avait émigré après la prise de la Bastille
2. Le 31 juillet 1789, « un détachement de la garde nationale de Paris se transportait chez ^I. le prince de Condé, à Chantillj-, pour enlever les canons; les officiers du prince les remirent : on leur en délivra un récépissé, et le procèsverbal de remise fut imprimé et affiché. Tout se passa avec le plus grand ordre, et il n'y eut pas de sang répandu. » (3/o«., I, 284.)
3. Décret du lo-27 mars 1791 : » Les don et cession faits en décembre 1648 à Louis de Bourbon, prince de Condé, des comtés, terres et seigneuries de Stenay, Dun, Jametz, Clermout en Argonne, et des domaines et prévôtés de Varennes et des Montignons, leurs appartenances et dépendances, composant ce que l'on appelle aujourd'hui le Clermontois, sont et demeurent révoqués... » Ce décret, dont nous ne citons que la partie essentielle, ne passa pas sans de
[M.vns 1791] AVIS AUX FRANÇAIS SUR LES CLUBS 257
forcenés ont-ils osé pénétrer dans la retraite du grand Condé? Gomment ont-ils osé commander à cette troupe de brigands qui ont dévasté ces beaux lieux que ses mains avaient ornés? Comment ont-ils osé envahir ses domaines? N'ont-ils donc pas craint que les mânes de ce héros, à qui la France a dû de si beaux succès, ne sortissent de leur tombeau pour les dissiper, comme autrefois il dissipa les ennemis de la patrie? Ou ne craignent-ils point que le sang qui coule dans les veines de l'héritier de son nom n'arme son bras et qu'il ne vienne venger les outrages faits à son nom, faits à ses propriétés?
On pourrait pardonner aux clubs leurs erreurs, s'ils se bornaient à déraciner les préjugés que les lois de l'empire français n'ont pu extirper. Leur sollicitude serait louable alors. Parmi ceux dont ils s'occupent, je choisis le duel.
Le combat singulier, dans lequel un des Lameth faillit être la victime de l'adresse de M. de Castries, et dont les suites furent si désastreuses pour ce dernier, a alarmé l'humanité des jacobites de Paris. Ils ont enfanté un projet de loi adressé aux législateurs du Manège; mais l'usage exigeait qu'il parcourut la France. Tous les clubs l'ont reçu, et, muni de leurs approbations et corrections, il rentrera chez les Jacobins, d'où il sera présenté à l'Assemblée nationale, qui aura soin de le revêtir de sa sanction. Cette idée sans doute est utile, et, si la loi reçoit une parfaite exécution, je plaindrai Louis XIV, non d'avoir offert un modèle ' à nos nouveaux législateurs, mais d'avoir régné cent ans trop tôt, et de n'avoir pas eu assez d'autorité pour faire exécuter ses lois.
A ces traits, reconnaissez combien les Amis de la constitution sont humains et généreux. Tous ces clubs sont composés d'écrivains éclairés, de journalistes ardents, qui voient le bien partout, le respirent, le distillent, comme le ciel distille la rosée.
Mais l'histoire les accuse des malheurs de Vannes, de Nimes, de Nancy, d'Aix, de Perpignan, de Douai, etc. 2. Le sang des Français
longs débats. On trouvera un historique complet de la question dans le rapport lu par Geotïroy dans la séance du l'j janvier 1791. {Mon., VU, 143, et Archives parlementaires, XXII, 232.)
1 . Édit du mois d'août 1689. Avant Louis XIV, Henri III et Henri IV avaient porté des lois très sévères contre les duels. Louis XV, lors de sou sacre, fit le serment de poursuivre et punir les duellistes. {Noie de l'original.)
2. Le peuple ne s'est soulevé dernièrement à Douai que parce qu'il avait été excité par les clubistes. Ces amis de la constitution n'ont pu voir de sang-froid la paisible administration des officiers municipaux; ils ont juré de la troubler. Ces honnêtes gens n'étaient pas de la secte; voilà leur crime, il fallait s'en venger. Un bateau chargé de blé en a otTcrt l'occasion. Telle est la source des malheurs que les clubistes ont développés sur les vertueux officiers municipaux de