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PAMPHLET LES CRIMES DES JACOBINS

(S. 1. u. d., in-8 de 7 pages.)

La plume se refuse à tracer les intrigues, les sourdes menées et les criminels projets d'une Société qui s'est dite, pour éblouir le peuple, les vrais Amis de la constitution, que cependant les' honnêtes gens qui s'y étaient affiliés appellent avec raison le Club des régicides ^ mais il est du devoir de tous les patriotes de démasquer leur conduite et d'arracher le voile que leurs forfaits ont déjà fait tomber à moitié. Les monstres viennent de répandre dans tout Paris et dans les provinces un libelle infâme, tissu d'atrocités, d'absurdités et de mensonges, qu'ils ont intitulé : Les Crimes des rois. On y voit des cruautés et des barbaries que des lions et des tigres affamés ne commettraient pas. Ils le font distribuer dans les faubourgs, à bas prix; ils le répandent dans les ateliers de charité et dans les marchés; ils ont institué même (les lecteurs qui en font la lecture dans les carrefours et les places

1. Ce paaiphk't est une réponse aux Crimes des rois de France, de Lavicomtcrie, dont il est question dans ravant-deruier pamphlet, p. 130. Nous croyons donc pouvoir le rapporter à peu près à la même date, c'est-à-dire à la fin du mois de février 1791.

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publiques. C'est sous les yeux de l'Assemblée nationale, qui a reconnu le roi pour le chef de la nation, c'est sous les yeux de la municipalité que l'on commet ainsi des crimes de lèse-nation et de lèse-majesté.

Aussi voilà, citoyens, les fruits de leurs forfaits. Maintenant chaque jour voit éclore de nouvelles séditions et de nouveaux troubles. Le peuple, égaré et salarié, vient assiéger l'asile du roi, et, sans l'activité du général et des bons patriotes qui chérissent leur roi, des mains parricides, conduites par les écrits incendiaires des Marat, des Prudhomme, des Corsas, des Camille Desmoulins, vils écrivains faméliques, et tous principaux membres de ce club, autrefois stipendiés par la police pour écrire au gré des ministres en place, vous auraient déjà privés du meilleur des rois.

Lisez dans le numéro 84 de ce scélérat Prudhomme ', à l'article des Brigands; sa première phrase commence ainsi : « Tous les brigands ne sont pas sur les grandes routes; il en est de privilégiés et d'inviolables, qui sont les rois, qui professent habituellement tous les crimes. »

Ne reconnait-on pas à cet écrit incendiaire l'auteur du libelle infâme intitulé: Les Crimes des rois, qui est marqué du sceau de la criminelle assemblée des Jacobins, dont il est un des membres?

Quand un de leurs projets échouerait d'un côté, un autre lui succède à l'instant, ou, pour mieux dire, ils les distribuent et marquent les endroits et l'heure de l'attaque, afin que toute la force portée d'un côté ne puisse donner du secours à l'autre. Ce que j'avance est connu de tout le monde. Ces jours derniers, quinze ou dix-huit cents ouvriers sont tirés de leurs ateliers et se sont portés à Vincennes pour démolir la forteresse, et, le même jour, le château des Tuileries fut encore assiégé. Les Jacobites ont répandu aussitôt, pour donner le change dans Paris et dans les provinces, que c'étaient des gardes du corps; comme si ces braves guerriers, qui ont donné tant de preuves de leur amour pour le roi, viendraient chez lui avec des pistolets et des poignards !

De semblables calomnies ne sont-elles pas inventées pour faire recommencer le meurtre des nuits des o et 6 octobre?

Le brave La Fayette, contre qui ils conspirent aussi, parce qu'il n'a point voulu s'affilier avec eux, et qu'il pouvait si bien servir leurs

1. Il s'agit (lu journal tes Révolutions de Paris dont ce numéro 84 est daté du 12 au 19 février 1791. La citation qu'en fait l'auteur du pamphlet n'est pas tout à fait textuelle, mais c'est bien le sens général des premières lignes de l'article qui a surtout pour but de dénoncer la malveillance des cours étrangères à l'égard de la Révolution.

