LETTRE DE CHARLES VILLETTE
Paris, le 13 avril 1791.
Frères et Amis,
J'ai pris la liberté d'effacer, à l'angle de ma maison, cette inscription : Quai des Théadns, et je viens d'y substituer : Quai de Voltaire. C'est chez moi qu'est mort ce grand homme. Son souvenir est immortel comme ses ouvrages. Nous aurons toujours un Voltaire, et nous n'aurons jamais de Théatins.
Je ne sais si les municipaux, les voyers, les commissaires de quartier, trouveront illégale cette nouvelle dénomination, puisqu'ils ne l'ont pas ordonnée; mais j'ai pensé que le décret de l'Assemblée nationale qui décerne les honneurs publics à Voltaire était, pour cette légère innovation, une autorité suffisante.
11 faut se rappeler que, le 28 du mois dernier, les gens du tribunal de cassation ont dit, dans la rue des Petites-Écuries, qu'ils iraient en détachement à Orléans. Un avait dû croire que le Club jacobite n'aurait pas dû être étonné de leur opposition et que l.'ur vue ne lui aurait pas fait demander des canons. {'Sote de l'original.)
1. 11 est plaisant de voir ce cardinal qui, il y a trois ans, faisait enlever les conseillers au Parlement, sur le siège, se présenter aujourd'hui eu suppliant au pied d'un club. (Xote de l'orifjinal.)