Odilon Bahuot, Mémoires posthumes
groupes. Quelques hommes intrépides s'élancèrent. Le premier omnibus fut arrêté. Aussitôt on vit se pencher auxportièresdes représentants, — c'étaientdesmembres de la droite — qui, la tèle effarée, supplièrent le peuple de ne pas les délivrer. La foule indignée fit selon leur désir.
— Vous voyez bien qu'il n'y a rien à faire avec ces gens-là ! dit l'un des hommes du peuple qui s'était jeté avec le plus d'ardeur à la tête des chevaux'.
Le 2 décembre, au matin, ^L de Morny avait pris possession du ministère de l'Intérieur. Mais au lieu d'y arriver à 6 heures et quart, comme cela avait été décidé et d'y avertir lui-même le ministre en exercice, M. de Thorigny, des circonstances en raison desquelles il venait le remplacer, il ne s'était montré dans les bureaux qu'à 7 heures et quart. En se réveillant, à 7 heures, M. de Thorigny fut abasourdi d'apprendre qu'un bataillon occupait son hôtel. Ce bataillon devait en elTet s'y porter un quart d'heure avant l'installation de Morny. M. de Thorigny adressa dépêche sur dépêche au préfet de police pour savoir ce qui se passait. Enfin Morny arriva et lui remit une lettre où le Prince lui expliquait, avec tous les égards possibles, les considérations auxquelles il avait cru devoir obéir en se séparant de lui -.
Le nouveau ministre de l'Intérieur, Morny, était chargé par le Président de former un ministère. Ce n'est que le soir, à y heures, que celui-ci fut définitivement constitué. Le général de Saint-Arnaud y conservait le portefeuille de la Guerre.
Une agitation assez intense s'était manifestée, l'aprèsmidi du 2 décembre. Une foule énorme stationnait sur le boulevard. Des gens du peuple semblaient prêts à