UO SOCIÉTÉ DES JACOBINS [fév. 1791]

projets criminels, ayant la force en main, connaît trop leurs intentions républicaines pour ne pas parer le coup qu'ils veulent porter au trône dont il est le défenseur.

Plusieurs de cette vile populace, instrument aveugle des Jacobins, arrêtés et constitués prisonniers, viennent de déclarer, dans leurs interrogatoires, qu'ils recevaient depuis longtemps de l'argent d'une société connue sous le nom des Amis de la constitution. C'est sous ce nom qu'ils ne cessent d'égarer le peuple, qui demandait à grands cris la tète du général, quand il se présenta avec sa troupe pour disperser ces brigands.

Citoyens, ouvrez les yeux sur tant de forfaits ; demandez, dans vos assemblées la dissolution et l'anéantissement d'une Société si dangereuse. Forcez la municipalité d'ouvrir les yeux qu'elle se plaît à fermer sur les crimes de l'assemblée des Jacobins. Obligez-la d'armer la force pour exterminer cette troupe de régicides. Vous en avez le droit, profitez-en; un moment plus tard, ils peuvent vous perdre. Ils veulent une république, ils sont les seuls qui la désirent, parce qu'ils espèrent en occuper les premières places; et, s'ils réussissaient, de libres que vous clés ils vous feraient rentrer dans un esclavage plus dur que celui dont vous êtes à peine sortis. Remarquez qu'il n'a pas existé de révolution, dans aucun pays du monde où il s'en est fait, que l'on n'ait vu des Sociétés ambitieuses comme celle-là, qui n'aient pris le masque qui flattât davantage pour arriver à leur but. Ils sont heureusement démasqués aux yeux des honnêtes gens : leurs ooups seront moins dangereux. Cependant ne vous y fiez pas; on ne saurait calculer la profondeur de leurs crimes. C'est à vous, citoyens, d'arrêter leurs complots, en les dispersant et les livrant aux lois qui doivent punir de mort des criminels de lèse-nation et de lèse-majesté.

Qui de vous n'aimerait pas cent fois mieux retourner sous l'ancien régime que de voir la France gouvernée par de semblables hommes? C'est pourtant cette Société, qui a à sa tète quelques membres fanatiques de l'Assemblée nationale, qui dicte les décrets et les lois qui devaient vous rendre si heureux.

Connaissez-les, ces hommes pervers, corrompus et ambitieux : ce sont les Barnave, Voidel, Lametli, Danton, Fabre d'Eglantine, Marat, Priidlu)mme et autres scélérats dont les noms souillent la bouche de ceux qui les prononcent. La municipalité n'a pas eu besoin de mettre en activité tous ses comités de rechercbes pour découvrir les auteurs de tous les troubles et de tontes les séditions; ils ont professé et ils professent encore publiquement leur morale impure, et elle les laisse

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continuer. Chose inouïe, elle favorise leurs intentions au point d'armer la force publique pour empêcher l'exercice public d'un Club monarchique, composé de gens dont la réputation est au-dessus de tous éloges, qui aiment le roi, et qui avaient autant de droit qu'eux pour former une Société. Que peut-on penser de pareils ofliciers qui doivent maintenir le bon ordre, renverser toute société dont les vues ambitieuses ne tendent qu'à semer la discorde et l'anarchie, quand on les voit regarder d'un œil tranquille tous les troubles et les séditions qui agitent chaque jour la capitale, et qui ne font point punir les coupables que la voix publique leur désigne? Une pareille conduite n'est-elle pas faite pour vous porter à croire que les hommes que vous avez choisis pour l'administration de la police ont les mêmes intentions que cette infernale assemblée des Jacobins? Si la municipalité ne cherche pas à détruire les conséquences que l'on lire de sa conduite scandaleuse, en livrant les coupables dénoncés au glaive de la justice, elle deviendra l'objet des mépris publics et peutêtre la victime du peuple qu'elle n'aura pas défendu des attentats contre ses droits.

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