Rapp, Mémoires, p
« Il fallait toutefois qu'il eût confiance en son contradicteur. Il n'acceptait de contradictions que des personnes autorisées. Il les repoussait chez
pour celui qui la recevait; et cependant honoré par cette attention, le patient en eût soulfert deux plutôt qu'une. Arrivait-il une mauvaise nouvelle, on le devait éveiller, et dans les cas embarrassants il se réfugiait à la Malmaison où il trouvaille calme nécessaire à sa pensée. S'il devait quitter Paris, les voitures et les chevaux prenaient maintes routes divergentes, afin de dépister ses agresseurs, et les équipages inemployés ne rentraient à Paris qu'après le départ de Napoléon. Rapj) raccompagnait. Ensemble ils partaient la nuit.
L'Orient avait laissé, en son esprit, une impression aussi profonde que son pays natal. 11 aimait l'Egypte autant que la Corse. Sa pensée et ses yeux demeuraient pleins de la splendeur répandue sur les vieux monuments et sur les sables embrasés de soleil. A sa table, le pilau et les dattes variaient nos mets d'Europe. Le parc réservé de la Malmaison contenait de nombreuses gazelles et même quelques moulions envoyés de Corse. Le naturel trop sauvage de ceux-ci les lit supprimer'.
A l'entendre discourir quelquefois sur ses désirs
les autres. Fosch voulut, un jour, lui faire des oliservations au sujet de la jruerre d'Espagne. (C'éta't alors sous 1 Empire.) Il n'avait pas dit deux jiaroles que Naiioléon le conduisait dans l'embrasure d'une fenêtre: « Voyezvous cette étoile ? » C'était en plein midi. — « Non», reprit l'archevêque. — « Eh bienl tant que je serai le seul à l'apercevoir, j'irai mou train et in; souffrirai jioint d'ol)servations. »