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LA NOUVELLE DÉCONVENUE DES FACTIEUX

(Imp. des Frères, rue des Maçons, s. d., in-8 de 7 pages.)

Ce sont les Jacobins qui ont réveillé l'attention du public sur le donjon de Vincennes, auquel personne ne pensait.

Ils ont d'abord imaginé d'en faire un lieu de secours pour décharger les prisons de Paris, où des hommes entassés les uns sur les autres menacent d'infecter la capitale '. Mais le donjon de Vincennes est si peu spacieux, le nombre des prisonniers qu'il peut contenir est

1. Le 20 novcuibrc 1790, l'Asseuiblée constituante autorisa la municipalité de Paris « à se servir provisoirement des prisons de Vincennes pour y faire transférer les prisonniers que celles de Paris ne pouvaient contenir, et à y faire en conséquence les réparations nécessaires ».

^42 socif:Tr, i)i:s .i\r,oiiiNs fiiA. itdij

Hil»''lii, '|ii'', '|ii;iiii| II'- .l.'icoliii)- nul mi- fcllc idi'n- en ;iv.'iiil, loiil, le, moiidf; Ta trouvée lolk;, cl, \r~ hons ciiDyc'ns les oui, soii))coiiii(';s <le qiU'lf|iJO dessein secret que fli.icMn ;i iiiiii|>iv'-l('' ;i ^!\ niMfiièrc

Ccpcriflant les Jacobins oui liil ;iilM|,hi- leur i.imji'I, : le lionjnn (|(! A'iiirciines a été désigné |p<iiir .illéger les pri-ons; cl, sur l;i pruiio-il.ioii de l;i rriunieipalité de Paris, vivement, a])piiyée par les du l'ort, les Lamellj, les Barnave et autres eheTs (\('.h Jneofjitis, cette municipalité a été autorisée par rAsserrdJic ii.ilinn.ili' ;i f.'iii-e ;iu doujou de Yinc(!nnes les réparations et distributions j)écessair(;s p(;ur le mettre en état de recevoir des prisonniers; et c'est en vertu de ce décret, si instamment demandé par les chefs jaoohites, que ces réparations et (li- liihiilioiis se sont faites an ilonjon di' V'iiifi'iines.

'I oui à coup les Jacobins ont cluinj-M! de i»l;iu, à /rioius (pi'il ik; fût connu d'avance, et alors ceux qui les ont soupconné.s de (pudfpic dessein secret ne se seraient [)as trompés; ils oui, .illrrlé de juiiidic d(; roiiibr.'i^e de ces réparations dont ils étaient les .'iut(;urs; ils les (;ut dcnoucées au peuple, qu'ils ont elIVayé, ou du moins tAclié d'effrayer sur le rétablissement de celte prisrm et sur '-;i dislin.'ition.

Et, ftiir li,iil <■!■(•] il n"v n. pa^ moyen, puni- N'- J;ifoliins, ni d<', dirt; ii((ii, ni iiMiiM- d'érpiivoipirr.

'l'oiil je monde Sfiit que l.i pn.jMi-ilion de pii'iidn' \r dnnjon d(; Yincennes pour d(Mdi.ir;,;i r If- pri-on- de l';ii'is ;i cic r.iilr ;i l'As-emblée nationale par les cbefs jacobilr , (pic \r di'cnl (pii ;i .idopté cette proposition est leur ouvrage. Tout le mmidc sait encore (jnc ce sont les (iorsas, les Carra, les Marat, les Amlonin, les Martel, (pu ojit ensuite! jeté l(;s bfiuts ('ris contre lis n'p.i i;i I ions biites ;'i \'inc('nnes, et (pu ord, cbcrebé ;ï soulever le pcnpli' ,i (•clic; oc(^'t.sion, (d lous ces billiculaires s/nd. jricobites; et ])ersonnr n'i;^norc (pi'ils iré(;rivent (nie d'après les in-lruclions de Mcssiem- de ee elnlidielalenr.

