TiocicnvYtROv, Nouveaux Mémoires d'un bourgeois de Paris
être adoptée. Néanmoins, il ne restait rien d'une constitution condamnée par le pays, contlamnéc par la Chambre elle-même à une majorité de \ffi voix sur 72'j votants et qui ne devait la i)rolonmation de sa précaire existence qu'à une exigence excessive du législateur et à la modification des règles ordinaires des votes des Assemblées.
Il fallait un dénouement à ce duel entre le Président et la Chambre. Bien qu'armé d'une popularité immense, Louis-Napoléon se voyait menacé de l'obligation injuste (!t illogique de descendre du pouvoir devant le mauvais vouloir d'une minorité parlementaire^ minorité infime par rapport au pays qui comptait sur lui pour le sauver des parlementaires impuissants et surtout des révolutionnaires ^
Encouragée par rinsolu])le conflit des deux pouvoirs, la révolution i-elevait audacieusement la tète. Dans un banquet des Égaux célébré à Londres à l'occasion de l'anniversaire du a^ février, lîlanqui avait porté ce toast : « Il ne doit pas rester un seul fusil aux mains de la bourgeoisie. Hors de là, point de salut. Les armes et l'organisation, voilà l'élément décisif du progrès, le moyen sérieux d'en finir avec la misère ! Qui a du fer a du pain. On se prosterne devant les baïonnettes, on balaye les colonnes désarmées. La France hérissées de travailleurs en armes, c'est l'avènement du socialisme. » La press(^ dépaitcmcnlale du<< Parti de l'Ordre o poussait un grand cri d'alarme: « Le socialisme gagne les paysans. » Si les chefs parlcmeulairos de la droite se préoccupaient des empiétements du président de la Ré|)nl)li(|ue, il est incontestable (pie la masse de leurs adlu'rcnts ne voyaient le péril (pic dans le triomphe des « rouges » en i8r>2. Les conservateurs, en province, se sentaient déi)ordés. Plus ({ue jamais, ils demandaient