Ce jeudi correspond au 20 janvier
3. Nous ne pouvons dater cette séance qu'approximativcment vers le 20 janvier 1791.
de la constitution ont senti se rallumer dans leurs conirs la flamme du civisme par une de ces scènes faites pour relever le patriotisme abattu. Une députation de gardes nationales étrangères a été introduite; elle venait d'arriver dans la capitale et de servir d'escorte aux trois fameux conspirateurs de Lyon '. Les citoyens lyonnais ont été reçus avec les plus vifs applaudissements. Mais quel fut l'étonnement ou plutôt l'indignation de l'assemblée lorsqu'ils exhalèrent, du haut de la tribune, leurs plaintes aussi amères que fondées contre le pouvoir exécutif, qui, par l'organe du ministre de la guerre, leur avait fait défense d'escorter un dépôt dont la surveillance importe si fort à la tranquillité publique!
A cette scène si sérieuse et si intéressante a succédé une farce indigne, par son ridicule, d'une assemblée respectable. Figurez-vous Riquetti entrant dans la salle, chamarré d'un habit bleu avec deux immenses épaulettes, hausse-col, et tout le harnais de l'état-major, tout, jusqu'à la démarche importante d'un confrère de M. Carie ^1 Riquetti, en habit de commandant de Itataillons, voulait se faire applaudir. La Société a d'abord cru que c'était une mascarade de carnaval, mais elle a bientôt eu la certitude que Riquetti était un des membres de l'état-major, et, comme tel, devenu le commensal, le sous-ordre du général.
YIII
Dans l'assemblée de dimanche de la Société des amis de la constitution, M. Barnave a fait quelques réflexions sur la situation actuelle de l'intérieur et de l'extérieur. Il a annoncé que les Comités diploma-
1. Au mois de novembre 1790, une conspiration avait eu lieu à Lj-on pour livrer cette ville aux princes émigrés. La municipalité de Lyon fit arrêter les trois principaux conspirateurs, les sieurs Guillin-Pougelon, Descars et Terrasse. Le 18 décembre 1790, sur un rapport de Voidel au nom du Comité des recherches, TAssemblée constituante décréta que ces prisonniers seraient transportés à Paris.
2. Sur ce commandant du bataillon de Henri IV, voir plus bas la note à la séance du 4 février 1791.
3. « Le 18 janvier 1791, Mirabeau, qui demeurait à la Chausséc-d'Antin, fut nommé chef du bataillon local de la garde nationale. » Lucas-Montigny, Mémoires de Mirabeau, VIII, 273.