‹ La société française pendant le Consulat (volume 2)Chapitre 25 sur 53 · M"« DuCREST» Mémoireê êur Joséphine, t. II, p · texte numérisé non relu

M"« DuCREST» Mémoireê êur Joséphine, t. II, p

Au sujet du peintre Girodet, elle explique pourquoi, dans quelques-uns de ses plus beaux tableaux, on a critiqué avec justice un coloris sombre et verdàtre. « Rarement content de ce qu'il faisait, dit-elle, il réfléchissait constamment ou moyen de Taire mieux. Au milieu de la nuit, saisi d'une sorte de ilè%'re inspiratrice, il se levait, faisait allumer les lustres suspendus dans son atelier, plaçait sur sa tète un énorme chapeau couvert de bougies, et dans ce comique costume peignait des heures entières. Peut-on le blâmer de cette bizari-e manie, lorsqu'on sait que le Déluge et Endymion furent peints ainsi ? Cette défiance de lui-même qu'il portait à l'extrême lui a causé des chagrins très vifs qui ont, dit-on, commencé à détruire sa . santé. Il ne croyait jamais avoir atteint la perfection que tout le monde reconnaissait dans ses immortels ouvrages, et le regret de n'y pas parvenir empoisonnait sa vie. »

brité augmentait cet état de malaise. Il la poursuivait ardemment, sans se lasser, la voulant non pour la fortune qu'elle lui eût apportée, puisqu'il était riche, — trente mille francs de rente, — mais pour la satisfaction de son orgueil d'artiste, pour n'être point confondu dans la foule anonyme. C'est pourquoi il s'aflectait de toutes les critiques *, les supportait impatiemment, surtout s'il s'apercevait que la jalousie ou l'ignorance les inspirait. Et néanmoins, point envieux, bienveillant pour ses rivaux, louant leurs œuvres, se réjouissant de leurs succès, s'associant aux démonstrations faites en leur honneur, comme après la Bataille (TAboukir de Gros et la Phèdre de Guérin '.

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