LES TOILETTES. I
valet de chambre en vidant, le soir, les poches de son maître, rendait les choses dérobées.
Le gOLit d'Antoine pour la toilette est amplement démontré par l'inventaire des accoiislrenierits (\\.\'\\ laissa en mourant :
(c Une saye de drap d'or frisé bouclé d'une bande »< de velours violet enrichi de fil d'or, avec du haut '( de manche de même; la queue d'or, manteau de « velours bleu contenant neuf aunes avec saye d'armes (( de velours cramoisi, couvert d'orfaivrerie aux armes « de Navarre bandé de toiles d'argent et d'escripteaux « à l'entour; un nwnteau de toile d'or frisé d'or et « d'argent et velouté de noir, et l'envers damassé et « cramoisi avec des manches à casaque de toile d'arec gent l'envers damassé de noir. . . »
La chambre des comptes de Pau fournit des détails sur la garde-robe d'Antoine. Sa robe de nuil élait de toile d'argent damassée d'or et de soie rouge ' .
En héritant des beaux accoustrements de son père, Henri IV hérita de son goût pour les splendides costumes. Les toilettes de la célèbre reine Margot étaient plus splendides encore.
Les auteurs du temps qui ont pu voir la seconde Marguerite vantent le charme de son visage, la perfection de son corps, la beauté de sa taille, la noblesse de son port, la grâce et la majesté de toute sa personne.
En parlant de ses divins attraits, Brantôme prend un
' Archives de Pau, 13. 2727 —Voir mou Henri J\', vie yrivce.
Style dithyrambique. Près d'elle sont laides toutes les beautés qui sont, seront et ont été. Pour donner un cours suffisant au vol de sa perfection et renommée, il faudrait que Dieu allongeât le monde et haussât le ciel plus qu'il n'est. Un ambassadeur étranger qui venait de la voir, disait qu'après telle beauté on ferait volontiers, comme certains pèlerins de la Mecque qui, après avoir vu la mosquée où se trouve le tombeau de Mahomet, se brûlent les yeux parce qu'il n'auront jamais à contempler rien de si admirable.
Malheureusement Brantôme en vantant les vertus de la reine Margot rencontrerait aujourd'hui beaucoup d'incrédules.
La reine de Navarre savait qu'elle était belle et ne négligeait rien pour faire ressortir cette beauté. Jamais princesse ne s'était encore parée avec autant de goût et de magnificence. Au dire de Brantôme, toutes les dames de la cour et de la France s'étaient si bien moulées sur elle, qu elles en étaient devenues cent fois plus agréables et désirables.
Lorsque Marguerite fut menée au roi de Navarre, la reine-mère qui l'accompagnait lui dit, un jour, de se montrer dans une fête avec sa plus belle toilette ; Margot mit une robe de toile d'argent, manches pendantes, elle se coiffa richement avec un voile blanc, ni trop grand ni trop petit. Sa mère l'admirait. Marguerite lui dit : « Je veux user toutes mes robes, et, quand je retournerai à Paris, je ne rapporterai que des ciseaux etdesétofîes pour me faire habiller à la mode qui courra.» La reine-mère lui répondit : «En quelque part