Dorât (17.i
liant malheureux, comme on le tit ensuite ar Lamartine, et après Lamartine pour Musset, mmo eux, il était né pour chanter les amours. Itaire lui avait écrit : « Mon cher Tibulle. » énier le pienait comme un de nos meilleurs ytes, ajoutant qu'il y aurait une insigne malveilicc à nier les beautés qui brillaient partout dans fiiierre t/es Dieii-r. » Le poème est soutenu, d'un it à l'autre, disait-il encore, par ce merveilleux, essentiel à l'épopée. »
'^e Journal des Débatx de l'an Xll, après la récepn du créole ■» l'Académie, s'étendait sur le talent nouvel académicien, admirant ses élégies, ■emarquables par la fraîcheur du coloris, par le 'urei des images et la vérité des sentiments ». Le Ue, afHrmait ce journal, « est toujours élégant, ijours correct, et dans son élégance et dans sa rection, il n'a jamais rien de pédantesque », et ranscrivait l'épigraphe placée en tôte d'une édin des œuvres de Parny :
A de moindres succès mes vers doivent prétendre. Les belles quel(|uefois les liront en secret; Et l'amante sensible, i. son amant discret. Indiquera du doigt le morceau le plus tendre!
Et c'était lui, cependant, lui de Parny, qui, dans 1 discours de réception', se plaignait de la déca- [ice des lettres, accusant le public de cette dt!éance, par ses démonstrations de joie, à l'insuccès
CT à lAcadamiP, en lHli:l. fiarat, dil Sainltucau{) d'enlortllla^. De FelFli diavil liana le iarat loulul parlt-r à M. de Parny de «on e lit Guerre det Dicur. En n.t-tl fait l'éloge.
d'un ouvrage, ce qui irrite Tauteur et le décourage; ajoulail-il. Et puis, d'ailleurs, se répondait-il à lui-même, il y a trop d'auteurs et pas assez de lecteurs; plus d'auteurs que de lecteurs. De Parny se souvenait encore que son poème la Guerre des Dieux s'était mal vendue
Avant de Parny, brillait déjà, dans les salons, le chevalier de Boufflers, dont l'esprit, les petits vers, galamment tournés, complimenteurs pour les belles marquises de la cour, madrigaux légers, qu'on ne pouvait lire sans un peu de rougeur, faisaient de sa personne un héros de boudoir. Il venait de Nancy, sa ville natale, où il avait voltigé en chérubin, autour de M"" du Châtelet et de la marquise de Lenoncourt, avec MM. de Tressan, de Saint-Lambert et Voltaire. Il conquit, tout de suite, à Versailles, par ses impromptus et ses courts poèmes erotiques, une célébrité qui effaça bientôt celle de Dorât et du cardinal de Bernis^, rimeurs, comme
1- Merlet, dans son tableau de la littérature, a dit de Parny, au sujet d'un autre poème publié sous l'Empire, Us Bose-Croix : « Parny, ce demi- Tibulle, qui, au lieu d'écrire mollement :
Des vers inspirés par les grâces, Et dictés par le sentiment...
