‹ La société du Consulat et de l'EmpireChapitre 2 sur 16 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

terribles crises qui ont bouleversé et renouvelé 1 ancien monde : le caprice n'est plus Tunique lien des libres amours ; la passion y entre; elle y mêle une exaltation où rinuiirination et le cœur ont plus de part (pie les sens; elle y porte de rêveuses ardeurs, de fiers élans vers un irréalisable idéal, suivis de chutes douloureuses et d'invincibles tristesses. Mme de Beaumont et Mme de Custine vivent et meurent de cette laçon d'aimer, qui aurait excité la sui-[)rise et [)eut-êlre la gaieté de leurs aïeules.

Ainsi va l'àme l'rançaise, se modifiant, se transformant avec le temps et les circonstances, infiniment souple et diverse, capable de tout, même de sérieux, âme séduisante jusque dans ses caprices et ses erreurs qui ne réussisent pas il lasser les sympathies, âme surtout vivante, (pii ne revêt jamais sa dernière forme, ([ui se rit des sinistres pronostics de ses envieux et de ses ennemis, et survit aux uns comme aux autres, semblable à cette fiêre et charmante

té dans huiuelle elle sembl

iqueiie elle semble s incarner avec

ses ijrâces et ses faiblesses, à ce Pr

ans qui

vu

lincu et demi-captif, arrachait encore h M. de

AVANT-PROPOS. v

Mettcinicli, en juillet 181"), alois (ju'il le eouteni[)l;iil du li;uU du palais de Sainl-(]loud, cet involontaire liommai^e qu'un autre liomme d'Ktat, plus grand que M. de Metternieli, aurait pu lui rendre à son tour, il v a lantôt ving ans, dans les mêmes lieux, presque dans les mêmes circonstances, sans se rajjaisser, ce semble, outre mesure :

En voyant du balcon cette immense cité qui Ijrillait avec tous ses dûmes au coucher du soleil, je me suis dit : « Cette ville et ce soleil se salueront encore quand on n'aura plus que des traditions de Napoléon et de Bliicher et surtout de moi! >■

EnxEST HERTIN.

MKMOmES

MÉMOIRES

En i855, à la mort de la princesse Alexandrine Bonaparte, cinq liasses de papiers tires du portefeuille de son mari, Lucien Bonaparte, furent remises à Fambassadeur de France à Rome et adressées par lui à notre ministre des affaires étrangères. L'empereur en réclama la communication : la cinquième liasse lui fut livrée et ne revint plus aux Archives; les autres furent sauvées grâce à cette inscription heureusement mensongère : Mémoires de Lucien Bonaparte , déjà

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