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queriiomnie, puisse changer les espèces et leur donner les visages qu'il veut ?
La troisième raison se tire de ce qu'on voit dans la nature. D'un bœuf putréfié naissent des mouches à miel, des vers à soie, des papillons; des fragments de vaisseau pourris dans la mer, des canards; du limon delà terre, des anguilles; des cheveux de femme jetés sur du fumier et de la moelle du dos d'un homme, des serpens. Le blé parfois se change en ivraie, l'orge en avoine; l'hyène change de sexe, il est tantôt mâle, tantôt femelle. Le corail, avant d'être pétrifié, était un tendre arbrisseau naissant dans la mer.
Mollis fil il Jh'vha suh unâis.
L'orateur parle ensuite de la verge de Moïse, de Nabuchodonosor, de la femme de Loth^ d'Iphigénie, d'Actéon, de Lycaon et des compagnons d'Ulysse. Il conclut : Pourquoi donc une femme ne pourrait-elle pas être changée en chèvre ?
Mais, à Tappui de l'opinion contraire, le procureur général trouve des auteurs forts célèbres et des raisons qui paraissent plus puissantes.
Le démon est puissant, mais il n'a de puissance que celle que Dieu lui permet.
On ne peut attribuer au démon les transformations de la nature. Parce que l'on entera des roses sur un pommier et que le limon de la terre sera la graine de crapeaux, de grenouilles et autres bêtes sales et impures; ce n'est pas une raison pour que le démon ait le pou-
voir de transformer l'homme en bête et une âme raisonnable en celle d'une brute.
La seconde nison tire sa force de ce que l'homme et la bête ont un principe et une source de vie différents. L'esprit immonde ne peut changer l'œuvre divine de la création et transmuer l'une en l'autre des espèces différentes. Qiie deviendrait dans ces transformations l'âme humaine. Resterait-elle logée avec l'âme déraisonnable de la bête dans le même corps?
L'orateur établit par de nombreuses citations que l'âme ne quitte jamais le corps quand il est en vie, que toutes les métamorphoses racontées par l'histoire sont des illusions. Saint Augustin rapporte que certains philosophes ayant mangé du fromage ensorcelé prétendaient avoir été convertis, pendant leur sommeil, en chevaux de voiture. Saint Augustin attribue ce fait et tous ceux que l'on a cités dans ce genre, à des illusions, à des prestiges.
L'orateur complète les explications de saint Augustin par celles de saint Thomas et de nombreux auteurs ; il examine ensuite les diverses métamorphoses racontées par l'Ecriture sainte. En parlant de Nabuchodonosor, « Josèphe dit que ces mots : fœnum quasi bos comedet, ne marquaient qu'une qualité semblable dans la façon et non en la forme du corps; de fait, il est dit que les cheveux lui devinrent longs comme les plumes d'un aigle et les ongles comme ceux d'un oiseau ».
Apostrophant encore l'accusé, le procureur général lui dit : « Pour démontrer que ton exception est merveilleusement grossière, sache que jamais le démon
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n'emprunte la figure d'une chèvre » . Lorsque le démon a été adoré, il l'a été sous la forme d'un crocodile, d'un serpent, d'un bouc ou de toute autre animal impur, jamais sous la forme d'un agneau, d'une brebis, d'une chèvre. Q.uel doux animal que la chèvre ! Jupiter fut nourri par la chèvre Amalthée.
Enfin, dans une péroraison pathétique, le procureur général dit au prévenu que toutes ses raisons sont fausses, qu'il a bien reconnu sa femme en l'immolant; que, s'il avait été victime d'une erreur, il eût, en revenant de cette illusion, témoigné de vifs regrets, au lieu d'être insensible et de fuir à l'étranger comme un assassin qui redoute la responsabilité de son crime. « Puis, de retour dans le pays, au lieu d'honorer pour le moins la mémoire de ta femme par une constante viduité, tu as aussitôt convolé à de secondes noces et employé la flûte et le hautbois pour la solennité d'icelles. C'est ainsi qu'une onde chasse l'autre et que les flots de la conscience s'entrepoussant troubleront le calme de ton esprit et rendront la mer de la passion à tout jamais bruyante ».
