‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 208 sur 243 · PAR N. C, CITOYEN ACTIF · texte numérisé non relu

PAR N. C, CITOYEN ACTIF

(Guilhemet, s. d., in-8 de 8 pages.)

Frères et Amis,

Si, depuis la Révolution, les habitants ne sont plus environnés que de filous et de brigands, qui dégarnissent leurs lieux saints, leurs maisons et surtout leurs poches, si ce brigandage est devenu général au point qu'il n'y a plus de sûreté pour personne, quoique tous les jours la nation dépense beaucoup d'argent pour faire surveiller, arrêter, loger et nourrir, des milliers de filous et de brigands, dont il existe un moyen de se débarrasser de manière qu'ils se corrigeraient d'euxmêmes et que leur race s'éteindrait de jour en jour, sans les tenir en prison, les envoyer aux galères, ni les faire mourir; voici ce moyen.

Il consiste à établir une marque pour en marquer les visages des filous et des brigands de la même manière qu'on marque une chaise

\. C'est l'ouvrage de Lavicomteric, dont il a été souvent question.

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d'église, laquelle pourrait être de la lettre F, sans avoir égard aux naissances ni aux fortunes des coupables.

Pour écarter le prétexte que nous naissons tous avec l'inclination de voler, il sufïit d'observer que , si on détruit cette inclination jusque dans les animaux domestiques, il doit être bien plus facile de la détruire dans les hommes, qu'on appelle animaux raisonnables, dont pourtant il s'ensuit qu'ils le sont moins que leurs confrères animaux domestiques, puisqu'ils étouffent en eux le cri qui leur commande de ne rien voler à personne.

Le refus que font les filous et les brigands d'obéir à ce cri, si généralement gravé dans toutes les âmes, creusant la perte et troublant le repos d'une nation entière; cette même nation, à laquelle il est attaché à sa gloire de n'avoir que des citoyens vertueux, a bien le droit de faire ce qu''il faut, pour en multiplier le nombre, en détruisant les égoïstes fripons.

Comme, pour élever l'àme, il faut à plusieurs des tableaux qui frappent les yeux, nous pensons que la marque distinctive que nous proposons pour connaître et faire disparaître les filous et les brigands paraîtrait aussi juste, si elle était établie, que les cordons et les médailles que la nation a établis pour en décorer les hommes méritants qui consacrent leurs jours à lui rendre service, sans autre intérêt que celui d'être utiles, de la nation entière à l'exemple de la garde nationale.

Pour éviter une dépense sur le contrôle à établir que nous proposons, n'user d'aucune violence, ni attenter à la liberté des filous et des brigands, il pourrait être convenu d'une ou plusieurs places sur lesquelles on les conduirait pour y être contrôlés sur le visage de la lettre F, et menés après hors de la ville, au son des tambours.

Si on nous observait que ces contrôlés se rassembleraient sur les grands chemins et dans les bois, nous pourrions répondre qu'ils s'éviteraient ; qu'un seul contrôle ferait prendre l'envie à cent de la devenir, et qu'au surplus les maréchaussées rempliraient leurs devoirs. Du côté de la satisfaction, nous pourrions encore répondre que ce serait ajouter à celle des pères et mères, qui sont plus que jaloux que leurs enfants acquièrent de l'honneur que de la fortune, puisque les enfants à qui on n'inculque pas ce principe commencent à voler chez leurs parents et finissent par voler ailleurs.

Le bien que produirait le contrôle que nous proposons ne permet pas de douter qu'il se trouve d'autres opposants, s'il s'en trouvait, que ceux qui sont en relation d'affaires avec les filous et les brigands. On sait que les plus adroits d'enti^e eux, et ceux qui ont fait le plus

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