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autres ; que l'on avait proposé une mesure plus sévère encore que celle que l'on demandait dans l'adresse. J'en avais été nommé le rédacteur ; je ne l'ai présentée à la barre qu'après en avoir fait lecture à la Société, qui l'agréa. Il paraît que cette adresse a été défigiu-ée; plusieurs députés ont cru qu'on demandait les noms de ceux qui avaient sollicité la sortie des détenus.
D'autres ont imaginé que la Société disait que certains détenus avaient été impudemment relâchés, au lieu d'entendre imprudemment. La Convention ayant rendu un décret, tout est terminé. Mais la Société se doit à elle-même, elle doit à la vérité, de rétablir les faits et de ne pas souffrir qu''ils soient défigurés.
Je demande que l'adresse soit imprimée et distribuée à la Convention et aux Sociétés atniiées.
Quoique ce ne soit pas en mon nom, mais au nom de la Société, que j'ai pris la parole à la barre, j'ai été traité durement par lientabole et Le Gointre,qui m'ont dénoncé au peuple comme un intrigant et un continuateur de Robespierre. Je ne prétends pas récriminer, je ne veux pas même que la Société s'occupe de cet objet; mais, comme les Jacobins m'ont donné leur confiance en me nommant vice-président, et qu'il m'importe de la conserver, je demande que les citoyens Bentabole, Le Cointre et Tallien soient nommés commissaires pour examiner ma conduite et en rendre compte à la Société. Je demande aussi que vous acceptiez ma démission des fonctions de vice-président.
Thuriot applaudit à la sensibilité de Raisson, mais il n'adopte pas sa proposition. II développe quelques observations sur la démarche faite par la Société en se rendant à la Convention, invite les Jacobins à se défier de ceux qui, dans l'ombre, s'occupent à jeter parmi eux des germes de division, et les engage à ne pas se laisser diriger par leurs insinuations. II fait ensuite un parallèle des hommes vertueux qui veulent que la Révolution soit fondée sur la justice, pour arriver au bonheur du peuple, et de ces individus qui ne veulent se servir de la Révolution que pour troubler la tranquillité publique et l'union des citoyens.
« Il y avait, dit-il, dans les prisons, des hommes qui n'y avaient été plongés que par des motifs de vengeance; la justice commandait expressément de rendre à la patrie ces malheureuses victimes et de les faire rentrer dans la société pour y prêcher les maximes du patriotisme et coopérer à l'avancement de la Révolution. Dès qu'on a vu que l'innocence reprenait ses droits, ce système a déplu à certains Individus qui ne sont certainement pas amis de la liberté, car la jus-
lice et la liberté ne souffrent pas qu'on laisse gémir l'innocence dans les cachots.
« Robespierre, qui a trop longtemps usurpé la confiance publique, avait dans les départements des hommes affidés qui suivaient habituellement les meilleurs patriotes. Ces scélérats faisaient sur eux des notes qu'ils envoyaient à Robespierre ; le tyran les signait, et sur sa signature on les jetait indignement dans les fers. Ce sont ces patriotes dont le sort a touché la Convention. Comment se fait-il après cela que Ton vienne demander qui sont ceux qui ont réclamé leur liberté? Il n'y a que la justice qui sollicite et ordonne la liberté des opprimés. »
L'orateur entre dans l'examen des suites qu'aurait eues le sjstème tendant à former des listes de tous ceux qui auraient été élargis. Il prétend que ceux qui auraient été mis sur ces listes n'auraient jamais pu obtenir la confiance; que la malveillance n'aurait point cessé de les regarder comme suspects et de les écarter de toutes les places. Il déclare que l'on a conçu le dessein de mettre en opposition les patriotes les uns avec les autres, et de faire naître parmi eux une défiance funeste : il invite donc de nouveau les Jacobins à être infiniment surveillants, lorsqu'on leur propose des mesures qui ne tendent pas évidemment au bien public ; à se rallier à la Convention, qui est maintenant très unie de principes et d'affections, et à marcher constamment avec elle.