La défense fut aussi savante, aussi développée que l'accusation.
« O pauvre moy ! s'écrie le défenseur. J'ai le roi pour partie et son orateur trop disert vient de représenter des choses étranges contre moi. D'où tirerai-je donc les armes nécessaires pour ma juste défense ? Où prendrai-je le bouclier de ma protection ! Ce sera toi, mon Dieu, en qui j'aurai mon recours ! »
Il n'est qu'un simple berger, et il invoque d'abord
le souvenir du paysan du Danube ; il parle de ses chèvres et cite des vers de Virgile.
Comment aurait-il voulu tuer sa femme en qui reposaient son cœur et ses pensées. H est encore à naître qui Va vu en dispute avec elle. Un seul témoin dit qu'il a ouï dire, il ne sait à qui, qu'il avait battu sa femme, mais tous les autres ont déclaré qu'il vivait avec elle en bonne intelligence ; il confesse avoir tué sa femme, mais il jure, par le nom vénérable de celui qui a créé le ciel et Ja terre, l'avoir tuée fortuitement et sans dessein prémédité. Le samedi 9 mai 1609, averti par son frère Odet qui gardait les chèvres qu'elles se tourmentaient toutes les nuits, effarouchées, comme il le croyait, par quelque sorcier, le prévenu résolut d'aller coucher avec Odet. La nuit, il entend bêler et s'agiter le troupeau ; il se lève, une chèvre se jette sur lui, lui crache au visage, l'égratigne et lui mord cruellement le petit doigt de la main gauche ; il se défend, il lui donne des coups de poignard, on entend des cris, on accourt, on porte une chandelle : il trouve sa femme morte.
On objecte que c'est une fable inventée pour mettre son impiété à couvert, que nul n'a vu la chèvre, que nul n'a vu qu'une femme égorgée, et qu'il est impossible qu'elle eût pu être changée en chèvre.
Il lui est pénible de révéler ce qu'il aurait voulu ensevelir dans le silence. Mais sa femme était sorcière. En voici les raisons : 1° Un mois avant son décès,, elle regardait sa voisine Qiiiteyre, et celle-ci fut aussitôt saisie d'un douleur qui l'étourdit et la tourmenta jusqu'à ce que Jeanne de Lacoste, femme entendue en
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tel/es fascinai ioNSj fit résoudre le charme au. moyen de quelques prières. — 2"^ Les témoins déclarent que la femme ayant donné à teter à deux enflints jumeaux de sa voisine, tous les deux périrent. — 3** Un chien aboya un jour contre cette femme ; elle tira de sa poche un peu de pain, le chien le mangea et tomba mort. — 4"" Une autre fois, sa femme souffla dans la bouche d'un enfant, lequel en fut tellement ensorcelé qu'il ne put plus parler. — 5° Le douzième témoin déclare qu'il alla voir la femme de l'accusé, qu'il fut saisi d'un grand mal d'estomac et tomba évanoui ; la femme lui frotta la tète avec les mains et il fut soulagé.
Le prévenu discute les auteurs grecs et latins, sacrés et profanes invoqués contre lui. Mais, en admettant même l'impossibilité delà transformation d'une femme en chèvre, il faut tenir compte de son imagination frappée. Il s'appuie sur des faits historiques. Brutus, la veille d'une bataille, vit un fluitôme ; Calpurnie, femme de César, la veille de la mort de son mari, rêva qu'elle le tenait mort en ses bras. Marins criait en dormant ses ordres de combat. Si les esprits les plus forts peuvent être trompés par des illusions, comment l'esprit d'un berger n'aurait-il pu être victime d'une erreur ?
