‹ La société française pendant le Consulat (volume 2)Chapitre 16 sur 53 · LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE I · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE I

œuvres étonnaient la fou peinture à la mode, les Ci les Phocion.leg Brutus. Il i quea pour émouvoir ceux aux sanglantes hécatombi scènes bourgeoises imogin vaient plus que des indifi peu partout, les cadres di chaudronniers, jusque sur des objets disparates et sa à tout prix, pour s'en déba Les œuvres de Greuze '■ recherchées des grands sei tout par Diderot. Lorsqu'il Le Père de famille , expliqv M. La Live de JuUy, célèl goût pour les arts, s'e'mpi et Diderot de lui dire : « mien I » Là-dessus, des él surabondants pour expliq Diderot s'était engoué du, vait, il retrouvait les mœi ble artisan avait reçues er des intimes que Greuze s'a1 un trait de sensibilité, e Diderot n'était point le se sible figurait alors la car Pas une scène, dans l'œui attendrissante, au milieu c a donné des mœurs à l'ar

ail né t Tournas, en d'abord â sa vocation

tes il faut reconnaître qu'il savait admirablement évoquer la sagesse des grands-parents, le repentir de la faute chez un fils débauché, la décence des jeunes filles timides et rêveuses, dont le petit coBur se gonfle à des chagrins légers.

Le mérite de ces scènes familières provenait surtout de lexu* vérité. EUes étaient vraies dans l'expression des figures et l'attitude des personnages ; vraies dans le train ordinaire de la vie. Ses modèles, Greuze les cherchait dans les cabarets, dans la foule des rues. Il ne rentrait satisfait qu'après avoir trouvé celui qu'il désirait. Au sujet de l'un de ses tableaux: Un cultivateur, en présence de sa famille^ met la charrue aux mains de son fils^ le peintre disait à un rédacteur du Journal des Débats : « J'ai voulu donner, à la tète du chef de cette famille, la dignité et l'air d'autorité, qui sont le caractère de l'âge et de la paternité. J'ai appelé dans mon atelier vingt modèles. Toutes ces figures sont flétries, déformées par le vice ou la misère. Je me suis souvenu d'un vieillard qui habitait près de la maison de mon père ; et de même le modèle de la tête de la grand'mère, remarquable par un caractère de dignité sévère. » Le rédacteur fait aussitôt remarquer, avec quel sentiment du vrai, Greuze a déterminé la qualité de ses divers personnages, non par les vêtements qui sont les mêmes pour tous, mais par les traits du visage, par les attitudes du corps, qui diffèrent des maîtres aux valets, des valets laborieux aux ménétriers oisifs et dissolus.

Cependant, malgré ses succès et à l'Age de quarante ans, il comprit ce qui manquait à sa peinture, l'éclat de la couleur et le style, surtout le style. Afin de se perfectionner, il partit pour Rome. Mais, éloigné de Paris, il regretta bientôt la jolie grisette

qu'il y avait laissée, et il revint peu de ten dans le grenier du quartier de la Sorbe habitait, peindre la Bonne Mère et le 6 Rois. De ce voyage, il ne rapporta point d nouvelles. Son talent demeura ce qu'il i aimable, sensible, produisant son effet pa de morale inscrite en chacune de ses œ style lui manquera toujours. Greuze ne chroniqueur, un narrateur des petits ini la vie bourgeoise. Il ne sut jamais consid nianîté dans sa conception la plus haute vertus héroïques, dans ses passions traj bonheur, le malheur ne sont, en ses œuvre:

accidents très vulgaires, de menus fait durent qu'un instant. Ses petits drames s entre les quatre murs d'une chambre. Les agitaient le monde de son temps, les vi société élégante ne percent point dans qu'il invente, Greuze demeure un petit plein d'onction, ne cherchant rîea au dels qu'il fréquente. Et ces geas-Ià sont de pet des ouvriers, des laboureurs dont il en gestes. Il fait sourire agréablement, ou moyer tendrement, quand on regarde aoii L'émotion qu'il soulève est douce. Elle disparaît sans laisser de trace. C'est m aimable, employant une petite voix.

En outre, il avait le cœur faible. Lorsqu de Rome, il aimaune jeune Silo, ce fut une M"' Babuti, la tille d'un libraire à laquE soumit tout de suite '. Joli homme, galai sant, et de plus très vaniteux, il se laissa

1, Ce peintre, disait Diderot, est ccrtaiaemenl amourcuic de il n'a pai tort. Je l'i^ bien ajméa. mai, quand j'éUis jeune el q lait H'" Babuti. Elle occupait une petitu boutique de libraire b AuguBtins ; poupine, droite et blancbe comme le lis, vcrme

aux minauderies agaçantes de la belle. Les contemporains nous ont laissé de lui ce portrait : « Il était de taille moyenne, avait la tête forte, le front très grand, les yeux vifs et bien fendus, une figure spirituelle. Son abord annonçait la franchise, l'homme de génie. Il était même difficile de ne pas dire : voilà (xreuze, sans presque l'avoir vu. Il parlait bien, avec enthousiasme, surtout de la peinture et de lui-même. Mais par sa naïveté, il se faisait des ennemis, de ses envieux. > Il faut ajouter, pour le bien faire connaître, qu'il aimait tellement la toilette, que, pendant la Révolution, lorsque les plus riches affectaient de se vêtir misérablement, afin de se confondre dans les rangs du peuple, et ne point éveiller l'attention des Jacobins, lui se promenait en habit de drap écarlate, l'épée à la ceinture, les cheveux poudrés et roulés au-dessus des oreilles.

Ce fut dans les premiers temps de son mariage, qu'il peignit Y Accordée de village, son chef-d'œuvre S comme il le disait lui-même. Diderot en a laissé une description enthousiaste. « Enfin, je Tai vu, dit-il, ce tableau de notre ami Greuze, mais ce

rose. J'entrais avec cet air vif, ardent et fou que j'avais et je lui disais : — Mademoiselle, les contes de La Fontaine ; un Pétrone, s'il vous plaît. — Monsieur, les voilà. Ne faut-il point d'autres li\Tes ? — Pardonnez-moi, mademoiselle : mais !... — Dites toujours. — La Religieuse en chemise, — Fi donc ! Est-ce qu'on a, est-ce qu'on lit ces vilenies-là ? — Ah ! ah ! ce sont des vilenies, mademoiselle? Moi, je n'en savais rien... Et puis, un autre jour, quand je repassais, elle souriait et moi aussi. »

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