‹ La société française pendant le Consulat (volume 2)Chapitre 8 sur 53 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

à Marly et maintenant placés à l'entrée du jardin des Tuileries.

Pierre Puget est un contemporain. Mais il n'eut rien de commun avec Lebrun, et son Mi/on de Crotone, qui semble sorti du ciseau de Michel- Ange, « tourmenté; mais saisissant », suffit à immortaliser son nom.

Louis X(V s'éteint, et dans les arts tout change, aussi bien que dans les mœurs. La décence, hypocrite peut-être, des vieillards de la cour du grand roi, la rigidité dumaiQtien,Ia correction des idées, disparurent, faisant place au débraillé des roués de La Régence, à l'extravagance de leurs aventures. La COUP fut envahie de libertins, et les fêtes galantes se substituèrent aux fêtes religieuses.

L'arcbitecture,néanmoins,ne décline point tout de suite. Si on ne bâtit plus d'églises, on embellit de fontaines les places publiques ; de châteaux, les domaines seigneuriaux ; de palais, les grandes rues de Paris. L'architecte Gabriel trace les plans de l'Ecole militaire et de la place de la Concorde ;

religion ot phuré par la patrie. ToulR la parsoans est d'une Dubleue parfaite et la ligure a la niie^ae, la séiér'M, la suprême distinclion qae lui dounaieatle piaccau Je Cliampagnc, le burin lie MorcBU, de Michel Lasue et de Uellan. ■

PRÉFACE XV

Antoine édifie l'hôtel des Monnaies ; Louis, le Théâtre-Français ; SoufBiot, TÉcole de Droit, et pour répondre au vœu de Louis XV, malade à Metz, il jette sur le papier le projet d'une église à Sainte-Geneviève, qui est devenue le Panthéon, Maller, pour le comte d'Évreux, bâtit l'Elysée ; Rousseau, pour le comte de Salm, le prestigieux palais devenu celui de la Légion d'honneur, et Chalgrin achève l'église de Saint-Philippe-du- Roule.

Mais la peinture suit le débordement des mœurs . N'était-ce pas son destin prévu, puisqu'elle ne prospère que par la reproduction de la vie mondaine? On ne voit plus à la cour, comme chez les grands seigneurs, que fêtes voluptueuses, danses lascives, sourires provocants. Les belles dames se répandent dans les prairies et le long des ruisseaux, en leur toilette de satin et de dentelles, suivies de leurs amoureux enrubannés,pomponnés, poudrés. Tout ce monde élégant joue à l'idylle et aux pastorales, en souliers à hauts talons et en paniers, les hommes avec Tépée, qui traverse le pan de leur habit. Oh I comme on délaisse, alors, le pinceau sévère du Poussin, le sentiment religieux de Lesueur 1 II faut, à cette société capricieuse et folâtre, où tout est joie, paroles caressantes, tendres baisers, il faut que l'art copie ses mœurs. Le

Page 1