C'est la loi du 23 floréal an II (12 mai n94\ article
3. Nous donnons cette séance d"aprùs le Journal de la Montagne et le Moniteur,
408 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [3 septembre 1794]
veilles sont utiles à la République, nous sommes tout entiers à elle. »
Aujourd'hui, ils se voient chassés de leurs foyers et opprimés.
« Ce n'est pas seulement, ajoute Levasseur, dans le département des Ardennes que l'oppression existe, elle est aussi exercée dans toute la République. Bientôt votre tribune retentira des plaintes des patriotes opprimés ; ils trouveront toujours ici des défenseurs officieux, amis zélés de l'innocence. Que les patriotes tiennent tête à l'orage ; qu'ils soient fermes , et qu'ils adressent leurs justes réclamations à la Société des Jacobins : ils y trouveront de véritables frères.
« Je convertis en motion la demande qui vous est faite. »
Massieu appuie les observations du préopinant.
Sa proposition est adoptée.
Roux. — J'ai été en mission dans le département des Ardennes, et je regarde comme un problème de savoir ce que l'on doit penser de ce pays, où tour à tour on a incarcéré et l'on a été incarcéré ; ce contraste ne vient que de ce qu'on s'en est rapporté à tous les représentants envoyés dans ce pays, et que l'on ne s'est pas donné la peine de les entendre contradictoirement.
J'applaudis à la mesure qui vient d'être prise ; les représentants du peuple prouveront qu'ils ne craignent pas la lumière, en se rendant au Comité pour y donner des renseignements.
Roux rappelle que, dans la dernière séance, il a été dénoncé comme un calomniateur*. Après avoir posé en principe qu'on ne doit pas taxer légèrement de calomnie un homme qui s'est bien montré dans les circonstances délicates, il déclare qu'on n'est véritablement calomniateur que quand on invente des faits pour opérer le mal. Il annonce qu'étant dans le département des Ardennes, il a vu Lefranc (qui Ta dénoncé) s'opposer aux mesures des représentants du peuple.
Plusieurs membres interrompent et demandent l'ordre du jour. La Société, ayant des objets plus importants à discuter, renvoie cette affaire aux Comités de sûreté générale de la Convention et à son propre Comité de présentation, et passe à l'ordre du jour.
Plusieurs membres demandent qu'aucune discussion ne s'élève jusqu'à ce que l'affaire de Tallien, qui est au grand ordre du jour, soit discutée ; ils demandent que l'on fasse justice des chefs de la faction qui opprime les patriotes et qui favorise les aristocrates, lesquels chefs sont dans la Société.
LoYS. — Quelles que soient les intentions de l'aristocratie, jamais