PRÉFACE XIII
types et les formes qu'il n'avait point choisis. Les enfants des écoles ne dessinèrent que d'après ses modèles ; les sculpteurs ne dressèrent que les statues dont il avait accepté Tébauche : les cadres ne furent ronds, carrés, ovales, qu'autant qu'il les avait voulus de cette forme ; les ébénistes, les serruriers, les tapissiers, les brodeurs, ne firent rien sortir de leurs ateliers qu'il n'eût agréé leurs travaux. C'était Tempirisme d'un despote. Mais y eût-il eu, dans l'ensemble des ornements appliqués aux châteaux royaux, une harmonie aussi belle ? Eût-on vu à Versailles, sans cette énergique volonté, cette galerie de glaces éblouissante faisant face à la plus merveilleuse perspective des jardins ; et ces groupes de bronze dans les bosquets plantés pour les recevoir; et ces eaux jaillissantes, et tout ce décor pompeux qui produisit, à la cour de Louis XIV, un étonnement sans fin ? C'est avec Lebrun, que s'épanouirent, dans les retraites ombragées, les sculptures un peu théâtrales de Coysevox et de Girardon : le groupe de YEnlèçement de ProserpinCf celui à' Apollon et les Nymphes de Girardon *, les Cheçaux ailés de Coysevox, jadis
1. Voici ce qu'écrit Cousin sur Girardon : « Voulez- vous un talent plus naturel (que celui de Puget) et ayant encore de la force et de l'élévaUon ? Donnez-vous la peine de rechercher aux Tuileries, dans les jardins de Versailles, dans plusieurs églises de Paris, les ouvrages disposés de Girardon; ici le Mausolée des Gondi, là, celui de Castellan, celui de Louvois ; surtout allez voir, dans l'église de la Sorbonne,le Mausolée de Richelieu. Le redou-