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20i SOCIÉTÉ DES JACOBINS [18 mars 1791]
admission à la barre de l'Assemblée nationale pour y prêter le serment civique et y faire leur profession de foi '.
[Même séance, parodie par Jlarchand-.]
Nos lecteurs ont vu avec reconnaissance, à la séance du 16, l'auguste sénat clémentin expectorer les discussions les plus lumineuses sur les successions, afin de préparer pour l'Assemblée nationale un bon décret qui instituât tous les Jacobins, nés et à naîtres, héritiers de la France, héritiers de la France entière.
A la séance du 18, l'aimable M. Goupil de Préfeln a eu le premier la parole sur ce riche sujet.
Cet honorable membre, dont la physionomie et la tournure séduisantes ont fait perdre le repos à tant de belles, dont tout le monde connaît la galanterie et la complexion amoureuse, a un goût décidé pour les héritages.
Cependant, comme personne ne possède mieux que lui l'art de régler ses désirs, il se bornera à une douzaine seulement; mais il lui faut ce nombre fixe, parce qu'il a promis de le mettre aux pieds d'une jeune citoyenne très active qui a blessé son cœur, et à qui les grâces naïves et touchantes de M. Goupil ont tourné la tête; mais elle a juré qu'elle ne lui accordera des marques solides de son amour qu'après qu'il aura au préalable complété les douze successions.
On se doute bien qu'animé par un motif aussi puissant, M. Goupil a dû prononcer un discours rempli d'excellentes choses. Aussi a-t-il fait passer dans l'âme de ses auditeurs la même inclination pour les héritages.
Ici, emporté par le bouillonnant civisme dont il a donné tant de preuves, M. Alexandre Lameth a interrompu les discussions pour... ce n'était pas pour dénoncer, comme on s'y attendait, mais pour demander qu'après cette question on s'occupât enfin des mendiants, aux-
1. La veille, 17 mars 1791, un des secrétaire de rAssemblée nationale avait donné lecture de la lettre suivante : « Les maîtres et maîtresses d'école et de pension, embrasés du feu sacré de la patrie, voudraient oflrir à cet auguste sénat un gage de leur respectueux attachement à tous ses décrets. Ils prennent la liberté de vous demander de vouloir bien les pi'ésentcr à l'Assemblée, dans le sein de laquelle ils voudraient déposer leur profession de foi civique. Ils attendent de votre bonté que vous vouliez bien leur indiquer le jour et l'heure auxquels il leur sera permis. » {Journal loyographique, t. XXIII, p. 7.) L'Assemblée décréta qu'ils seraient admis le soir même. Mais nous ne voyons pas que cette admission ait eu lieu.