‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 3 sur 133 · o!r nos loiiic!^ I cl II · texte numérisé non relu

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chai'inaiil. La délicatesse de sa peau, la douceur rêveuse de ses yeux ombragés de longs cils, la finesse de ses allaclies, la grâce de ses mouvements auraient pu être enviés d'une jeune fille ^ » Ce caractère féminin de la beauté du Prince dura peu. Son ancien maître ajoute en eflet : « Même à cet âge où le sexe ne se prononce pas encore et malgré une certaine grâce un peu molle dans les moments de fatigue et d'ennui, c'était un vrai garyon et rien en lui ne sentait la petite tille. »

L'héritier du sceptre impérial avait grandi sous la direction de Mmes l'amirale Bruat, Bizot et de Brancion, mais il y avait une personne qui jouait un rôle bien plus considérable dans son existence enfantine. C'était sa « nurse », sa gouvernante anglaise, l'exceL lenLe miss Shaw, « iNana », comme il l'appelail. Elle ne le quittait jamais. Celte forte blonde de trente-cinq ans se recommandait par un visage riant et une physionomie ouverte. L'attachement profond qu'elle avait voué à son » pupille » était dénué de tout calcul. Elle l'aimait simplement parce qu'elle l'avait sons sa tulelle depuis qu'il était venu au monde et elle en parlait avec une véritable adoration. Sa conversation tlébordail d'imprévu et d'élrangeté, car, malgré un séjour prolongé à Paris, elle ne put jamais arriver à posséder notre langue. Panachées de mots anglais et français, entrecoupées d'interjections sans nationalité, ses phrases sonnaient à l'oreille comme un lexique inconnu.

— J'aime tant Monseigneur! disait-elle. A/it/ à cause de lui, / huve noiv deux patries !

Avec d'autres candidates à ce poste de conliance, elle avait été expédiée de Londres aux Tuileries par le médecin de la reine d'Anglt^terre, (piehpies mois avant la naissance du Prince impérial, [)our. donner au nou-

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