« Parlons franchement, continue-t-il ; pourquoi avons-nous commencé la Révolution? c'est pour que tous les hommes jouissent des mêmes droits. Toutes les fois que les droits de l'homme sont respectés, et que les véritables maximes républicaines sont présentées au peuple, quel motif d'alarmes et de défiance peut-il exister? Comment peut-il entrer dans la pensée d'un patriote de se plaindre que la Révolution n'a pas une marche ferme, constante et assurée ? Où veulent en venir ceux qui brillent de vous tourmenter d'idées et d'opinions contraires au bien public? Contre qui voudrait-on s'insurger? Faites-y bien attention, citoyens, nous n'avons plus à combattre la tyrannie ; le chef de ce système a fini ses jours sur l'échafaud. Tout mouvement que l'on voudrait faire naître serait l'ouvrage d'une conjuration très criminelle. »
L'orateur pose en principe cette vérité éternelle, que la tranquillité fait le bonheur, et que le commerce ne peut fleurir qu'à l'ombre de cette tranquillité bienfaisante et régénératrice. Il rappelle que les scélérats Hébert et Robespierre ont successivement cherché à anéantir le commerce, sans lequel, dans les grandes républiques, la moitié des citoyens serait privée des moyens de subsister.
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Après avoir également parcouru le système barbare des conspirations qui ont été étouffées, et qui tendaient à incendier les bibliothèques, l'opinant revient à son premier objet, et invite de nouveau les Jacobins à s'attacher fortement k la Convention nationale.
« 11 ne faut pas, dit-il, que la Convention voie à ses côtés des hommes qui rivalisent avec elle ; il ne faut pas que de bons citoyens, animés des intentions les plus pures, se laissent entraîner à des démarches précipitées. N'allez pas vous alarmer de ce que l'objet de votre adresse n'a pas été adopté par la Convention; elle a bien su rendre justice à l'intention et reconnaître une erreur qui n'avait été que l'effet de la précipitation ; la Convention désire que vous ne fassiez plus qu'un avec elle.
« 11 faut qu'il y ait un terme à la Révolution, et qu'en dernière analyse on fasse le bonheur du peuple. Des démarches peu réfléchies ne font que mettre des entraves et empêcher l'eiïet des grandes mesures. Que prétendent ceux qui conseillent ces fausses démarches, et qui, sous le manteau et l'apparence de la justice, cherchent à égarer leurs concitoyens? Prenez-y garde : l'homme qui est à cent lieues de Paris, et qui médite dans son cabinet, calcule plus froidement qu'on ne calcule ici. Les départements ont les yeux fixés sur vous ; ils attendent de votre sagesse que votre conduite soit bien réfléchie, et que vous ne vous déterminiez à agir que d'après les vrais principes. »
Thuriot termine en rendant justice aux sentiments du citoyen Raisson, el en l'engageant à rester dans le poste où la confiance de la Société l'a placé.
Un mémoire pense que Raisson a eu tort de donner sa démission de la place de vice-président, parce qu'on ne peut pas lui faire de reproche d'avoir lu à la barre une adresse au nom de la Société.
Au reste, il déclare que, quoique l'on ait donné une fausse interprétation à cette adresse, la Société n'a pas à se repentir de l'avoir présentée, parce que la liberté des opinions est la base de la félicité publique.
Monestier'. — Jusqu'à quand les hommes abuseront-ils des passions des autres hommes? Jusqu'à quand une grande Société se laissera-t-elle emporter par un mouvement précipité? Le plus grand danger pour les patriotes est qu'il n'y ait plus pour eux de point de ralliement. Or ce point de réunion ne peut réellement exister pour les Jacobins, s'ils cessent un seul instant de marcher de concert avec la Convention nationale.
1. Dans toutes les séances des Jacobins de cette période, il s'agit de Monestier (du Puy-de-Dôme).
Reportez-vous à toutes les circonstances difficiles de la Révolution ; quand voyons-nous la liberté l'emporter sur l'aristocratie? C'est quand la Société ne reçoit point d'impression funeste, et qu'elle ne se laisse pas entraîner à des mesures inconsidérées ; c'est lorsque la Société est intimement unie au corps législatif, que celui-ci connaît par l'organe des Jacobins les circonstances difficiles et qui exigent de la vigueur; c'est alors que les représentants sont instruits des dangers que court la chose publique, et que des décrets salutaires préviennent le mal qui déjà menaçait fortement la République et ses enfants.
Après quelques autres observations, Moneslier demande :
1° Que la Société arrête que, toutes les fois qu'une grande mesure lui sera proposée, elle agira comme la Convention et n'adoptera point la mesure le jour même de la discussion ;
2° Qu'à chaque séance, la Société sera instruite, par l'organe de deux députés, de ce qui s'est passé de plus intéressant à la Convention dans la séance du jour.
La première proposition est adoptée ; sur la seconde, la Société passe à l'ordre du jour après quelques légers débats.
Loys demande la parole pour relever une erreur qu'il dit être échappée à Thuriot, déclare que tout Français a le droit d'aller, avec respect, dire à la Convention qu'elle s'est trompée, et lui demander le rapport d'un décret ; que la Convention n'est jamais plus grande aux yeux des républicains que quand elle reconnaît qu'elle a été induite en erreur.
