Vi<:Tuii IIl<;o, llialoii-c d'u/> Crime
Arnaud. L'apparition de la tête de colonne de la brigade Forey fit évanouir tous les espoirs des membres de la réunion. Ils refusèrent néanmoins de se dissoudre. De turbulents montagnards criaient : « Il faut qu'on nous arrache de nos sièges. Nous voulons qu'on emploie la force. » Au signal donné par les deux ex-présidents de l'Assemblée, MM. Benoist d'Azy et Vitet, la résistance cessa et les représentants vinrent se placer au milieu d'une haie de soldats.
Il y avait un marchand de vin en face de la mairie. Lorsque la grande porte de la mairie s'ouvrit à deux battants et que l'Assemblée parut dans la rue, menée par le général Forey à cheval et ayant en tète le vice-président Vilet empoigné à la cravate par un agent de police, quelques hommes en blouses blanches, groupés aux fenêtres de ce marchand de vin, battirent des mains et crièrent: « C'est bien fait! A bas les vingt-cinq francs ^ ! »
« On ne conduisit pas les représentants àMazas comme ils s'y attendaient, mais au quartier de cavalerie du quai d'Orsay où était caserne le 7° lanciers, sous les ordres du colonel Feray. On les laissa libres d'aller et venir à leur guise dans la cour. Ils y restèrent parqués et « vaguant « deux longues heures. On se promenait bras dessus bras dessous. On marchait vite pour se réchaufïer. Les hommes de la droite disaient aux hommes de la gauche : « Ah ! si vous aviez voté la proposition des questeurs ! » Et ils riaient. Marc Dufraisse répondait : « Mandataires du peuple , délibérez en paix. » Et c'était le tour de la gauche de rire. Du reste, nulle amertume. La cordialité d'un malheur commun. A droite, à côté de la porte, il y avait une cantine exhaussée de quelques marches au-dessus du pavé de la cour. « Élevons cette cantine à la dignité de buvette », dit l'ancien ambassadeur en Chine, M. de Lagrenée. On