Léonard Bourdon justifie aussitôt par un exemple ce qu'il vient d'avancer.
« Plusieurs citoyennes d'Orléans, nous dit-il, sont venues à Paris pour y réclamer la justice due à leurs époijx, patriotes connus et victimes de quelques assassins répandus dans cette commune ; ces citoyennes ont été incarcérées et opprimées de la manière la plus révoltante pour avoir fait cette démarche. Le représentant du peuple «n mission dang ce département a donné sa confiance à un in lividu signataire d'une pétition anti-civique, à un individu qui occupe aujourd'hui la place d'agent national. Les prisons du Luxembourg renferment en ce moment vingt-huit infortunés, victimes innocentes des passions de cet agent perfide et de la rage des faux patriotes, ses