Lettre du 2 décembre 1783 au comte de Riocour
séduisant, dialecticien spécieux, incapable de travail soutenu, ignorant et les chiffres, et le crédit qui est lalchimie de la richesse. Ce trait suffirait à le peindre : pendant l'assemblée des notables, il devait remettre à jour fixe certain mémoire très important et avait négligé de s'en occuper : afin de présenter une excuse, il fit mettre le feu au contrôle général de Versailles. N'est-ce pas un procédé digne du sauvage qui abat le palmier pour obtenir le fruit? Plus tard. Chateaubriand définira le prince de Polignac, ministre de Charles X : un muet éminemment propre h étrangler un empire. Des parleurs comme Calonne peuvent contribuer au même résultat *.
Un autre ministre léger, auquel de l'Isle semble s'intéresser ardemment, du moins raconte-t-il presque jour par jour les péripéties de sa dernière maladie, et vante-t-il son caractère avec grand accompagnement de flatteuses épithètes, c'est le comte de Maurepas, ce vieil enfant égoïste, insouciant de toutes choses hormis sa place , plus occupé des petites intrigues que des grands intérêts de l'État, hostile aux réformes qui auraient excité des plaintes et des cabales, aux vastes plans où les grands risques sont l'enjeu des grands