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ARTICLE DU « LENDEMAIN » DU 29 MAI

Le Club des Jacobins, depuis la perte de ses chefs, ressemble à l'Assemblée nationale depuis qu'elle n'a plus Mirabeau. Ses séances sont languissantes et peu nombreuses; on y discute sans fureur; on y pousse même le ralentissement du patriotisme jusqu'à sentir la nécessité d'obéir aux lois.

Un orateur y débuta ces jours derniers sans succès. Quand il fut établi dans la tribune, il parut intimidé du spectacle imposant qui s'offrit à ses yeux. Il se recueillit un moment, et tout à coup reprenant une grande assurance, il s"écria : « Les factieux, Messieurs... » Ces deux mots mal assortis excitèrent des murmures. L'orateur crut mieux dire en retournant sa phrase : « Messieurs, les factieux... » Ici les huées l'empêchèrent de continuer; il se retira fort surpris d'un pareil accueil, et très convaincu que le Club des Jacobins était difficile sur les constructions grammaticales.

L Ce nunirro du Journal de la cour et de la ville contient bien les vers sur Montmorency, mais non ceux sur Condé.

460 SOCIÉTÉ DES JACODIXS [29mai1T91j

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d'après « LE LENDEMAIN » DU 1" JUL\ 1791

Elle a été nombreuse au commencement, parce que la nouveauté du local avait attiré beaucoup de monde", mais aussitôt qu'on a eu vu l'efTet on s'en est allé, et la séance ne s^est réellement tenue qu'avec cinquante ou soixante membres. M. Goupil a remis la sonnette à M. Prieur, qui en a été décoré par le résultat da scrutin. Le procèsverbal et les adresses n'ont produit que beaucoup d'ennui.

Adieux touchants de M. Noailles, qui part pour l'Alsace. On demande qu'il lui soit voté des remerciements. La Société a trouvé cette proposition prématurée, et, au lieu de faire des remerciements à M. de Noailles, elle a arrêté de lui donner des lettres de recommandation pour les Jacobins de Colmar et de Strasbourg.

On bavarde sur le Code pénal.

Un membre propose, pour obliger tous les brigands de quitter la capitale, de les marquer sur la joue d'un fer rouge. Cette motion, dangereuse sous plus d'un aspect, ne fait pas fortune.

Le sieur Huruge propose et la Société adopte un deuil de trois jours en l'bonneur de Voltaire. Elle arrête même d'envoyer le bulletin de ce deuil à toutes les Sociétés afTdiées.

On fait hommage à la Société d'un livre intitulé : Les Adieux cVun grenadier, ou les Dangers dhm zèle outré. Ce titre a été trouvé malsonnant aux Jacobins, et un grand nombre de membres voulaient qu'aucun ouvrage ne fût reini qu'après avoir été censuré par des commis-

1. On lit à ce sujet dans la Chromcjne de Paris du l^r juin 1791 : « La Société des amis de la constitution a pris, dimanche dernier, possession de son nouveau local dans l'église dos Jacobins. On y a ménagé des tribunes pour y admettre un certain nombre d'étrangers. C'est une mode aujourd'hui de calomnier cette Société. Les aristocrates crient sans cesse aux factieux comme les brigands crient à la lanterne. Les hommes qui redoutent personnellement l'influence de cette Société et ses lumières font fabriquer des papiers dans lesquels elle est tous les jours attaquée, et ils en soudoient les auteurs, que ces libelles ne pourraient faire vivre, pour mieux tromper le peuple. Quelques-uns <le ces papiers prennent, sur d'autres objets, une teinte de patriotisme. Ils ne réussiront pas à détruire une Société qui compte toujours, parmi ses membres, les plus fidèles et les plus sûrs amis de la constitution, et sans la surveillance de laquelle nous serions déjà livrés aux horreurs de la guerre civile. >>

L29mm 1791] SÉANCE DU 29 MM J791 461

saires qui examineraient s"il est dans de bons principes, comme les Crimes des rois de France^.

Dénonciation, par un membre, de l'émigration de plus de vingt mille familles. Cette nouvelle est sûre, le dénonciateur l'a reçue en confidence d'un président au ci-devant Parlement, son ami, mais dont l'aristocratie le dispense de lui garder la foi.

Cette doctrine, quoique bien jacobite, n'a pas excité les transports qu'elle aurait fait naître il y a quelques mois, et on s'est retiré sans répondre et en silence.

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