Ici vient une dissertation pour montrer les effets de Timagination sur les esprits faibles. Une femme, qui avait un portrait de More près de son lit, fut accusée d'adultère parce qu'elle était accouchée d'une espèce de mulâtre ; mais elle prouva la ressemblance de son enfant avec le portrait. Une autre femme lit plusieurs enfants bâtards très resemblants à son mari absent.
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C'était un effet de l'imagination qui lui remettait constamment dans l'esprit l'image de celui qu'elle trahissait.
Le prévenu cherche à prouver par diverses autorités que le démon peut prendre la figure d'un ange de lumière, se déguiser et déguiser ses suppôts en les couvrant d'une apparence fantastique en employant pour ce effet la force du prestige. Il cite saint Thomas, saint Grégoire de Nysse, saint Chrysostome, Josèphe, pour démontrer qu'il y a des prestiges qui éblouissent tellement la vue et l'imagination que l'on peut voir ce qu'on ne voit pas. Il cite aussi Torquemada sur les loups-garous. Il parle de la maladie insania lupina qui donne des appétits semblables aux loups : on se jette sur des troupeaux, on hurle, on court la nuit, on veut tout dévorer. ^Elien raconte que les filles du roi Agius Probus se croyaient transformées en vaches, elles couraient après les taureaux qui nen faisaient pas grand compte, et leur médecin Mélampus les guérit avec du lait de chèvre. Le démon peut bien revêtir un homme d'une peau de chèvre ou de loup sans le changer en bête complètement.
« Le Diable, dit-il, voulant perdre ma femme et moi c( tout ensemble, me l'a déguisée sous la forme d'une (• chèvre, soit en l'habillant d'une peau de cette bête, « soit en formant un corps aérien de cette ressemer blance. »
Pourquoi alléguer la bénignité naturelle de la chèvre ? Il y a entre elle et le démon une grande sympathie. La dent de la chèvre est venimeuse. Tout ce qu'elle mord est brûlé et desséché : omne quod momorderît urit et ex-
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siccaf. Or, tout ceux que touche le démon reçoivent des blessures brûlantes, ignea vidnera.
Le défenseur cite un nombre infini de passages d'auteurs anciens contre la chèvre. Elle est toujours en état de fièvre ; sa salive est du poison ; elle est sujette au haut mal. Il était défendu aux prêtres de Jupiter de toucher la chèvre et même de prononcer son nom ; la chèvre est lascive est perfcctio libidinis; le diable aime beaucoup ce qui est lascif. La chèvre et le bouc étaient agréables à Vénus impudique. Pline prétend que la chèvre respire par l'oreille et Diodore de Sicile dit qu'elle entend par le gosier. Elle y voit la nuit comme le hibou, or, le démon préfère la nuit au jour.
Ma femme, dit le prévenu, était couchée dans la même chambre que ma mère et ma tante qui avaient bien fermé la porte ; or, on eût toutes les peines du monde à les réveiller et elles trouvèrent la porte fermée en dedans quoique ma femme fût sortie. Le diable, excellent forgeroN, lui avait évidemment ouvert la porte et avait endormi celles qui auraient pu tout entendre.
Pourquoi ma femme est-elle sortie, seule, en chemise ? César répudia sa femme pour beaucoup moins. Licinius fit mourir la sienne pour avoir marché pieds nus, et le roi de Lydie mérita d'être assassiné par sa femme pour l'avoir montrée nue à Gigès.
Néanmoins, j'ai beaucoup regretté ma femme. Si je n'ai point poussé de cris et de sanglots, c'est que les grandes douleurs sont muettes : ciiru' levés loijHitntiir, ingénies slitpenl.
Sur les bords de l'Adour de Bigonv, j'ai mêlé mes
plaintes au murmure de ses eaux, et mes larmes à Vhuiiiidité de ses vagues fluides.
