r.ornie IIoiîacf. ni-: Viel-Castel, Mémoires
concilialion, en constituant un nouveau ministère dont le premier acte l'ut la reconnaissance et le maintien de la loi du 31 mai. Ce ne fut qu'une accalmie. Une grande violence présida aux discussions sur la revision de la Constitution. Se croyant la mission exclusive de protéger l'Assemblée, le général Changarnier déclarait du haut de la tribune au ministre de la Guerre, le général Randon : « Personne n'obligera nos soldais à marcher contre la loi et contre cette Assemblée. Dans cette voie fatale, on n'entraînerait pas un bataillon, pas une escouade, et on trouverait devant soi les chefs que nos soldats sont accoutumés à suivre sur le chemin du devoir et de rhonneur. Mandataires de la France, délibérez en paix ! »
Falloux. Cavaignac, Michel de Bourges, Berryer prennent la parole à leur tour. Celui-ci demande la revision de la Constitution dan? la crainte d'une réélection illégale, mais inévitable à ses yeux, do Louis-Napoléon. Il le montrait alors dominant absolument la situation, maître du pays, maître de tout. Puis, nouveau venu dans la politique, Victor Hugo entreprit dans un discours préparé et mal préparé, d'enseigner leurs droits et leurs devoirs aux divers partis de la Chambre. C'était un médiocre orateur royaliste ; on chercherait en vain, dans ces paroles inattendues, les anciennes croyances du poète lyrique racontant au monde attentif la Naissance du duc de Bordeaux, et la Mort du roi Charles X. La transformation était si complète, si surprenante, que l'avocat général Foucher, beau-frère de Victor Hugo, disait, en l'entendant parler : u II faut qu'il soit devenu fou depuis huit jours ^ »
Au vote, la proposition de revision de la Constitution ne put réunir que la majorité ordinaire, mais, n'ayant pas pour elle la majorité constitutionnelle, elle ne put