MicHAUD, Biographie nnivenelle
2. WiBLA24D, un grand écrivain allemand, a condensé en quelques lignes toute l'admiration de ses compatriotes pour le génie de Gluck :
« Grâce au génie puissant de M. Gluck, écrit-il, nous voilà donc parvenus
Mozart ^ naquit après Gluck, et, quoique de quarante ans plus jeune^ il était célèbre presque en même temps que lui. Il fut^ en efiet, un prodige de précocité. Né à Salzbourg en 1756, il était âgé de sept ans à peine que déjà il parcourait TEurope, accompagné de son père et de sa sœur, donnant des concerts où la foule accourait voir l'enfant rivaliser, avec les plus vieux maîtres, d'habileté, d'expression, de science musicale. Telles sont, d'ailleurs, en toutes ses œuvres, ses qualités maltresses. Nul n'a surpassé l'exquise tendresse de ses cantilènes d'amour; nul, la force et la hardiesse des grands morceaux de ses opéras. Il fut, en son temps, l'exécutant et le compositeur incomparables, brillant météore éphémère, qui ne dura que pendant quelques années de jeunesse, puisqu'il mourut à trente -cinq ans, épuisé par les accidents de sa vie aventureuse et passionnée, laissant des œuvres d'une fraîcheur, d'une clarté et d'une pureté, que d'autres n'ont pu égaler.
Suard, quia écrit sur l'admirable artiste une étude intéressante, dit qu'il fut toujours un enfant, incapable de résister à un désir, affolé par une fantaisie, n'écoutant plus sa raison, nerveux, irritable, prêt à tout sacrifier à l'impulsion qui le dominait. Et pour-
à répoquc où la musique a recouvré tous ses droits. C'est lui, et lui seul, qui l'a rétablie sur le trône de la nature d'où la barbarie l'avait fait descendre, et d'où l'ignorance, le caprice et le mauvais goût la tenaient, jusqu'à présent, éloignée. Frappé d'une des plus belles maximes de Pythagore, il a préféré les Muses aux Sirènes, il a substitué, à de vrais et faux ornements, cette noble et précieuse simplicité qui, dans les arts comme dans les lettres, fut toujours le caractèrt* du vrai, du grand et du beau. Eh ! quels nouveaux prodiges n'enfanterait pas celte âme de feu, si quelque souverain de nos jours voulait faire, pour l'opéra, ce que fit autrefois Périclès,pourle théâtre <!' Athènes ! »