Puis en Espagne, j'ai vécu comme Oreste agité de lureurs vengeresses, comme Thésée pleurant son fils, comme le Soleil regrettant Phébus, comme Dédale essayant vainement de peindre la chute d'Icare, comme la biche de Candie qui, en courant dans les bois, enfonçait de plus en plus dans son flanc la flèche qui Pavait percée.
Le défenseur cite les lois romaines afin de prouver que la peine de mort ne peut être appliquée à celui qui n'a tué que par accident.
Enfin dans sa péroraison, il invoque les souffrances d'une longue absence, la régularité de la conduite qu'il a menée pendant treize ans depuis son retour, l'affection que lui ont témoignée les parents de sa première femme convaincus de son innocence, enfin sa probité reconnue qui lui a fait trouver une seconde femme de fort honnête maison. Il espère que la cour mettant toutes ses actions en la balance, /^^ /em trébucher en sa faveur.
La cour dans son arrêt déclare le meurtre et parricide commis par le dit de Lola sur la personne de Marie de Sansaric sa femme, fortuit et involontaire. Néanmoins pour les suites et conséquences d'icelui, le Parlement l'exile à perpétuité du ressort de la cour, s'il est retrouvé dans le dit ressort, il sera pendu et étranglé sans autre forme ni figure de procès, le condamne aux dépens.
Depuis cette affaire, je ne sais pas si la justice béarnaise a jamais eu à juger sérieusement la question de
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savoir si tel ou tel individu avait eu commerce avec le démon et exercé avec son aide la sorcellerie. Mais les poursuites des tribunaux contre des pseudo-sorciers ont été bien nombreuses. On les poursuivait non point parce qu'ils étaient sorciers,, mais parce qu'ils faisaient semblant de l'être, afin d'exploiter l'inépuisable mine de la crédulité humaine.
En 1824, :i Saint-Faust près de Pau, une femme avait la réputation d'être fameuse sorcière. Il était admis dans tout le village qu'elle avait le pouvoir surnaturel de donner le mal et de le guérir. La frayeur qu'elle inspirait lui rapportait peut-être des profits, mais amassait contre elle des colères.
Une jeune fille fort intéressante était atteinte d'atroces douleurs. On s'adressa à la sorcière ; on la supplia d'ôtcr le mal. 1:11c refusa. Les instances redoublèrent. Elle a beau dire qu'elle ne peut pas guérir la malade, on est convaincu qu'elle ne le peut pas, parce qu'elle ne le veut pas. Aux prières inutiles, succède la fureur la plus violente : la sorcière a fait le mal, elle ne veut pas le défaire. On tient un conciliabule auquel assistent les fortes têtes du village. Personne ne songe à dire que la prétendue sorcière ne l'est peut-être pas ; au contraire, une motion cruelle, qui avait d'abord efirayé des gens plus crédules que méchants, est adoptée : tous les sorciers sont des suppôts de Satan ; ils méritent d'être brûlés en ce monde avant de brûler dans l'autre. La vieille femme de Saint-Faust est conduite sur un bûcher, attachée à un pieu et le feu est allumé. Ses cris étaient si déchirants qu'on accourut de toutes parts. Les
bourreaux prirent la fuite. On délivra la malheureuse à demi consumée. En 1850, la cour d'assises des Hautes-Pyrénées condamna les époux Suverbie comme coupables d'avoir fait brûler une prétendue sorcière \
Certaines superstitions jettent ainsi des racines si profondes qu'on ne peut jamais les extirper entièrement, et qu'on les voit repousser quand on les croit disparues. Je ne m'imaginerais pas jusqu'où peut aller la crédulité populaire, si, dans ma longue carrière de magistrat, je n'avais été témoin de faits véritablement inouis.
Un jour un prêtre vient au parquet me déclarer que, depuis quelque temps, dans la petite ville où il se trouvait, il était étonné du nombre prodigieux de messes qu'on réclamait immédiatement. Surpris de cette subite recrudescence de piété envers les morts, il en avait cherché et trouvé la cause, et il venait avertir la justice pour ne point paraître complice d'une fraude dont il profitait par contre-coup.