<i Le droit de pétition ne peut pas, dit-il, être contesté aux Jacobins ; on ne doit jamais jeter la moindre défaveur sur eux pour une démarche bonne en elle-même, et l'on doit faire attention que, si jamais ils perdaient la confiance publique, les Sociétés, des départements seraient livrées à la plus cruelle des inquiétudes. Je ne crois pas que les sections soient un véritable point de ralliement pour les patriotes, car nous voyons les aristocrates s'y rendre à chaque séance ; il n'y a donc que les Sociétés populaires que l'on puisse regarder comme les véritables points de ralliement; l'on doit bien prendre garde de leur porter la moindre atteinte. Quand bien même la Société des Jacobins eût inséré des erreurs dans son adresse, elle ne serait pas répréhensible, puisqu'elle n'a fait qu'user de la liberté des opinions ; il est donc bien malheureux que l'on cherche à l'incriminer. Qu'on se rappelle que les véritables Jacobins se sont dévoués ici le 8 thermidor pour combattre la tyrannie, et que le 9 ils l'ont attaquée avec vigueur dans les sections : pourquoi donc afTecteraît-on
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de rappeler, même dans le sein de la Convention, une séance qui n'appartient pas à la Société, et qui doit être rayée pour jamais de ses annales ?
« Si la pétition que vous avez présentée contient vos sentiments et vos principes, on ne doit y trouver que la vérité ; si elle renferme des erreurs, il faut avoir la grandeur d'âme de les reconnaître ; je demande qu'il en soit fait lecture à cette tribune. »
Thuriot prend de nouveau la parole pour donner des développements à ses premières observations; il demande que la Société prenne garde qu'on ne veuille lui inspirer des idées contraires à l'intérêt national, et qu'on ne cherche à lui faire perdre la confiance du peuple. Il prétend que, dès le moment que la Convention a passé à l'ordre du jour sur l'adresse qui lui a été lue, toute démarche ultérieure sur cet objet sortirait de la ligne des principes.
« Quel est, continue-t-il, le droit de pétition? N'est-ce pas celui de faire des réclamations contre l'oppression, et de présenter des observations sur un décret rendu? Mais aussi il faut un terme à ce droit; car, sans cela, quand verrait-on l'époque où la loi doit avoir sa force? La Convention a prononcé sur votre demande; en ce moment, ou je me trompe beaucoup, ou il n'est pas nécessaire que vous vous arrêtiez. Quel est le but de ceux qui vous proposent de relire l'adresse ? Pourquoi cette lutte continuelle d'opinions? Pourquoi ne veut-on pas admettre que la Société des Jacobins a pu se tromper? Examinez la conduite que tient la Convention ; quand un décret est proposé, on le discute ; est-il rendu, on se soumet à la loi. Faites ce qu'on fait partout; faites voir que vous êtes continuellement en harmonie avec la Convention. »
Thuriot prouve ensuite avec combien de raison la Convention s'est déterminée à mettre en liberté les innocents que Robespierre avait plongés dans les cachots. Il déclare que si, sur cent personnes élargies, il se trouve un coupable, la loi saura toujours bien le saisir, mais qu'il ne faut pas différer de rendre la liberté aux opprimés. Il fait observer que, si la Société persistait à dire que l'aristocratie triomphe, et que des relaxations indiscrètes ont lieu, ce serait accuser, aux yeux de la France, le Comité de sûreté générale et des représentants du peuple de mettre en liberté sans motifs. Il prétend que les Jacobins n'ont janiais été dans une meilleure position que celle où ils se trouvent, parce qu'ils ont le droit d'aller au Comité de sûreté générale pour y faire des représentations sur les individus incarcérés ou élargis, et qu'ils n'auraient pas eu le droit de réclamer contre l'élargissement des scélérats et l'incarcération des patriotes, sous la
tyrannie de Robespierre. Il termine en invitant la Société à se rallier toujours aux principes et aux lois, sans lesquels il n'y aurait plus aucune harmonie dans la République.
DuFOURNY. — Je rappelle à la Société qu'étant suffisamment instruit par les débats qui viennent d'avoir lieu sur ce qui a rapport à la démarche qui a été faite, je demande que l'on passe à l'ordre du jour et que l'on s'occupe des périls dont nous sommes menacés pour demain, et que je vais vous faire connaître. — [L'ordre du jour est adopté.)
