M. DE Maupas, Mémoires sur le Second Empire
faire cause commune avec les journalistes et les habits noirs qui avaient établi leur siège principal dans les cafés et aux fenêtres des restaurants depuis la Madeleine jusqu'au boulevard Montmartre. Plus loin, sur les boulevards Saint-Denis et Saint-Martin, les meneurs de la démagogie s'elïorçaient de soulever la population. En présence de cette situation tendue, le Prince Louis- Napoléon parla de monter à cheval et de parcourir les boulevards à la tète d'une brigade de cavalerie. Le lieutenant-colonel Fleury l'en dissuada et partit lui-même en reconnaissance au cœur de la capitale avec les carabiniers du général Tartas. A peine engagés sur le boulevard des Capucines, ceux-ci furent reçus par des cris assourdissants de « Vive la République ! » In peu plus loin, ii la hauteur de la porte Saint-Denis, le lieutenantcolonel Fleury fut blessé à la tête, d'un balle tirée d'une fenêtre. 11 put néanmoins terminer sa reconnaissance. Le soir, des rassemblements prenaient une attitude de plus en plus agressive. Près de la porte Saint-Martin, un régiment était sifllé à son passage. Les concilial)ules d'insurrection se tenaient en permanence. On recrutait des combattants à domicile; on distribuait des armes, des munitions, de l'argent surtout en abondance. « A demain la prise d'armes », tel était le mot d'ordre donné sur toute la ligne. On ne se cachait pas pour lixer le rendez-vous à 7 heures du matin, au pied de la colonne de la Bastille '.
Le lendemain, .'» décend)re, des barricaïU's s'élèvent dans plusieurs rues du faubourg Saiid-Antoine. Les ouvriers descendent en masse. La partie est nettement engagée. La barricade la plus forte est placée k l'angle de la rue Sainte-Marguerite. Aussitôt prév(mu, le général Marula/, lance cUins cette chreclion trois compagnies du \f léger sous le commandement du clief de