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Journal des Clubs, n» XXVIII

[jî) MU 1791] ADRESSE A LA SOCIÉTÉ 441

frères? Et ils aiment la liberté, la douce égalité? Non. Et ils sont patriotes? Non, non, etc.

Il est temps de faire cesser une erreur qui peut avilir la saine, la vertueuse majorité de cette Société ; il est temps d'a[)prendre, partout oi^i Taccent du patriotisme français s'est fait entendre, que le titre que nous avons pris n'est pas un titre dérisoire, que nous remplissons avec zèle les saintes obligations qu'il nous impose, et que nous gémissons sur l'égarement de quelques-uns de nos frères, pour qui la suspension de notre estime sera la preuve qu'on ne se joue pas impunément parmi nous des droits sacrés de l'humanité.

Je propose donc, Messieurs, que votre président soit autorisé à écrire, au nom de l'assemblée, à toutes les Sociétés qui nous sont affiliées, une lettre par laquelle la Société des vrais amis de la constitution, séant aux Jacobins, à Paris, déclare à ses frères qu'elle improuve, qu'elle s'afflige de la conduite qu'ont tenue plusieurs de ses membres; qu'elle est loin d'adopter ces principes barbares, enfants de l'égoïsme et de la cupidité ; qu'elle ne connaît d'autre différence entre un homme et un homme que celle que la nature y a mise, celle des talents et des vertus; enfin que les services antérieurs de ces membres lui laissent la douce et consolante espérance qu'un repentir sincère ne tardera point à effacer la tache dont ils se sont souillés.

J.-M. Jenessqn.

d'après le « JOURNAL DE LA RÉVOLUTION » DU 18 MAI 1791

Dans la séance du 16, M. Raimond remercie la Société, au nom des hommes de couleur, de la part qu'elle a prise à leur sort. Il a assuré qu'élevés à la dignité de Français libres, ils s'en rendraient dignes, et emploieraient leur fortune et leur vie, s'il le faut, pour conserver les possessions où ils ont pris naissance.

Sur l'ordre du jour, qui était le complément du Corps législatif, il n'a été présenté aucune idée nouvelle.

Quelqu'un a proposé, pour remédier à la rareté du numéraire, d'acheter des lingots 55 livres 10 sols le marc d'argent, avec des assignats, et d'en défendre l'exportation, de mettre nos louis à 25 li-

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vres, et nos gros écus à 6 livre? 10 sols. On a présenté le projet d'une création de plusieurs millions de petits billets de 3 et de o livres à répartir dans les sections. Ni l'un ni l'autre de ces projets n'a été accueilli. Deux autres membres ont remarqué avec plus de raison que les meilleurs remèdes à tant de maux étaient : i° de se hâter de fabriquer et de mettre en circulation les petits assignats; 2" de porter une loi contre les émigrations, qui sont les premières et les principales causes de l'exportation prodigieuse de nos espèces.

[C'est probablement à cette séance du IG mai 1791 qu'il faut rapporter l'article suivant des Révolutions de Paris, n° 98, p. 339 :]

La Société des amis de la constitution, établie à Niort, département des Deux-Sèvres, avait pris un arrêté portant que tout citoyen qui serait reconnu pour faire perdre aux assignats dans l'échange ne pourrait être reçu dans leur Société. Cet arrêté, antérieur au décret de l'Assemblée nationale sur la liberté du commerce pécuniaire, a tout le mérite de l'à-propos. La Société fraternelle de Paris s'est empressée de suivre cet exemple de patriotisme, et c'est peut-être tout ce qu'elle a pu. Mais la Société des Jacobins a cru faire assez pour la chose publique en prenant lundi dernier ' le même arrêté. Cependant, quel remède une pareille décision peut-elle apporter au prix excessif de l'argent? N'eùt-il pas été plus essentiel de s'occuper à le faire baisser? C'était là le véritable ordre du jour, et la Société des Jacobins aurait bien plus efficacement servi la patrie et prouvé son attachement à la constitution, en unissant ses efforts à ceux des diflFérentes sections de Paris, qui viennent d'établir, dans leurs comités respectifs, des caisses où les assignats seront échangés à 2 p. 100. C'était en imitant ceux de ses membres qui possèdent de l'argent à le porter aux caisses de leurs sections, c'était en établissant elle-même une caisse d'échange, que la Société des Jacobins, qui reçoit tous les jours, et en grand nombre, des écus pour les affiliations et réceptions, aurait véritalilement servi la chose pubHque. D'ailleurs, ceux qui vendent leur argent ne sont pas tous Jacobins.

1. Le numéro des Révolutions de Paris auquel nous empruntons cet article est daté « du 21 au 28 mai 1791 ». Cette expression : Lundi dernier, pourrait se rapporter au lundi 23 mai; mais, comme dans la séance de ce jour-là il ne fut pas question des assignats, dont les Jacobins s'occupèrent le lundi précédent 16 mai, c'est à cette dernière date que nous avons cru devoir rapporter cet article.

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