RUE HUVGHENS
CHAriTHE PUEMlEll LE PRINCE IMPÉRIAL
Portrait du Prince. — Miss Shaw. — Caractère du Prince. — Les réunions déniants de troupe. — L'avancement du petit caporaL — Au camp de Cliàlons. — Une alerte. — Les appartements du petit Prince. — Son goût pour les arts du dessin. — La double ressemblance. — La journée du Prince impérial. — Les spahis et M. Prévost-Paradol. — Le Prince écolier. — L'Empereur et la version latine. — ÎNI. Bachon, professeur d'équitation. — Les camarades du Prince. — La petite guerre. — Le chemin de fer en miniature. — Témérité du Prince. — Une chute dangereuse. — La première communiiin.
Le pelil Prince ! Quel nom fuL plu.s populaire, plus riche de promesses et d'e.spoirs, plus souvent prononcé avec une tendresse déférente et heureuse qui faisait éclore un sourire sur les lèvres ! Aujourd'hui encore, ceux qui l'ont connu ne peuvent parler, sans une émotion mal coiilcnue dans la voix, de ce Napoléon fauché en pleine jeunesse. 11 est de ces héritiers de couronne prématurément étreints par l'exil ou la mort dont la mé- III 1
moire, retenue par l'histoire et auréolée parla légende, éveille tout de suite en nos âmes un écho douloureux. Avec le duc de Bourgogne, Louis XVII et le duc de Reichstadt il partage l'humaine compassion. A Ihistorien comme au poète il inspire une |)itié nuancée de respect et d'admiration. Tu Marrellus eris ! 11 personnifiait à la fois, ce (ils d'empereur, la vaillance (|ui impose et le charme intini cpii séchiil. xVussi, quelles que soient les opinions ])()lili(iues, à la seule évocation de son souvenir charmant, les fronts se découvrent, les cœurs se serrent cl riionimage va de lui-même à l'enfanl Ac l'rance tombé, comme son grand aïeul, sur la dévoi'anlc lene d'Afrique.
Nous avons déjà parlé de sa naissanf'c toute ra/lieuse des lauriers de (Irimée et de ses premières années sur lesquelles s'iuclinèrent avec amour les drapeaux d'ilatalie '. Nous allons le retrouvera cet Age où, sous la grâce enfantine, l'homme commence déjà à sedessiner. L'élan d'enthousiasme ipii avait accueilli son premier cii durait toujours. Le peuple lairohiil de son prince devenu le plus gentil des petits garçons. Tout le monde connaissait [)ar c(cur ces joues fraîches, ces yeux l)leus profonds et calmes, ces cheveux aux souplc^s ouihiialions. « La phologi'aphie a répandu ses traits alTables, écrivait alors M. Adrien .Maix, mais elle n'a pu révéler son regard clair, sa physionomie séduisante, l'exquise distinction d(> ses formes légèrement grêles. D'ici à deux ans, le Prince sera le portrait vivant de sa mère, dont il a déjà le protil. » GetLeresseniblance s'atténua par la suite, à mesure que ses traits prirent l'empreinte de la virilité, mais elle ne s'ert'aça jamais complètement. Après une maladie que fit l'enfant impérial vers sa onzième année, voici comment le dépeint son précepteur, M. Auguste l'ilon : <.<. Tel qu'il était, c'était un enfant