‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 161 sur 243 · PRÉCIS LU ET ADRESSÉ AU CLUB DES JACOBINS · texte numérisé non relu

PRÉCIS LU ET ADRESSÉ AU CLUB DES JACOBINS

par jean-françois magenthies

ancien négociant

le vendredi-saint, 22 avril 1791

contre le sieur jean-baptiste magon de la balue

ancien banquier de la cour de france

son dépositaire

(Paris, iiiip. Potier, s. d., in-4.)

[Nous ne reproduisons pas ce long mémoire, qui n'offre aucun intérêt, ni pour riiisloire des Jacobins, ni pour celle de la Révolution en général. Nous ne donnerons pas davantage des Observations que Magenthies adressa le 13 mai 1791 à la Société, ni un Supplément à ces observations qu'il imprima lel9 juin suivant. On en trouvera le texte à la Bibliothèque nationale, dans le recueil factice coté Ln 27/13150 in-folio. Citons seulement l'extrait suivant du procèsverbal de la séance des Jacobins du 22 avril 1791, reproduit à la tin du Précis : 1

M. Magenthies, pour lequel M. le président a demandé la parole, a fait part à la Société d'une réclamation importante dirigée contre M. Magon de La Balue, et, sur la demande qu'il en a faite, on a nommé des commissaires pour examiner cette affaire. Ces commissaires sont MM. Verchère, Gourdan, x\lquier, Quincy % Patris et Rochambeau.

Certifié conforme à l'original :

CoLLOT d'Herbois, secrétaire; G. Bonnecarrère, secrétaire.

1. Pierre-Etienne Quincy, lieutenant de la 2^^ compagnie du bataillon de Popincourt, électeur de 1790.

348 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [22 avril 1791]

[Les nombreux mémoires dont ce Magcnlhies obséda les pouvoirs publics pendant la Révolution font, par la bizarrerie du style, l'énormité de la somme réclamée, qu'on se demande si on n'a pas affaire à un balluciné. — Magon de La Balue fut condamné à mort le 1"" thermidor an II, comme ayant été le banquier des émigrés. — Quant à Magenlhics, il survécut à la Révolution : le 18 mai 1820 il imprime une « Communication éclatante à sa Majesté Louis XVIII », toujours sur le même objet. Ses pétitions imprimées ont été réunies, à la Bibliolhèquc nationale, dans le recueil factice indiqué plus haut. Il serait trop long et inutile d'exposer ici la biographie de Jean-François Magenthies, commerçant, voyageur, liomme d'affaires, né à Sainl-Lys (Haute- Garonne). Lui-même a conlé sa vie dans l'ouvrage fort étrange intitulé : Le Naboih français, ou Grands Coupables dévoilés, Paris, l'an I" de la République in-8. Il est difficile d'y distinguer le vrai du faux : c'est un fatras.]

SÉANCE DU 24 AYRÏL 1791

d'après « LE LENDEMAIN » DU 26 AVRIL 1791

Ouverte à six heures par 200 membres. Ce nombre s'est accru jusqu'à neuf heures de 300, et à dix heures et trois quarts, lors de la clôture, il n'y en avait plus que 150.

Lecture du procès-verbal; adresses, parmi lesquelles il faut distinguer celle des Amis de la constitution de Strasbourg, c'est-à-dire des despotes de celte ville, qui demandent la destitution de tous les officiers des troupes de ligne, sous le prétexte banal d'aristocratie. [Grands applaudissements.)

MM. Dugasel (sic), Rœderer etXoailles parlent sur l'organisation de la garde nationale ; le premier, d'une manière aussi plate qu'obscure; le second, qui n'était pas préparé, se borne à quelques observations, et demande la parole pour la première séance. Cette matière n'a été , pour le troisième, qu'une occasion de se livrer à la critique la plus amère et aux injures les plus grossières contre le Comité de constitution, qu'il a accusé de préparer dans le secret un plan de contre-révolution, et a fini par demander qu'on protégeât la liberté indéfinie de la presse.

On sait que la liberté des Jacobins est une licence efîrénée pour tout ce qui peut les servir, et devient zéro pour ce qui contrarie leurs vues.

Un sieur Fourny, volontaire du bataillon des Mathurins, paraît à la tribune. 11 annonce que son bataillon a arrêté de ne point faire le ser-

ment d'obéissance, et il dénonce ceux qui prêtent ce serment comme des êtres méprisables (pour des Jacobins) sur qui on (la section) ne peut plus compter.

Chépy appuie cette dénonciation, et épuise le dictionnaire d'injures contre le général, la Commune, le département et la municipalité.

La séance se termine par une députation des libraires et imprimeurs, propriétaires des diverses liturgies de France, qui demandent la protection du Club auprès de l'Assemblée nationale pour le mémoire qu'ils lui ont présenté.

