‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 163 sur 243 · Cest-à-dire le 23 avril · texte numérisé non relu

Cest-à-dire le 23 avril

332 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [2o avril 1791]

[Même séance, d'après le Lendemain du 27 avril 1791 :]

Ouverte à six heures par 200 membres. Ce nombre, porté vers huit heures à 450, s'est trouvé réduit à 200, à dix heures, lors de la clôture.

Après la lecture du procès-verbal et quelques adresses sans intérêt, Biauzat pérore et énergumène {sic) contre les officiers des régiments de Bourgogne et de Château-Vieux, « qui, dit-il, traitent leurs soldats avec cruauté ».

Dénonçons donc les Jacobins à toute la France, car ils la traitent avec une horrible barbarie.

On nomme douze commissaires pour examiner cette dénonciation.

Un membre, en rappelant à la Société que le discours du roi à l'Assemblée nationale, du 4 février 1790, a été gravé sur des tables d'airain, demande que le même honneur soit décerné à sa lettre aux puissances étrangères'.

La proposition est huée. — Pourquoi?

On abandonne l'organisation de la garde nationale pour s'occuper de l'affaire d'Avignon.

Goupil, Carra, Robespierre, Chépy, Alexandre Lameth, parlent sur cette affaire; et, après avoir débité, les uns des sottises, les autres des sophismes, ils concluent à la réunion de cet Etat à la France.

A la levée de la séance on a distribué gratis : 1° les discours de remerciements des nouveaux évèques à la Société (rien de plus maladroit : car ils offrent la preuve que ce sont les Jacobins qui font toutes les nominations, ce qui doit infiniment déplaire au peuple); 2° les observations de la Société fraternelle sur l'arrêté du directoire du département, d'où il résulte que les Jacobins sont auteurs et complices de cet ouvrage infâme.

1. Il s'agit de la lettre écrite au nom du roi, le 23 avril 1791, par le ministre des affaires étrangères Montmorin à tous les ministres et ambassadeurs de France auprès des cours étrangères. Louis XVI y déclarait qu'il avait accepté librement la constitution et que son serment de la maintenir était irrévocable. Cette lettrj fut lue à l'Assemblée nationale dans la séance du 23 avril 1791 au soir. On en trouvera le texte dans le Monileur, Ylll, 213.

[-20 AvniL 1791] DUBOIS-CRANCÉ 333

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