‹ La société et les mœurs allemandesChapitre 2 sur 43 · AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR

La traduction que j^offre aujourd'hui est en quelque sorte Fappendice des trois ouvrages que j*ai publiés sur TÂllemagne (1), et elle doit, dans ma pensée, leur servir de pièce justificative.

On y verra rAIlemagne jugée par un Allemand; l'Allemagne prise dès ses origines, suivie pas à pa» dans son grand chemin de « Tombre à la lumière. »

lime semble que cette étude sera utile à tous les Français qui aiment assez leur pays pour ne plus vouloir rester dans l'ignorance de leurs voisins ; elle sera plus utile qu'attrayante, je l'avoue et j'en préviens le lecteur; cette étude est curieuse toutefois, elle est pleine d'informations, riche en renseignements et en enseignements, et j'espère qu'elle édifiera les gens « sérieux » qui m'ont accusé d'avoir chargé les couleurs de mes propres tableaux.

Je n*avais pas à choisir : il me fallait le livre d'un

(0 Le Voyage au Pays des Milliards, les Prussiens en Allemagne ei le Vovage aux Pays annexés,

VI AVANT-PROPOS Dt TRADUCTEUR

écrivain d'une haute considération et d-une grande re-nommée, qui personnifiât, par ses idées et ses tendances, l'Allemagne actuelle, — celle que nous avons devant et surtout derrière nous.

M. Johannès Scherr est le type du professeur univet^ sitaire rationaliste et national-libéral ; il fut républicain en 1848, nlàia lès « étotmantôa victoires n l'ont, lui aussi, miraculeusement rallié à l'étonnant empire. Il jouit en ce moment de la faveur populaire. On le compare à Michelet; les éditions de son livre se succèdent avec rapidité : il est classique au delà du Rhin.

Je laisse à la critique le soin d'examiner si les Aile* fiiands se contentent de peu, si les milliards ont cor^ foinpu letir haute sdétice historique, ou s'ils ne sont friands que de vérités dites en famille.

Mon opinion personnelle de traducteur est que ce livré manque d'élévation et dîdée philosophique. L'autetir ûé quitte pas le terre & terre; on voudrait quelquefois uû coup d'aiîe.

Il est vrai que cette banalité est rachetée par une grande abondance et une extrême minutie de détails. Sous ce rapport, M. Scherr contentera les plus difficiles. Il éclaire de sa lanterne sourde tous les coins et recoins de TAllemagne; son trousseau de clefs ouvre toutes les portes de la maison dont il s'est fait le cicérone. Il pousse môme d'indiscrétion jusqu'è. soulever les épaisses courtines des alcôves. Nous n'avons pas toujours pu suivre le docte représentant de la pudibonde Allemagne jusqu'oîi il voulait nous conduire; mais sauf quelques retranchements dans les descriptions trop crues, quelques adoucissement» dans la ibnitalité des

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