Une petite fille d'une douzaine d'années racontait que sa défunte marraine venait tous les jours à midi la chercher pour aller passer une heure au ciel avec elle. Cette idée que pendant le sommeil de cette enfimt, à midi, l'âme se détachait du corps pour s'envoler dans les régions célestes, parut naturelle à plusieurs. On questionnait la jeune fille sur ce qui se passait au ciel. Y avez-vous vu ma mère ? — Elle y est. — Et mon père ? — Il est encore au purgatoire. Les personnes qui avaient paru les plus incrédules, qui étaient le plus
' Voir VHistoifJ du droit dans les Pyrénées, p 29 j.
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haut placées dans la ville finissaient par être imbues de l'accent de vérité de l'enfant, et les grands comme les petits fiiisaient dire des messes pour racheter les âmes qui n'étaient pas encore entrées au ciel.
Il est inutile de parler des sorciers vulgaires, qui, avec les remèdes les plus baroques, font croire au don de guérir des maladies incurnbles.
J'ai vu de mes yeux, une femme qui, voulant se débarrasser de son mari, avait demandé, comme la chose la plus naturelle du monde, à un prêtre vénérable de dire une messe à saint Sécaïre : elle était convaincue que ce saint, inconnu au martyrologe, mais fort connu dans certains lieux^ avait le pouvoir de faire sécher et mourir les personnes gênantes pour ceux qui invoquaient son appui.
Cette femme, irritée du refus du prêtre, lui fit voir qu'elle pouvait se passer de lui : elle abattit elle-même son mari d'un coup de fusil.
Les journaux judiciaires racontent chaque jour les affaires d'escroqueries commises à l'aide de prétendus sortilèges. La Ga:(ette des tribunaux publiait un article intitulé : Une Sorcière béarnaise ' .•
« Adèle Chastain est poursuivie devant le tribunal de de Lisieux pour exercice illégal de la médecine, faisant croire à son pouvoir chimérique de guérir tous les maux. Voici un extrait de l'interrogatoire :
« Le président : Votre triomphe, c'est le mal fait et les sorts jetés. Qu'est-ce que le mal fait?
' Septembre 1882.
« Réponse : Il y en a de trois ou quatre sortes : 1° le mal fait par boisson que l'on a fait prendre. Pour le combattre, il faut faire rendre la boisson; mais les médecins n'y connaissent rien et le liquide méchant reste en travers dans l'estomac ; 2° le mal fait qui se produit par de mauvais livres. C'est ce mal fait que je combats souvent et dont je débarrasse les personnes; 3° le mal Jait à l'aide du crapaud conjuré. Un jour, j'en ai fait brûler 570 chez le sieur Lenormand, à Saint- Philibert-des-Champs. Cet homme avait perdu 17 bêtes. Pendant que je faisais brûler les crapauds, nous avons remarqué un grand chien qui courait dans la rue; j'ai supposé que ce devait être l'individu auteur du mal. »
Sans doute les juges ne crurent pas au mail dat ; ils ne virent là qu'un délit d'escroquerie. Mais combien de personnes crurent à la sorcière et y croient encore î
La sorcellerie a plusieurs branches, affecte plusieurs formes. Les croyances superstitieuses se glissent partout et sont de tous les temps.
Le joueur du grand monde et le paysan grossier emploient toujours d'incroyables pratiques, l'un pour changer sa veine, l'autre pour guérir sa vache. Il faut aller à Naples pour comprendre avec quelle ferveur se conserve la foi dans la vertu magique de la corne pour conjurer le mauvais œil, la jettatura.
J'ai poursuivi en police correctionnelle un ancien officier supérieur qui, à l'aide de pratiques magnétiques, avait acquis la réputation de faire des miracles.
Le procès des photographies spirites jugé par la cour