‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 67 sur 133 · Madame Octave Fkuillkt, Quelques années de ma vie · texte numérisé non relu

Madame Octave Fkuillkt, Quelques années de ma vie

Oi'ganisation de la garde impériale. — Les Cent-gardes. — L'hôtel de la rue de Bellechasse. — Le colonel Verly. — Service de garde aux Tuileries. — Le maréchal de Gastellane et le factionnaire. — Histoire dune gifle et d'un billet de cinq cents francs. — Service dans les résidences impériales. — Une partie de coq sensationnelle. — La remise des aigles. — Une revue de la garde. — Physionomie morale de la garde. — Les mess. — Alexandre Dumas libérateur des zouaves de la garde. — L'esprit de corps. — Le dîner du carabinierphénomène. — La voiture du maréchal Regnaud de Saint- Jean d'Angély. — Quelques types célèbres. — La garde montante aux Tuileries. — La table des officiers et des sousofficiers de service. — L'amateur de vin du Rhin. — Monuments delà garde à Chalons. — Visite impériale au camp de Saint-Maur. — Le colonel Sautereau-Dupart et le maréchal des logis Boinard à Rezonville.

Le )Danache de l'armée française, au sens physique du mot, est mort à Metz avec la garde impériale. De ce jour de désastre, c'en fut fini chez jious des beaux harnais de bataille. Adieu, bonnets à |)oil monumentau.x, kolbacks aux llammes joyeuses, shapskas oui plu niés, pelisses volant dans l'air comme des oiseaux cclatauts, brandebourgs dor et d'argent, buftleteries immaculées, sabretaches crânement balancées, fourragères à l'arran-

gemenl vainqueur, vieux cordons, vieilles tresses, vieux galons ! Adieu, toute celle coquetterie guerrière qui. avait décidé tant de vocations, conquis tant de cœurs féminins et développé si foil l'esprit militaire ! La seconde garde impériale incarna la dernière manifestation grandiose de lame cocardière héritée des gardes françaises de Fonlenoy et des grenadiers de l'épopée napoléonienne. En essayant de l'évoquer, celle seconde garde digne de la première, nous ne pouvons entrer dans le détail de son organisation ni de ses combats. Ne nous attardons pas davantage à des descriptions d'uniformes dont nos gravures nous dispensent. La physionomie intime et pittores(|ue de ces troupes délile, voilà ce qu il nous faut escpiisser. Nous leur joindrons ce magnilique escadron des Cenl-gardes (|ui ne faisait pas partie de la garde impériale, mais de la Maison de ILmpereur. Son existence a été trop liée à celle de ce grand corps glorieux pour qu'il n'y ait pas injustice à l'en se I)arer.

Dès les premiers mois de i85:^, le nouvel empereur songea à former une garde impériale. Il y préluda par la création du régiment des guides dont nous avons déjà parlé et sur lequel nous n'avons plus à revenir '. Les premiers projets restèrent slalionnaires. Cependant, le 2'f mars i8r)'|. un décret impérial constituait l'escadron des Cenl-gardes sous le commandement du colonel Lepic. Ce corps de cavalerie d'élite, formé et dressé pour la parade, était airecté à la garde et à la personne de Napoléon III et au service intérieur des palais impériaux. Un mois après, à la veille de la guerre d'Orient, on assistait à une première organisation de la garde comprenant deux régiments de grenadiers, deux de voltigeurs et un bataillon de chasseurs à pied; le régiment des guides et un de cuirassiers; un régiment de gendar-

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