[Même séance', parodie, d'après les Sabhals jacobites, I, 282 :]

La séance était orageuse. Les esprits, encore incertains sur la démission du général de l'armée parisienne, aimaient à prolonger l'espérance dont quelques coryphées de la horde jacobitc s'étaient bercés. M. Voidel se leva, et, mettant clans son discours une adresse aussi rare que nécessaire, il insinua que la séance publique ne devait pas être employée à cette discussion. Il rappela, d'une manière éloignée, l'institution première des conciliabules secrets appelés Comités, où l'on peut, sans rien craindre et à huis clos, agiter les questions les plus délicates; puis tout à coup, sachant qu'il allait faire une diversion charmante : « Messieurs, s'écria-t-il, Messieurs, j'ai l'ait une découverte importante, une découverte qui sera, si vous le permettez, l'objet d'une dénonciation infiniment sérieuse. »

Toutes les bouches s'ouvrent, tous les cols se tendent, toutes les oreilles se dressent. M. Rœderer prenait alors une prise de tabac, son bras demeure suspendu; M. Goupil de Préfeln, qui replaçait sa perruque, reste dans le désordre de sa toilette, et M. Voidel, le front rayonnant de joie, continue : « Des gens mal intentionnés ont dit qu'on n'avait pas eu l'intention d'enlever le roi le 18 avril; qu'il n'y avait pas de cavalerie sur la route des Champs-Elysées et de Saint- Cloud; qu'il n'y avait pas une armée d'évèques réfractaires, brandissant leur cimeterre d'une main et montrant la croix de l'autre; des gens mal intentionnés ont dit que le roi ne pourrait jamais, quand il le voudrait, traverser incofjnilo les départements; ils ont dit que la

1. On remarquera que les incidents rapportés par les Sabbats jacobites. à propos de la séance du 24 arvil 1791 ne sont pas du tout les mêmes que ceux qui font l'objet du compte rendu du Lencleinain. Peut-Hre y a-t-il une erreur de date.

350 SOnf.TF. T)FS .lACOniNS r2i Avnii, ITDI]

garde nationale de ces mêmes dépaitements f^ervait à quelrjno ehoso; qu'elle siiflisait pour arrêter et ch'-r.iire la trou[ie qui pourrait, dans ce ca?-là, accompagner celui ;i qui nrnis avon^ confié le pouvoir exécutif! Eh bien, moi, je vous dis, Mes^i'urs. f[ue nos alarmes n'étaient que trop justes : je vous dénonce même M. Sinety, qui a été vu, le 28 février 1791, caché derrière un arbre de la route de Saint-Cloud, portant sa gibecière et gucUant h- jnon.'nqin' .-ni jiassage. Il est certain, Messieurs, que le roi, ses chevaux, sa voiture, ses valets de fjied, ses pages, les aristocrates qui l'auraient accompagné, eussent été escamotés à notre Itarhe, si le ]»cujili; n'eût pas empêché leur départ. »

Les Jacohins, enchantés de la découverte, arrêtèrent qu'il sei'ait dressé une statue à M. Toidel, et que cette statue serait placée en regard avec celle de M. Necker.

SÉANCE DU -25 AVI)[f. 1701

D'aI'HKS le a JOLHNAL m^ LA 1U-:V0LU I ION » DU 27 AVIilL 1701

Avant d*; rendre compte de cette séance, nous dfvon- diie un mot de celle de dimanche soir'; elle n'a eu d'autre objet importaut que la suite de la discussion sur l'organisation de la garde nationale, et une réclamation très vigoureuse par la Société de Marseille et une Société voisine en faveur de sept malheureux soldats du régiment de Bourgogne condamnés à uiort par un conseil de guerre, 'peine] (jue le ministre a commuée en galères perpétuelles. Voici les faits en suhstance.

Les se[)t soldats en question s'étant trouvés surla place, où étaient des ofUciers municipaux, ceux-ci les engagèrent à aller à l'Hôtel de ville. Un officier s'en aperçoit, vole au corps de garde et entraîne un nombre d'officiers et soldats armés à l'Hôtel de ville. Ils entrent brusquement; les farourlie- officiers prennenf Itin- viiliuus au collet, et leur tiennent la jmh'iiIi' de l'cpiM' ^ur l;i poiliinc, en vomissant les sarcasmes les plus atroces coiiln; huite l'assemhlée. Les officiers munici[)aux veulent eu di-esser procès - verbal , les officiers s'y opposent, et vont jusqu'à fondre sur les magistrats du peu])le : l'un d'eux, pour sauver sa vie, saufi' p.ir une fenêtre.

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