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ARTICLE DE LA CHRONIQUE DE PARIS DU 8 MARS

Attachés à la constitution qui fait le bonheur d'un peuple nombreux, nous l'avons défendue de toute notre puissance; c'est elle que nous aimons, sans épouser aucun parti, sans suivre aucune bannière; mais nous croyons que , malgré quelques torts légers qu'on peut reprocher à la Société des amis de la constitution, cette Société est le temple du patriotisme et de la liberté, et que, si ses ennemis parvenaient à la détruire, ils marcheraient bientôt à l'anéantissement de la constitution.

On a écrit, on écrit tous les jours contre cette Société; ses détracteurs ne sont pas de bonne foi; ils la jugent tout entière d'après la haine injuste ou légitime qu'ils ont pour quelques-uns de ses membres.

1G6 SOCIÉTÉ DE^ JAiOBLNS ;8 mars 1791

11 est vrai que l'on entend quelquefois à la tribune de? Jacobin? des opinions exagérées; mais tout est libre dans cette Société, et la pensée n'y saurait être enchaînée. Si l'on considère qu'elle est composée d'hommes de tous les étals et de toutes les professions, on verra qu'elle doit être tumultueuse. Ses séances nous représentent la place pubUque d'Athènes et le forum des Romains dans le temps qu'ils étaient libres : il n'est donc pas étonnant qu'il s'y dise des choses exagérées et déraisonnables. Mais il est injuste de présenter l'opinion d'un sociétaire ignorant ou exalté pour celle dune Société : ses principes ne peuvent être jugés que par les opinions quelle a présentées en corps et les écrits qu'elle a répandus, et sa conduite ne peut être appréciée que d'après ses délibérations, prises à la majorité des suffrages.

La Société des amis de la constitution a envoyé, dans différentes occasions, des adresses qui resp»irent l'amour de l'ordre et des lois et qui sont dictées par le patriotisme le plus pur; telles sont ceUes sur la nomination des juges, celles sur la nomination aux places d'officiers dans les troupes de ligne, sur le duel, etc.. On y distingue l'attachement le plus ^Tai et le plus sincère à la constitution.

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d'après le duc de CHARTRES

10 man 1701. — J'ai été aux Jacobins. D'abord je suis resté un quart d'heure a la Société fraternelle, puis je suis monté. On ne voulait pas faire à l'Assemblée nationale le rapport de l'affaire du curé d'Issy-l'Évéque, disant qu'il y avait un décret judiciaire, et que l'Assemblée ne pouvait pas l'annuler. Cependant M. Merle en fit le rapport à la Société, et dit ensuite que, le 25, le tribunal d'Orléans serait en activité et s'occuperait de cette affaire. Après cela j'ai demandé la parole, et j'ai dit : « Il y a un décret de l'Assemblée nationale qui porte que la Haute-Cour nationale ne pourra juger que ceux contre lesquels l'Assemblée nationale aura décrété qu'il y avait lieu à accusation; qu'ainsi, il fallait rapporter l'affaire à l'Assemblée nationale,

1. Correspondance de L(,uis-Philippe-Joseph d'Orléans, p. 249.

LIOmvus 1791' SK.VNr.E DU 10 MVUS 17!)1 107

atin ([u'olle docidiU si les acciisaliinis t'ailes cniilro le curé d'issyl'Évèque ' étaient do nature à être renvoyées au tribunal d'Orléans on aux tribunaux ordinaires, et ensuite s'il y avait lieu à aeousatiun. » M. Merle m'a répondu que cela n'était décrété que pour l'avenir, et non pas pour les atTaires déjà eonuuencées. .l'ai réfunulu alors (juil paraissait que le IrilnnijU d'Orléans avait un lùeii i;raud ]nnivoir, puisqu'il devait décider d'abord si les accusations étaient ».le sa compétence, ensuite s'il y avait lieu à accusation, si l'accusé était coupable, et que!U> jxMne il uiei'ite; ([ue i'"etait au f.orps léiiislatifà décider d'abord s'il y avait lieu à accusation ou non. La Société a arrêté d'inviter M. Merle à engager le t^-omité îles rapports à l'autoriser à on taire le rapport à l'Assemblée.

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FAIT A I.\ SOCn'ri'K PKS AMIS DK \.\ CONSTITUTION \W. TARIS.

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