« Vous savez, continue l'orateur, que, tandis qu'un petit nombre d'hommes, effrayés de la Révolution qui s'est opérée, cherchent à faire renaître les mesures exagérées qui ont été employées par la tyrannie, et qui tenaient à ce qu'il y a de plus atroce, d'autres cherchent à diminuer et à affaiblir cette même Révolution en attirant le reproche de modérantisme sur les patriotes qui veulent la faire tourner à l'avantage de la liberté ; d'autres enQn pratiquent des manœuvres pour en faire perdre le fruit; des propositions dangereuses ont été faites à la Société de l'Évéché, et demain l'on doit délibérer sur cette question : « Rétablira-t-on le peuple dans le droit d'élire? »
« Ce n'était pas une proposition isolée que celle qui fut faite par Châles à la Convention, de faire nommer les Comités révolutionnaires par le peuple. Des hommes ont tramé pour que dans les départements et dans les Sociétés populaires elle fût présentée à la même époque. Demain elle se fera dans les sections de Paris ; il est important que les bons citoyens qui sont ici en soient instruits, pour qu'ils puissent s'opposer à une pareille insurrection et la faire manquer.
V Nous savons combien les hommes qui affectent d'avoir à la bouche les grands mots d'intérêt du peuple ont le désir d'aller petit à petit depuis la nomination des Comités révolutionnaires par le peuple jusqu'au renouvellement de la Convention.
a Nous savons à quel point ce système flatte surtout les scélérats, qui, après avoir couvé longtemps leur vengeance, n'attendent que le moment de la faire éclater contre les patriotes. Peut-être est-ce le propre de la nation française que les révolutions qui s'opèrent dans son sein ne puissent se terminer qu'après beaucoup d'oscillations et de mouvements contraires.
« Lorsqu'on est tombé dans un excès, on est disposé à remonter aussitôt vers l'excès opposé. C'est à la prudence à diriger notre mobilité ; c'est à notre sagesse à nous empêcher aussi de nous précipiter d'un excès dans un autre. Nous devons considérer que, si la Tome VI. 23
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Convention a été faible, c'est notre faute; gardons-nous de lui reprocher son Jong sommeil, puisqu'alors les Jacobins étaient euxmêmes plongés dans une profonde léthargie. Considérons aussi l'état dans lequel se trouve la Société, et qui n'est autre chose qu'un extrait de la situation de Paris. Sous le tyran, la terreur s'était emparée de tout le monde, et certes il nous est impossible de dire en ce moment que cet état d'inertie et de compression soit tout à fait passé. Ceux qui sont encore saisis d'effroi pourront bien n'avoir pas demain Ténergie suffisante pour combattre dans les sections la proposition insidieuse qui leur sera présentée. Je demande qu'elle soit soumise aujourd'hui à la discussion. » [Adopté.)
Béai prend la parole pour démontrer le danger d'une pareille mesure. It prouve qu'elle ramrne au despotisme, et qu'insensiblement l'aristocratie voudra en venir bientôt jusqu'à demander la convocation des assemblées primaires. Il déclare que les départements voudront avoir autant de droits que Paris, et que, comme il n'y aura plus qu'un Comité révolutionnaire par district, il faudra convoquer les assemblées primaires, pour que tout le peuple participe à l'élection. Après avoir combattu les brigands qui se montrent toujours quand une révolution vient de s'opérer, Itéal fait lecture du projet d'adresse que la section du Muséum doit proposer aux autres sections pour la présenter à la Convention ^. Il termine en invitant les Jacobins à se réunir demain dans les sections , pour }' professer les véritables principes et combattre l'adresse liberticide qui sera proposée.
Dubois-Crancii fait observer que la section du Muséum est celle de David et de Fleuriot ; il annonce qu'il a déjà dénoncé ce projet d'adresse, qui existe depuis un mois.
Mauve prend la parole sur le même objet, et déclare que la proposition faite de faire élire les Comités révolutionnaires par le peuple convoqué en Assemblées décadaires tend à jeter une grande défaveur sur les patriotes.
Il rappelle que, quand les aristocrates virent qu'ils ne pouvaient pas combattre avec avantage les principes de Marat, ils lui mirent un masque sur la figure et sur celle des patriotes ses amis.
Il déclare que les aristocrates veulent renouveler ce système de perfidie, et qu'ils cherchent à calomnier le patriotisme, à jeter la discorde dans la Convention et parmi les Jacobins.
Il se plaint de la l'éception qui a été faite à la Société dans le sein (le Ja Convention, de la réponse qui a été faite à son adresse,
1. Cette section dcinanilait que les membres du Comité révolutionnaire fussent remplacés par une élection populaire.
et des clameurs qui se sont élevées contre elle et qui sont parties de l'espèce de côté noir qu'il a déjà dénoncé à la Société.