Ain- i, quelle ipie soit la singul.'iiil !'• de cri |r comludi', i n co n ce \', i |»|c pour lonic .'une droite cl neuve en iidrigu(;.>, il c-l consl.iid i\\\c a; sont le- J;nol.in- qui ont, rcievi- el ensuite proscrit b; donjon de Vinccnne-.

l)^lpl■e-^ cftla, on ru; pense pas se trouqtei' sur les aiiteins di; l'insiirrection dirigc(! ciudre les donjons. Inutilement vieid-on nous dire anjonid lini : ce sont les ar'isl,oci-ate- qui onl opini- ce monvennud,, c'c 1 nn I innpiol des aristocrali - .

tih! Me-Mcnis, prenez donc ;.';irde; ponr qin non-, prene/-vons? Vous ne poniiie/, pas rnénn; en inq»o cr ;i de- cnl'.iid-.

im:ind on \oil que c'est vous, (pu- ce soni les ecri\ m i llenr- ii voli'c fjoldc (pii crieid c;idre le ilonjon, (pu .unenienl, le peuple ;i celle

fFÉv. 179J] MOTION FAITE A LASSEMlîLÉE NATIONALE 1 13

occasion, qui lui conseillent, comme Audouin et Marat, craller démolir ce donjon ; quand on voit une députation du Club des Cordeliers, club afBlié au vôtre, et un {>eu plus turbulent encore, venir, dans une de vos séances, vous proposer cette démolition et vous dire que le peuple est tout prêt, cest-à-dire les brigands payés pour cela; quand on voit, le lundi suivant, cette expédition se faire par ces vils stipendiaires, je vous le demande à vous-mêmes, peut-on douter que ce ne soit là votre ouvrage ? Et il est bien clair que Vincennes, qui vous avait plu d'abord, vous a ensuite souverainement déplu, et que vous avez voulu l'anéantir en le faisant attaquer par vos gens !

Vous avez donc dû être bien satisfaits quand M. Le Cbapelier a demandé à l'Assemblée nationale que ce château fût vendu, comme bien national, au profit du Trésor public, et joindre tous vos efforts à ceux de MM. Beaumetz, d'André, Dupont, Regnault, Duquesnoy et autres, qui ont appuyé cette motion.

Comment se fait-il donc que M. de Lameth, que M. du Port, que M. Barnave, que M. d'Aiguillon, que les chefs enfin des Jacobins, qui étaient présents à cette motion, n'ont pa- dit un mot : ne unwn quidem verbum ?

Est-ce qu'ils seraient revenus à leur premier sentiment? Est-ce que le donjon de Yincennes ne les générait plus? Ou leur serait-il aujourd'hui devenu indifférent?

On n'y conçoit pas grand'chose; mais il faut toujours se souvenir qu'avec les Jacobins, c'est-à-dire avec les chefs de cette association, tout est intrigue, et voici quelques faits qui serviront à éclaircir le mystère :

MM. Lameth, du Port, Barnave et leurs trente amis s'aperçoivent bien que leur crédit baisse.

Ils avaient imaginé, pour le remonter un peu, de faire à l'Assemblée, avec beaucoup d'éclat, la motion de démolir le donjon de Yincennes, et Lameth devait porter la parole. Le discours était tout prêt. Alexandre, son frère, Barnave, du Port, devaient l'évertuer [sic') en appuyant la demande. On avait préparé des grands discours, presque tous composés des mots : peuple et liberté, avec lesquels on devait recueillir de grands applaudissements.

Jugez combien ils ont été étonnés et importunés par cette motion de M. Le Chapelier, qui, en les prévenant, a dérangé tous leurs apprêts; combien encore ils ont été mortifiés de voir cette motion faite et soutenue par des hommes que, depuis quelque temps, ils désignent au peuple comme ses ennemis et qu'ils ont intérêt de noircir, parce qu'ils ne sont point amis des Jacobins, et déjouent leurs intrigues I

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Et puis, ces messieurs, en faisant une motion sage, la font sagement. Ils la font quand le peuple est rentré dans le devoir, et, en la faisant, ils ne flagornent point le peuple : ils la font d'une manière utile. Ils ne veulent pas que la nation perde une propriété précieuse; ils ne l'abandoiment point au pillage, ils en demandent la vente ; et, après que cette propriété a été défendue contre les efforts des scélérats commandés pour la dévaster, ils en provoquent la disposition régulière et légale.

Non, rien de tout cela ne pouvait plaire à MM. Lameth, du Port, Barnave et autres directeurs des opérations jacobites!

Étonnés de se voir ainsi prévenus, déjoués, démontés, indignés de voir manquer toutes leurs machines, il n'est pas bien étonnant qu'ils aient gardé le silence , car peu leur importe le bien du peuple quand il est séparé de leur intérêt.

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