Kprit dans un piège lorsqu'il composa des Bose- Croix, sorte de lanterne magiqne où sa spirituelle souplesse ne lui servit pas à dissimuler les longueurs d'une fable dépourvue d'unité, d'action et d'intérêt. »
2. Le cardinal de Bernis (1715-1794) doit être joint à tous ces poètes aimables, auteurs de poésies légères. Il fut l'un des moins célèbres d'entre tous. Voici ce qu'écrivait sur lui le Journal des Débats, de floréal an XI : • M. de Bernis, qui n'aimait ni la solitude, ni le travail, n'a guère fait que ces jolies bagatelles, qui ont tant de prix pour l'amour-propre, et qui en ont si peu pour la postérité. Il appartient au siècle du bel esprit, qui fit laccéder les poésies fugitives aux poèmes immortels de l'âge précédent... Chacun travaille pour sa petite société qui l'admire, et parce que le goût des cercles est toujours superficiel et frivole, on ne fait plus que de petits ouvrages, sans force et sans haleine... Il manquait de facilité et d'abandon et de cette heureuse négligence qui produit les saillies... Il manquait de naturel et de gaieté- Son poème, la Iteligion vengée, fut un sujet trop ▼aste pour lui. »
lui, de tendresses amoureuses, car il avait, de plus qu'eux, la facilité, la désinvolture aimable et le talent. Enfin, il sortait d'un régiment de dragons où il avait commandé à titre d'officier ; et c'était, pour les belles dames, déjà prises par ses poésies sensuelles, un attrait ajouté qui les entraînait vers lui. Le recueil de ses œuvres légères se passait alors de mains en mains, et discrètement les petites personnes un peu délurées se répétaient son poème des Cœurs où elles trouvaient une réponse à leur curiosité. On y pouvait lire:
Raisonner sur l'amour, c'est perdre la raison ; Et, dans cet art charmant, la meilleure leçon,
C'est la nature qui la donne;
A bon droit nous la bénissons, Pour nous avoir formé des cœurs de deux façons ;
Car, que deviendraient les familles,
Si les cœurs des jeunes garçons
Etaient faits comme ceux des filles < ?
Ces succès excitaient sa verve. En Lorraine, il avait admiré les vifs quatrains de Saint-Lambert et de Voltaire ; et à Versailles il suivait leur exemple. 11 écrivit pour ses amantes de petites pièces ex-
I. Le Mercure de l'an XI écrivait sur Boufflers : Il nous plait quand nous l'entendons chanter les douceurs de l'inconstance avec cet accent du plaisir qu'on ne peut contrefaire et qu'ont ai ridiculement copié tant de maladroits imitateurs :
Aimons donc, changeons sans cesse ; Dieux! ce soir, qu'Iris est -belle!
Chaque jour, nouveaux désirs : Son coeur dit : elle est à moi ;
C'est assez que la tendresse Passons la nuit avec elle
Dure autant que les plaisirs. Et comptons peu sur sa Toi.
Cependant les saillies poétiques, telles que les CœurM, ne peuvent conserver tout leur sel qu'aux petits soupers du Régent. I^ volupté, pour montrer toutes ses grâces, ne doit pas rejeter tous ses voiles. Il faut du choix jusque dans les jeux de la licence, et, dans le frivole môme, il est un art d'obtenir l'iiululgence du bon sens. Les vei-s sur le* Cœur» sont au nombre des plus jolis et des plus connus. L'ancien esprit du chevalier de Boufflers est encore celui que l'on goûte le plus. »
quises, point trop erotiques, juste ce qu'il fallait pour les distinguer des insanités du temps. Il se crut alors tout permis, et ileutTaudace de chansonner la reine Marie-Antoinette. Le roi Texila au Sénégal où il débarqua comme gouverneur, laissant eu France celle qu'il aimait, la marquise de Sabran, avec laquelle il échangea des lettres débordantes de souvenirs émus, qui lui servaient de consolation.
Quand il revint en France, la Révolution était sur le point d'éclater, et, à l'ouverture des Etats généraux, il y fut admis comme représentant de la noblesse de Lorraine.
Au 10 août, il suivit les princes à l'étranger, alla jusqu'à Berlin oii l'attendait son amie qu'il épousa bientôt ^ Bonaparte ayant ouvert les portes de la patrie aux émigrés, Bouftlers suivit le courant qui ramenait tous les nobles à Paris. Mais il était sans fortune, et dans l'espérance d'obtenir quelque faveur du premier consul, il oublia ses anciennes alliances, ses amitiés avec les plus grands seigneurs de Versailles, et il se joignit à la cohue de tous les nouveaux enrichis et des anciens Jacobins qui sollicitaient une place de fonctionnaire du Gouvernement. 11 fut reçu à la Malmaison par Bonaparte, à Mortefontaine par Joseph ; il fit sa cour à Elisa Bacciochi, chez qui se décelait une préférence marquée pour les hommes de lettres et les poètes. Il écrivit môme un quatrain, en l'honneur du plus jeune des Bonaparte, Jérôme, qu'il rencontra avant Tescapade,