Il déclare que, depuis ce moment, son cœur est navré de douleur en réfléchissant que l'aristocratie s'est réjouie, et que le Marais s'est ressuscité hier. [A ces derniers mots, quelques murmures s'élèvent dans une partie de la salle.)
Maure déclare qu'il parle, d'après sa conscience, pour l'arrêté, et qu'il respecte infiniment la Convention et ses décrets ; il assure qu'il ne veut que le triomphe de la liberté, et que, s'il savait qu'il fût soupçonné de vouloir se faire un parti, il se réduirait au plus profond silence'.
Monestier rappelle l'attention de la Société sur les dangers qu'il faudra combattre demain dans les sections; il invile les Jacobins à défendre avec courage la liberté, et à se réunir pour faire triompher les principes.
PRÉSIDENCE DE DELMAS
Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, dans lequel est consignée l'invitation faite aux. Jacobins de se rendre le
1. Les Annales patriotiques du 29 août 1794 (p. 26421 rapportent le discours de Maure d'une autre façon : « Je ne veux point, aurait-il dit, vous parler de ladresse ; ce nest pas moi qui lai votée ; je voulais simplement que Ion allât au Comité. Ainsi, je prie que Ton ne me jette point un masque sur la figure. (Murmures et applaudissements.) Mais je suis au milieu de mes amis, et je vais vous déboutonner mon cœur. Jai dit qu'il y avait un côté noir dans la Convention ; je ne dis pas que ce soit dans son sein, mais dans les tribunes. Ici de violents murmures interrompent l'orateur. — Thirion dit que les tribunes sont libres d'applaudir ou d'improuver. — Le bruit redouble., X'avez-vous pas remarqué, continue Maure, avec quelle fureur certaines personnes se sont levées, quand on a parlé de l'impression de cette liste ? (Applaudissements. — Oui ! oui ! s'écrie-t-on de toutes parts. Pendant ce temps, Tallien s'écrie : Vous ne prêchez pas l'exécution des lois !; Je ne suis pas de ces amis des lois, reprend Maure, m.ais je vais continuer de vous développer ma pensée. Au mi>ment où on a passé à l'ordre du jour, quelle joie d'un côté ! Quel morne silence de l'autre! Cependant la Montapne était calme et toujours digne d'elle. .Mais ces vérités me pesaient sur le cœur. Je vtnis ai dit qu'il y avait un côté nnir dans les tribunes» mais je suis convaincu que la masse de la Convention est bonne; ainsi les malveillants perdront encore leurs peines. » — Cf. Bûchez et Houx, Histoire parlementaire, t. XXXVI, p. 43, 44.
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jour d'hier dans leurs sections respectives pour y combattre l'adresse liberlicide de la section du Muséum ', plusieurs membres annoncent que cette adresse, présentée en effet, a été rejetée et que partout on a passé à l'ordre du jour sur son objet *.
Monestier invite tous les citoyens qui viennent de faire cette déclaration de donner au bureau copie des arrêtés pris par leurs sections, « II est juste, dit-il, que le zèle des citoyens de Paris obtienne la mention civique au procès- verbal. » A l'instant, une foule de membres entoure le bureau des secrétaires et s'empresse de répondre à l'invitation du préopinant.
Ici Monestier observe que la correspondance do la Société éprouve depuis plus d'un mois une suspension bien funeste; trois cents lettres des Sociétés affiliées sont restées sans réponse. — « Je demande que l'on s'occupe au plus tôt de l'organisation du Comité de correspondance. » — [Adopté.)
Le président lit alors une liste des membres proposés pour composer ce Comité. Tous les candidats sont admis sans aucune réclamation.
Lequinio fait part à la Société des nouvelles avantageuses annoncées ce malin à la Convention ^ Elles sont entendues avec des applaudissements redoublés.
La Société de Beaune, par l'organe d'une députation, félicite ses frères de Paris de l'énergie que les vrais Jacobins ont déployée dans les derniers événements *.
Une députation de la Société des Défenseurs des Droits de VHomme demande l'entrée de la salle ^.
BoissEL. — Pendant la tyrannie de Robespierre, les Sociétés populaires de Paris étaient proscrites, parce que le scélérat espérait dominer plus facilement en diminuant leur nombre. Je demande que la députation soit admise.
Léonard Leblois combat l'opinion de Boissel, en déclarant que les Sociétés sectionnaires sont dangereuses, parce que les aristocrates