IS MAI 1791] LES PATRIOTES HOLLANDAIS
HuBER, ci-devant membre des États de la province de Frise; De Kocks ci-devant conseiller pensionnaire de la ville de Wyck; Van Hoey, ci-devant membre du comité patriotique de La Haye; De Wacker van Zon, citoyen d'Utrecht, membre de la Société des amis de la constitution, à Paris.
N. B. — La lecture de ce discours fut suivie d'une harangue de M. Grouvelle, qui, après avoir fait plusieurs observations sur le patriotisme hollandais, a dit : « Je demande qu'en accueillant les patriotes bataves, vous consigniez dans vos archives le discours qu'ils vous ont fait et que vous appuyiez la demande de ces infortunés patriotes, lorsque cette cause sera portée à l'Assemblée nationale. » Cette proposition a été accueillie par les plus vifs applaudissements.
[A propos de ce discours et de la séance du IS mai 1791, on lit dans les Annales patriotiques, n° DXCIII, p. 1428 :]
Une députation des Hollandais réfugiés en France a paru, hier 15, pour la première fois à la tribune des Jacobins. Cette apparition subite a surpris les politiques; mais ce qui les a bien étonnés davantage, c'est la lecture d'une très longue adresse, dans laquelle on dit très positivement qu'il est bien temps que les Français prennent le parti des Hollandais opprimés et réfugiés, et leur fournissent des secours pour faire une révolution en Hollande. L'orateur a rappelé dans cette adresse la trahison du ministère français envers les patriotes hollandais, et l'abandon qu'on avait fait d'eux au moment où les troupes prussiennes entrèrent dans ce pays; il a fait entendre qu'en nous liant entièrement d'intérêt avec les patriotes hollandais, nous détruirions sûrement l'influence de l'Angleterre et aurions l'entrée libre de tous les ports appartenant à la République, ports qui ne sont ouverts aujourd'hui qu'aux seuls vaisseaux anglais. — M. le président a répondu que, malgré l'intérêt bien sincère que nous prenions à la cause des patriotes hollandais, nous n'irions point faire des croisades contre la Hollande et la Prusse et que nous nous contentions de faire des vœux pour la liberté universelle et le vrai bonheur de tout le genre humain. Sans doute, le ministère français a
1. « Jeau-Conrad Kock, âgé de trente-huit ans, né à Heusdeu eu Hollande, banquier, demeurant à Passy. >> Ainsi le qualifiera l'acte d'accusation dressé par Fouquier-Tinville contre les Hébertistes. Sur les chefs d'accusation qui lui furent spéciaux, voir le procès d'Hébert, p. 100-101. — Il fut guillotiné avec Hébert. 11 est le père du romancier Paul de Kock.
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trahi les patriotes hollandais; il trahissait bien à chaque instant sa nation elle-même. Sans doute la situation des vrais patriotes hollandais mérite une grande considération de la part des vrais amis de la justice, de l'humanité et de la liberté ; mais se peut-il que ce soit dans le moment même où le décret de commission impériale vient de paraître, oïl tous les princes allemands nous menacent très sérieusement, que les patriotes hollandais réfugiés en France viennent nous inviter pour la première fois à attaquer le stathouder et le roi de Prusse? N'avons-nous pas assez d'ennemis en ce moment?
[Suivent des réflexions de Carra.]
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