‹ La société du Consulat et de l'EmpireChapitre 1 sur 16 · II AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT- PROPOS

nous ignorions, ils nous donnent de celles que nous savions une impression plus exacte cl plus vive.

L'homme qui devait mener la France ei l'Europe observé et déciit sur le vif, depuis ses premiers rêves de gloire et de pouvoir jusqu'au faîte de ses grandeurs; l'attitude et les sentiments des siens dans la fortune nouvelle que leur fait cette élévation inouïe ; la composition, l'allure et le train de la couiimpériale comparée à l'ancienne cour; les différences qui s'y marquent dans les manières, le langage, les mœurs, dans la forme et le Ion de la galanterie; l'air étouffant (juOn \ respire et le pli que le maître imprime ii l'âme de ses courtisans et de ses familiers; l'esprit de la ville en opposition avec celui de la coui-, Paris tour à tour indifférent, ironique ou boudeur, et par de là la cour et la Aille, l'exaltation des vertus guerrières, les miracles d une intrépidité fougueuse ou stoïque, l'énergie et la vitalité de la nation concentrées toutes dans les camps, \oilà quelques-uns des objets (pie nous offrent les écrits où j'ai puisé.

Il en est d'autres qui n'ont pas moins de

AVANT-l'J'v(H»(»S. m

prix et cl attrait. Des correspondances pi'iNees. Iieureusenien; conservées ou recueillies, nous ouvrent Tintcrieur de la famille, nous permettent de pénétrer dans l'intimité des alléclions domestiques, d'en apprécier et d'en sentir la force, la pureté, la délicatesse. Nous entendons des accents auxquels le dix-huitième siècle ne nous avait point accoutumés; on ne rougit plus de s'aimer entre époux, de se le dire, de se le répéter l'un à l'autre. La femme est par l'esprit et par le cœur la compagne de son mari, de ses pensées, de ses travaux : celuici fùt-il un soldai, lui héros, un gagneur de batailles, qui n'apparait à son foyer que de loin en loin, elle lui garde une ardente fidélité; ses sentiments, son langage, sa vie, s'imprègnent de ses mâles soucis, se teignent d'une sorte de couleur guerrière : le ménage du maréchal et de la maréchale Davout a je ne sais quelle tendresse et quelle grâce héroïque qui porte la marque d'une époque et qui enrichit d'une façon charmante les fastes de l'amour conjugal.

L'esprit scepli(|ue, léger, sensuel de Tàge précédent n'a pas impunément traversé ces

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